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minutes l’aérostat atteignit une hauteur de 6000 pieds; etquand sa force ascensionnelle ne fut plus en proportionde la résistance qu’il éprouvait, il retomba sur la terre àune distance de 7668 pieds du lieu où il avait été lancé.^ Diverses expériences de ce genre, quoique souvent cou-|trariées par l’état de la température, permirent de croirea la réalité de cette découverte. Les mémoires du temps,écrits par des savans distingués, retracent la naïve admi-ration qu’elle inspira , et l’exagération des espérancesdont elle fut l’objet. Une cage l'enfermant divers ani-maux avait été attachée à un ballon de forme elliptiqued’une assez grande capacité, et quoiqu’un violent coupde vent eût considérablement endommagé la machine,elle 11e s’éleva pas moins, avec ses passagers , destinés àouvrir les premiers à l’homme un chemin dans les airs,à une hauteur de 144° pieds; elle s’y soutint environhuit minutes, et tomba à une distance de 10,200 piedsdu point où avait eu lieu son ascension. Les animauxn’éprouvèrent aucun accident.
La puissance des machines aérostatiques étant ainsiconstatée, et la graduation avec laquelle s’opérait leurdescente éloignant toute idée de danger pour l’observa-teur qui s’élèverait dans l’air avecelles, Pilatre des Rosierss’offrit le premier pour faire l’essai de cette navigation.Son nom mérite d’être transmis à la postérité, car il yavait de l’audace et de la grandeur à s’exposer, dans unléger esquif, au sein de l’immensité des airs, et à allerainsi, nouveau Christophe Colomb , prendre possession,au nom de l’humanité, de cette région orageuse où elledevait peut-être découvrir de grands mystères quiétaient demeurés cachés aux générations passées. Aprèsplusieurs essais de Pilatre, qu’il tenta d’abord seul, en-suite avec un compagnon de voyage, Giroud de Villette,essais qui eurent pour but de s’assurer des moyens dediriger l’aérostat, et de le faire descendre à volonté,,l ne expérience décisive fut tentée le 21 novembre 1783.Comme elle occupe une place importante dans l’histoirede l’aéronautique, nous croyons devoir en rendre compteav ec quelques détails.
La machine construite au faubourg Saint-Antoine, chezRéveillon , dont le nom devint tristement célèbre quel-ques années après, était de forme ovale, et avait environ48 pieds de diamètre sur 74 de hauteur; on la cliar-C e a de toutes sortes d’ornemens et d’élégantes peinturesqui représentaient les signes du zodiaque et les armesr °yales. Une galerie pourvue d’un treillage avait étéPratiquée autour de l’appareil, pour que l’aéronaute eûtto utes les facilités possibles d’entretenir le feu ou de lediminuer suivant qu’il voudrait monter ou descendre.Ce poids de cet appereil, combiné avec celui des deuxhardis observateurs qui allaient en faire usage, étaitd environ 1600 livres.
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L’aérostat, parti du jardin de Réveillon , s’éleva rapide-ment à une prodigieuse hauteur, et vingt-cinq ou trenteminutes après, il descendit à terre à cinq lieues de Paris .Le marquis d’Arlandes nous a laissé un récit de ce voyageaérien qui est rempli d’intérêt. Il parait que les aéronautesrencontrèrent différens courans d’air qui influèrentsensiblement sur la marche de la machine. La directiondes divers chocs qu’elle éprouva sembla s’opérer de hauten bas. Le ballon faillit devenir la proie des flammes :
Ce ne fut pas sans éprouver une vive terreur que lemarquis aperçut dans la partie inférieure de l’appareil 'plusieurs trous occasionnés par le feu. L’intrépide Pi-latre reconnut aussitôt la justesse des observations deson compagnon de danger; mais il arrêta facilement lesprogrès de l’incendie au moyen d’une éponge mouillée,et toute apparence de danger s’évanouit.
C’est à ce dernier voyage de Pilatre et du marquisd’Arlandes que finit l’histoire de la découverte de Mont-golfier, c’est-à-dire celle des machines aérostatiquess’élevant par le secours du feu. Pour mieux comprendrel’emploi de l’air inflammable qui fut substitué à ce pro-cédé par le célèbre physicien- Charles et son frère Ro-bert, nous croyons utile d’entrer ici dans quelques dé-tails sur la théorie de l’aéronautique.
Les principes de cette science reposent entièrementsur les lois de la pesanteur, de la pression, de l’élasticitéde l’air, sur celles de la pesanteur spécifique de ce fluideet des corps destinés à voguer dans l’espace qu’il occupe.
Il est établi d’une manière absolue, par l’ensemble deces lois, que tout corps qui est spécifiquement, ou àégalité de volume, plus léger que l’air atmosphérique,doit s’y élever et y être soutenu à peu près comme lebois ou le liège s’élèvent et se soutiennent dans l’eau.Mais comme il existe une ^progression décroissante dansla densité de l’atmosphère, qui est en raison de la dimi-nution delà pression de l’air supérieur, le corps qui s’élèvene p.eut continuer son ascension au-delà du point où l’airenvironnant égale sa pesanteur spécifique ; parvenu àcette hauteur, il flotterait ou serait poussé dans la direc-tion des courans d’air avec lesquels il entrerait en con-tact. Un aérostat ou ballon est un corps de ce genre,dont toute la masse doit être d’une pesanteur spécifiquemoindre que celle de l’air atmosphérique dans lequel ildoit s’élever.
O11 sait que la chaleur appliquée à l’air le raréfie, ledilate, et en diminue par conséquent la pesanteur spé-cifique. Cette diminution de la pesanteur s’effectue enproportion du degré d’intensité de la chaleur. Pourchaque degré du thermomètre de Farenlieit, la chaleurparaît dilater l’air d’environ ^‘ 0 - : ainsi 4o° degrésdeclialeur, ou plus exactement 435 , doubleront juste levolume d’une masse d’air. Si donc l’air renfermé dansun appareil quelconque, est modifié par la chaleur, et