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Tome premier.
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reproduire , au mépris des travaux intellectuels del’Allemagne , qui ont fait faire aux sciences philosophi-ques un progrès aussi réel sur les doctrines de l’écoled’Alexandrie, que ceux qui, dans les sciences mathé-matiques, ont dépassé les hypothèses de Ptolémée .

En l’an 641 de notre ère, la ville d’Alexandrie tombaau pouvoir des Arabes. Ce désastreux événement arrivasous le khalyfat d’Omar, le deuxième successeur deMahomet , dont la religion avait en peu de temps em-brasé l’Asie d’un enthousiasme frénétique. Le mondecivilisé fut un moment menacé de tomber sous le glaivedes sectaires ardens et fanatiques du Koran; et Alexan-drie , alors encore le refuge des savans et le dépôt desconnaissances humaines, n’échappa point à leur aveugleinstinct de destruction. Les monumens vénérables del’antiquité qui peuplaient cette ville furent détruits oumutilés, et la flamme dévora sa précieuse bibliothèque,OÙ avaient été laborieusement recueillis tous les livresécrits durant neuf siècles, sur toutes les parties du savoirhumain.

L’histoire a conservé le nom du philosophe Philo-pone, dont le dévouement et les généreux efforts furentnéanmoins nnpuissans a prévenir cette catastrophe. Ilparvint cependant à en faire suspendre l’exécution, etil ébranla assez fortement les convictions d’Amrou,pour que celui-ci crût devoir consulter le khalyfe sur leparti qu’il avait à prendre. Voici la réponse que fitOmar, réponse que sa barbarie sophistique a rendue cé-lèbre. « Les livres dont tu me parles , dit-il à l’envoyéde son lieutenant, sont conformes ou contraires au Ko-ran : dans le premier cas il faut les brûler comme inu-tiles; dans le second ils sont dignes du feu comme dé-testables. » Cet arrêt fut exécuté, et tel était le nombreimmense des volumes qui formaient cette collection ,que tous les historiens s’accordent à dire qu’ils servirentpendant près d’un an à chauffer les bains publics de lamalheureuse Alexandrie .

Ainsi périrent à la fois et cette célèbre école, qui du-rant une suite non interrompue de dix siècles, avaitsi puissamment coopéré aux progrès de l’esprit hu-main, et cette bibliothèque où avaient, dit-on, étéclassés dans un ordre admirable, tous les livres quicontenaient la pensée de l’antiquité. Cette perte inappré-ciable ne fut sans doute pas une des causes qui contri-buèrent le moins à répandre sur le monde le sombrenuage d ignorance et de barbarie qui ne s’est dissipéque lentement et après une longue suite d’années.

Par une de ces réactions inespérées et presque inexpli-cables, qui semblent indiquer l’influence de la mainpuissante qui dirige l’humanité, ces mêmes Arabes quiavaient anéanti, dans leur étrange fanatisme, l’école etla bibliothèque d’Alexandrie , et étouffé pour ainsidire la science dans leurs mains sanglantes, furent la

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première nation qui rétablit sou culte, et qui honorason caractère social par d’importans travaux, auxquelsles lumières modernes doivent leurs développemensprimitifs.

ALGEBAR ou ALGÉBOR ( Asir. ). Nom arabe de laconstellation d’Orion .

ALGÈBRE. Science des nombres considérés eu gé-néral, ou science des lois des nombres, (l'oyez Ma-thématiques .)

L’origine de cette science ne peut être déterminéeavec exactitude, et, quoiqu’il en existe des traces dansles écrits des plus anciens mathématiciens, ce n’est pro-prement que depuis Diophante quelle a formé unebranche de la science des nombres distincte de l’arith-métique. En effet, toutes les considérations numériquesdes anciens ne sortaient point de la sphère des propriétésindividuelles des nombres. Diophante même ne s’élèveà quelques vérités générales que dans cette partie del’algèbre nommée théorie des nombres, que Gauss etLegendre ont portée récemment à un si haut degré deperfection.

Le mot algèbre est dérivé de l’arabe ; mais son éty-mologie a été diversement interprétée. Les Arabes, quinous ont transmis les premières notions de cette impor-tante science, l’avaient nommée él-djaber él-moqabelah;ce qui signifiait la science des restitutions , des propor-tions et des solutions. Quelques auteurs ont pensé quel’algèbre tirait son nom de Geber , mathématicien, à quiils en attribuent l’invention, quoique l’existence dece Geber ne soit pas bien prouvée. Sans nous arrêterà d’autres versions étymologiques plus ou moins fondées,nous allons jeter un coup d’œil rapide sur les premiersdéveloppemens de la science des nombres, suivre sesprogrès lents et insensibles à travers les siècles, et men-tionner les principaux auteurs dont les utiles travauxl’ont successivement amenée à la certitude rationnellequi la distingue si éminemment des autres sciences.

Le plus ancien ouvrage que nous connaissions surl’algèbre est celui de Diophante, auteur grec d’Alexan-drie , qui vivait l’an 35 o : il était composé de treizelivres dont six seulement nous sont parvenus. Xylanderer> a publié une traduction latine en i 5 y 5 ; et, en 1621et îGyo, Gaspard Dacliet et l’illustre Fermai en don-nèrent des éditions grecques et latines accompagnées decommentaires. Les six livres qui nous restent de Dio-phante ne l'enferment pas un traité sur les parties élé-mentaires de la science; ils contiennent seulement unecollection de questions difficiles sur les nombres carréset cubes, ainsi que plusieurs autres propriétés desnombres. Dans ses observations préliminaires , ou danssa préface qui est adressée à un Dionysius , pour lequell’ouvrage paraît avoir été écrit, Diophante donne lanomenclature et la génération des puissances; il nomme