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Tome premier.
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milieu de la base d’un triangle isocèle est perpendicu-laire à cette base, on devrait employer la réduction aT absurde, parce qu’en effet cette seconde propositionest tellement liée à la première, qu’on ne peut la suppo-ser fausse sans renverser cette première, dont la véritéa été rendue évidente. Mais lorsqu’il s’agit de démon-trer une proposition directe, la réduction à l’absurdene peut plus satisfaire l’intelligence , car elle ne lui ap-prend rien sur l’origine de la propriété qui fait l’objetde cette proposition. Plusieurs auteurs modernes ontfait un abus déplorable de cette méthode de démons-tration, pour éviter, en géométrie, la considération deY infini, sans laquelle il est cependant impossible d’avoirla conception d’une ligne courbe.

ACA.MPTE. Terme employé par Leibnitz pour dési-gner des figures qui ne réfléchissent pas la lumière,quoiqu’elles soient opaques et polies, et conséquemmentdouées des propriétés nécessaires pour opérer cette ré-flexion. ( Op. Leib., tome m, page 2o3.)

ACCÉLÉRATION ( Mécanique ). Accroissement devitesse que reçoit un corps en mouvement. C’est l’opposéde retardation, qui signifie diminution de vitesse. Uncorps qui tombe librement par l’effet de sa pesanteuracquiert à chaque instant de sa chute une accélérationde vitesse. ( Voyez Accéléré. ) Au contraire, un corpslancé de haut en bas par une force quelconque éprouve,à cause de sa pesanteur, une retardation de vitesse, etla résistance de l’air modifie encore la courbe qu’il dé-crirait s’il était lancé dans le vide. ( Voyez Projectile. )

ACCÉLÉRATION de la chute des corps {Histoire.)Augmentation de vitesse qu’un corps acquiert dans sachute en tombant librement et par l’effet de sa seulepesanteur.

Cette partie importante de la physique mathématiquea été long-temps régie par des théories qui, basées surl’illusion des sens, et consacrées par d’anciennes doc-trines philosophiques, ont dû résister d’autant plus auxdémonstrations de la science. Les propriétés réelles dumouvement étaient encore inconnues vers la fin duseizième siècle. Les plus savans mathématiciens de cettegrande époque, à laquelle se rattachent d’ailleurs lesplus belles découvertes de l’esprit humain, bornaientleurs recherches et leurs travaux en mécanique à descommentaires sur le livre consacré par Aristote à cettebranche des mathématiques, et intitulé : Questionsmécaniques. Cet ouvrage est apprécié aujourd’hui à sajuste valeur, et les aperçus ingénieux qu’il renfermesont loin de constituer les réalités indestructibles que lascience moderne a mises à leur place.

A l’époque encore récente où la doctrine du philo-sophe de Stagvre sur le mouvement était généralementadoptée par les physiciens et les mathématiciens, on nepouvait soupçonner que tout mouvement étant recti-

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ligne de sa nature, devait nécessairement se perpétuerdans la môme direction, s’il ne rencontrait aucun obs-tacle. Ou croyait au contraire qu’il existait deux sortes demouvemens, les circulaires et les rectilignes ; que lespremiers étaient naturels, et les seconds violens. Ainsi,dans l’application de ce système, on établissait que lesastres se mouvaient d’une manière circulaire, en vertude lois qui étaient de l’essence même de ces corps, tan-dis que le mouvement rectiligue était le résultat d’uneimpulsion donnée aux corps par une force motrice,diamétralement opposée à leur nature. Sous ce dernierpoint de vue, on pensait donc, par exemple, qu’unepierre lancée dans l’espace ne pouvait s’y mouvoir quepar l’application continuelle de la force étrangère, oule maintien de l’impulsion qui avait décidé son mouve-ment. Mais comme le premier mouvement de la pierrese continue long-temps encore après qu’elle a été lancée,et par conséquent sans l’application suivie de la mômeimpulsion, expérience qu’il est bien facile d’acquérir,il était nécessaire d’expliquer cette contradiction mani-feste entre la théorie et le fait. On se contentait de ré-pondre encore avec Aristote , par qui l’objection avaitété prévue, que l’air dont le corps est suivi par-derrièrecontinue à lui faire suivre l’impulsion primitive qu’il areçue.

La certitude de ces vagues et imparfaites explicationsdu mouvement en général, et qui s’appliquaient alorsen grande partie à la théorie de l’accélération des graves,était loin d’être contestée, lorsque l’illustre Galilée dé-couvrit les véritables lois de ce phénomène. Ce fut àPise , où il étudiait alors la philosophie, qu’il commençaà soutenir des thèses contraires aux doctrines de sesmaîtres. Pour combattre celles qui étaient professéessur la propriété du mouvement, il dut d’abord éta-blir en principe qu’il n’y avait que peu de différencedans le temps de la chute des corps graves d’une pe-santeur tout-à-fait inégale, lorsque la matière de sescorps différait peu de densité, et que cette vitesse seraitexactement la même dans le vide. Galilée tirait de ceprincipe la juste conséquence que la vitesse de la chuten’était pas en même raison que la pesanteur, ainsi quele formulait un prétendu axiome de l’école péripatéti-cienne.

Galilée faisait reposer la démonstration de ce prin-cipe sur un raisonnement d’une admirable simplicité,et que nous allons reproduire ici, comme le plus propreà donner une idée juste de la question alors en discus-sion. Qu’on laisse tomber, disait-il, d’un côté une oncede plomb, de l’autre dix onces séparées delà môme ma-tière, mais simplement posées l’une sur l’autre, on verraque des deux côtés la vitesse sera égale. Ainsi, soit queces dix onces de plomb forment une masse compacte, soitqu’elles forment dix masses faiblement adhérentes, on