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tance de ces astres. Ainsi se manifesta dès celte époque,si rapprochée du berceau de la science, la tendance irré-sistible de l’esprit humain vers la vérité.
Cet ouvrage d’Aristarque, de Samos, devait néces-sairement contenir des développemens importais de cesidées premières, plus propres sans doute à être appré-ciées par nous que par la génération dont ils n’eurent pasle pouvoir de modifier les croyances, et l’on doit sousce rapport en déplorer la perte. Mais peut-être la sciencedoit-elle regretter davantage que le grand Archimède ne se soit pas formellement prononcé dans cette gravequestion; car l’opinion d’un tel homme, appuvée detoute l'autorité de sa science et de son génie, eût sansdoute déterminé le triomphe de l’hypothèse pythago-ricienne, et.avancé ainsi de plusieurs siècles les progrèsde l’astronomie.
Vitruve attribue à Aristarque l’invention d’une hor-loge qu’on a appel éescaphé. C’éta'i t un segment de sphère,sur lequel était élevé un style, dont le sommet répon-dait au centre, et qui marquait les heures. L’histoire,au reste, ne nous apprend rien de plus important sursa vie. Elle s’écoula sans doute dans cette solitude pai-sible où l’homme de science oublie au sein de scs utilestravaux les agitations du monde. Néanmoins, d’après unpassage mal interprété de Plutarque , quelques auteursont avancé qu’Aristarque fut accusé d’irréligion, pouravoir osé, par son système, troubler le repos de Yesta.Géante, disciple de Zénon , avait en effet écrit contrelui , puisque Diogène Laërce cite un passage de sonlivre, qui a trait à une vague accusation de ce genre;mais rien ne prouve que les tribunaux aient été appelésà se prononcer dans ce débat, qui se réduit ainsi à unepolémique un peu vive entre deux disciples d’école dif-férente.
Le seul ouvrage d’Aristarque, de Samos, que nouspossédions, De magnil. et dist. solis et lunæ , a été im-primé en in- 4 °. Pappus, dans sa Collection ma-
thématique , eu a aussi rapporté un précis.
AllISTÉE, de Crotone , célèbre géomètre de l’anti-quité, qu’on croit avoir été un disciple de l’école dePlaton, florissait, en Grèce , durant le quatrième siècleavant l’èrc chrétienne . Sa renommée a survécu à scsouvrages, qui ne s,ont pas venus jusqu’à nous, et qui noussont connus seulement par les citations qu’on en trouvedans quelques écrivains d’un autre âge. Peut-être aussil’amitié dEuclide, dont on a pensé qu’il avait été lepremier maître, n’a-t-elle pas peu contribué à illustrersa mémoire. Il paraît du moins certain qu’Aristéc estl’auteur d un ouvrage divisé en cinq livres, sur lessections coniques, dont il est probable qu’Apollonius s’est servi dans la première partie du traité remarqua-ble qu’il a composé sur le meme sujet. On lui attribueégalement un autre écrit sur les lieux solides, qui com-
prenait aussi cinq livres, et qui n’a pas été moins utileque le premier de ces ouvrages aux progrès de la géo-métrie. Pappus en fait mention dans le septième livrede sa Collection mathématique. Pendant lcXVII® siècle,Yiviani, disciple de Galilée , à peine âgé de 23 ans, quis’était déjà rendu célèbre par sa Divination sur le cin-quième livre des Coniques d’Apollonius, résolut de réta-blir par la môme méthode l’ouvrage d'Aristée sur lesLieux solides, c’est-à-dire relatif aux propriétés localesde ces courbes. Ce travail ingénieux, qui paraît mêmeavoir été l’un des prcmiers.qui ait appelé les méditationsde Yiviani, est néanmoins le dernier que ce savant aitpublié. Il parut en 1701 , époque où il était parvenu àune extrême vieillesse. Voyez Viviani.
ARISTOTE , l’un des plus célèbres philosophes del’antiquité, naquit à Stagvrc, petite ville de l’Olinthic,en Macédoine , dans la première année de la g<)° olym-piade (an 354 avant J.-C. ). Ce 11’cst pas seulement surses contemporains que les doctrines d’Aristote ont exercéune immense influence dans toutes les branches du savoir.Fondateur d’une école rivale de celle de Platon , non-seu-lement il acquit de son temps une autorité presque sansbornes, car son génie encyclopédique avait embrassé toutesles connaissances acquises jusqu’à lui, mais encore il est de-meuré long-temps après sa mort, et chez tous les peuplescivilisés , le législateur absolu de l’intelligence. Le secretde cette renommée, dont aucun homme ne partage aveclui la puissance et l’étendue, est dans le principe mômesur lequel repose le dogmatisme de scs idées. Au ratio-nalisme dePlaton, il substitua l’empirisme, c’est-à-dire,qu’il n’admit d’autres connaissances que celles qui éma-nent des faits et résultent de l’expérience. Les apparencesgrossières de cette doctrine, dont les intelligences lesmoins cultivées peuvent saisir facilement les déductionslogiques, durent frapper les Grecs, soumis à une religiontoute matérielle qui 11’avait pu envisager que comme unsystème impie le spiritualisme de Socrate . NéanmoinsAristote n’avait pu arriver à établir ses catégories qu’à
l’aide de l’abstraction : mais les résultats de sa doctrine
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séduisirent assez les esprits pour qu’on ne s’occupât pasdu principe intellectuel d’où elles étaient tirées. Il y adeux choses à remarquer dans Aristote . La première,c’est que son système, si complètement opposé à la théo-relique du christianisme, ait servi si long-temps de baseà l’éducation des peuples modernes, malgré l’anathèmedont il avait été l’objet de la part des premiers pères del’Eglise. La seconde, c’est que ce philosophe , à qui l’on11e peut refuser un esprit exact et scrutateur, ait à peuprès négligé l’application des sciences mathématiquesaux faits qu’il expliquait par des raisonnemens tirés deleurs rapports avec les sens et par l'expérience. C’est ce-pendant sous ce seul et dernier point de vue que nousdevons examiner ici scs travaux.