Le mois des Grecs était divisé en trois décades : lapremière s’appelait âpzafihov , du mois commençant,la seconde, fitrouero;, du mois à son milieu , la troi-sième, tpôinovyvoç ,. du mois finissant (iÇ).
*i. L’année arabe ou turque est aussi lunaire, et lecycle de 3o ans s'y partage également en années com-munes et en années embolismiques. Elle se compose de12 °u de i3mois, alternativement de 2g ou de3ojourssuivant qu’elle est dans l’une de ces deux condi-tions. Ou ajoute un jour épagomène à chaque 2 e , 5 e ,io e , i3 e , i5% 18 e , 21 e , 24 e , 26 e et 29 e année ducycle trentenaire de la lune. Les années communes sontainsi de 354 jours, et les années embolismiques de 355.La première année de l’hégire, qui est l’ère des Malio-métans, a commencé le vendredi 16 juillet de l’an 622
de J.-C. (14).
12. L’année persane, composée de 12 mois de 3ojours chacun et de 5 jours épagamèues, est une aiméesolaire semblable à l’année égyptienne. Vers le milieu duonzième siècle on entreprit de corriger le calendrier per-Sa n, en intercalant un jour de quatre en quatre aimées.Mais parce qu’on avait déjà reconnu que l’année solairen est pas exactement de 365 jours 6 heures, il fut décidé4 11 alternativement, après sept ou huit intercalations, onintercalerait la cinquième et non la quatrième année.L année persane diffère donc très-peu de l’année gré-gorienne.
>3. Romulus avait fait l’année romaine de dix moisseulement. Numa en ajouta deux nouveaux, et en l’an3o 4 de Rome , les décemvirs intervertirent l’ordre danslequel ce législateur les avait placés. Les grands-prêtres,a qui la loi laissait le soin de déterminer les intercala-tions que nécessitait cette méthode antique de diviser letemps, avaient plus souvent consulté leur intérêt et leurca price que les règles indiquées par la science et la rai-son. 11 était résulté de cet état de choses un désordre etu Qe confusion que Jules-César, investi de la dignitépontificale, résolut défaire cesser pour toujours, endounant à l’année une constitution régulière et inva-‘‘able. Il fit venir à Rome Sosigènes, astronomed Alexandrie , qui l’aida à accomplir cet utile et impor-tant projet, en lui indiquant une mesure de l’année so-^aire pl us exacte que celle sur laquelle était fondée^ ancienne année romaine. La réforme de Jules-César aete depuis lors adoptée par tous les peuples de l’Europe :e de est désignée dans la science astronomique sous le110111 d’ère julienne.
Sosigènes ayant supposé que l’année moyenne étaitde 365 j. J, César établit que l’année commune seraittrois fois de suite de 365 jours, et la quatrième de 366,Pour employer les quatre quarts excédans. Ce jour épa-Çoinène se plaçait six jours ayant les calendes de mars,
et on l’appelait bissexlo-calendas , d’où nous avonsdonné à cette année le nom de bissextile.
14. L'année julienne, telle qu’elle avait été calculéepar Sosigènes , était trop longue d’environ 11' 10 ou 12"qui produisent à peu près un jour en i34 ans, ou 3 joursen /joo ans. En i 582, les inconvéniens qui résultaient del’erreur astronomique sur laquelle était établi le calen-drier julien devinrent assez manifestes, pour quele papeGrégoire XIII cherchât à y remédier par une nouvelleréforme. En effet l’équinoxe du printemps, qui, dutemps du concile de Nicée , en 325, tombait au 21 mars,arriva cette année le 11 de ce mois. On fut obligé deretrancher 10 jours à l’année civile, et le 5 du mois d’oc-tobre i 582 fut compté pour le i5, de façon que l’équi-noxe du printemps revint l’année suivante le 21 mars.Afin qu’une pareille confusion 11e se renouvelât plus, onconvint de retrancher ce qu’il y avait de trop dansl’annéejulienne, c’est-à-dire un jour sur 134 ans, et par consé-quent 3 jours sur 4oo ans. ( Voyez Calendrier. )
Cette réforme n’est peut-être pas complètement satis-faisante pour les astronomes; mais elle a été générale-ment adoptée sous le nom d’ère grégorienne. Les paysprotestans refusèrent long-temps de l'accueillir; c’estseulement en 1700 qu’elle fut reçue en Allemagne , eton ne commença en Angleterre à s’en servir, pour l’an-née civile, que le i cr janvier 1752. Le calendrier julienn’est plus suivi aujourd’hui qu’en Russie , où l’on n’a-dopta pas le retranchement des 10 jours d’octobre 1582,ordonné par le pape Grégoire. La manière de compterdes Russes s’appelle le vieux style, par opposition àcelle en usage dans le reste de l’Europe et qu’on appellenouveau style.
Vannée civile grégorienne est donc une année solaire,dans laquelle les fractions de temps dont se composel’année astronomique (2) ont pu entrer au moyen d’in-tercalations d’une application facile. C’est aussi uneannée fixe, parce qu’elle commence toujours à la mêmeépoque après une révolution complète du soleil ; c’est lecontraire, par exemple, pour l’année turque, qui, étantlunaire et composée seulement de 354 jours, ne peutpas toujours recommencer à la même saison, et consé-quemment est une année vague, comme l’était aussil’année égyptienne. ( Voy. pour les détails, Calendrier.)
15. En 1792, on imagina en France une réformecomplète du calendrier, que nous ne pouvons passer soussilence, quoiqu’elle n’ait pas survécu aux temps orageuxau sein desquels elle avait pris naissance. On empruntaaux Egyptiens (8) la division de l’année en douze moisde 3o jours avec l’addition de jours épagomènes, qu’011appela complémentaires, au nombre de cinq ou de six,suivant que l’année était commune ou bissextile, et auxGrecs (10) la division du mois en trois décades. L’idéede cette réforme avait été inspirée par des considé-