AR
AS
nom de canons. Il est certain que cette arme meurtrièrene commença réellement à faire partie du matériel dela guerre que durant la seconde période du XV e siècle.Les canons dont on se servait alors n’étaient qu’unassemblage de pièces de tôle roulée, ajustées les unesaux autres et cerclées en fer. On les posait sur des ma-driers, presque fleur de terre, et l’on ignorait ainsicomplètement l’art d’en diriger le feu. Ces procédésgrossiers compromirent souvent la vie des artilleurs, etfirent d'abord négliger une découverte dont l’usageprésentait de si graves dangers, sans amener aucun résul-tat bien décisif. La construction des canons en fonte defer et d’un énorme calibre , qu’on transportait pénible-ment sur de lourdes voitures, ne permit pas davantaged’en améliorer la manœuvre. On ne se servait guèrede ces pièces que dans les sièges, où elles remplaçaientavantageusement l’emploi des anciennes balistes. A cetteépoque, on ne se servait généralement encore que deprojectiles en pierre; les machines d’une dimensiou plusportative, dont on arma les fantassins, comme l'arque-buse à croc, n’étaient point même chargées de projec-tiles d’un autre genre. Le chevalier Bayard fut tué à laretraite de Rebecco, le 3o avril 1 5a4, d’un coup de pierrelancée par une arquebuse. Cependant, dès les premièresannées du XVI e siècle, on commençait à perfectionnerla fonte des canons, et à les monter sur un appareilspécial nommé affût , qui en facilita la manœuvre. Lespremiers modèles de ces nouveaux véhicules furentd’abord lourds et grossiers ; leur transport difficile etcoûteux gênait la marche des armées, et explique lalenteur avec laquelle s’opéraient alors les grands mouve-mens militaires. Ces premiers essais furent successive-ment suivis d’améliorations importantes dans le matérielde l’artillerie , dont une des plus décisives fut la con-fection de canons d’un calibre moins fort, et obtenuspar une fonte de cuivre et d’étain , alliés dans des pro-portions données. Ces progrès de l’artillerie qui furentdus moins à l’expérience qu’aux connaissances mathé-matiques , qu’on appliqua à la confection et à l’emploides machines, décidèrent enfin de la supériorité decette arme, dont la direction ne put, dès-lors, êtreconfiée qu’à des officiers éclairés, qui sont devenus1 élite des armées de l’Europe . Cependant le haut degréde perfection où estparvenue l’artillerie, quoique susccp-hble encore de réformes et de progrès, n'a été acquis àCe tte arme que depuis une date récente, et pour ainsidire de nos jours.
La construction des appareils de l’artillerie, et^ *rt d’en diriger l’emploi, présentent peu de diffé-r cnc,es chez les diverses nations de l’Europe . Ces dif-férences, si elles existent, se rencontrent soit dans le^libre des pièces, soit dans les conditions du matériel.® j0i officiers d’artillerie de toute l’Allemagne se font
remarquer par une instruction profonde•, /es officiersde ce corps Anglais et Russes laissent, au contraire,beaucoup à désirer sur ce point, et nous ne croyonspas sacrifier à l’entraînement de l’esprit national, enavançant ici que le corps d’artillerie française, tantsous le rapport de l’instruction des officiers , quesous celui du matériel, a depuis long-temps acquisune supériorité-incontestable et qu’il a su conserver. Ungrand nombre de sous-officiers et de soldats de cettearme sont parvenus, en France , à des grades élevés etont fait d’excellens officiers; ce qui n’est arrivé chezaucun autre peuple de l’Europe .
La théorie de l’artillerie, qui doit être l’objet spécialde nos travaux, repose sur l’application de diversesbranches des sciences mathématiques et physiques. Ellecomporte surtout une connaissance approfondie de lathéorie des courbes et de la mécanique; elle exige desétudes étendues en géométrie, dans les arts graphiques,en chimie, et en physique proprement dite. Nous expo-serons ailleurs sous tous ces rapports scientifiques, etdans tous les détails qu’elle implique, cette brancheimportante de la tactique. Voyez Balistique.
ARTIMON ( Marine). Mât de l’arrière, ou troisièmemât d’un vaisseau; il donne son nom à la voile qu’ilporte.
ARZACHELL (Abraham ), ou Eizarachell , né àTolède dans le XII* siècle ou à la fin du XI*, est undes plus savans et des plus laborieux observateurs qu’aiteus l’astronomie. Arzachcll a laissé un ouvrage sur leséclipses et les révolutions des années, et des tables duciel, auxquelles on a donné le nom de Toledanes. Cesécrits, dont le dernier surtout dut être consulté parlesrédacteurs des Tables alphonsines , n’ont point été tra-duits, et ils n’existent que manuscrits dans quelques bi-bliothèques, où peu de savans ont pu les consulter. Ar-zachell a été plus utile à la science par le nombre consi-dérable d’observations qu’il a été à même de réunir, pourdéterminer les élémens de la théorie du soleil, commele lieu de son apogée et de son excentricité. Il fixa l’obli-quité de l’écliptique à a3° 34'■ Cet astronome, qui a eulong-temps de la célébrité, était de la religion juive.On ignore l’époque précise de sa naissance et celle de samort.
ASCENDANT ( Aslr. ). Mouvement qui se fait enmontant. Le nœud ascendant d’une planète est le pointoù elle traverse l’écliptique en allant du midi au nord,tandis que le nœud descendant est celui par lequel ellepasse pour aller du nord au midi. Le nœud ascendant dela lune, nommé aussi anabibazon , se représente par lesigne n; le nœud descendant de cet astre a le signeopposé U.
On nomme signes ascendans les trois premiers et lestrois derniers du zodiaque , savoir : Le Bélier, le Tau*