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Tome premier.
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ig. Lorsque la religion chrétienne commença à rem-plir sa mission civilisatrice, l’année lunaire reparutdans le calendrier romain, dont Jules-César l’avait ban-nie. Il fallait en effet se servir des révolutions de la lunepour fixer chaque année la fête de Pâques , instituéeà l’imitation de la Pâque des Juifs, quoiqu’en mémoired’un événement bien différent. Les Juifs célébraientcette fête le de leur premier mois, qu’ils nommaientNisan, et ce premier mois était celui dont le i4° jourde la lune tombait à l’équinoxe du printemps ou le sui-vait de plus près. L’Ëglise retint cet usage quant à ladétermination du mois; mais à l’égard du jour elle vou-lut qu’il ne fût célébré que le dimanche.

La division du mois en semaines ou périodes de 7jours, commune aux Juifs et aux premiers chrétiens,remplaça bientôt dans le calendrier romain les anciennessubdivisions de calendes, d’ides et de nones ; mais laconcordance des deux années lunaire et solaire se fitd’une manière si inexacte dans les premiers siècles del’Eglise, que le concile de Nicée , tenu en 3a5, fut obligéde prendre un arrêté réglementaire à ce sujet. Ce con-cile décida que la fête de Pâques serait célébrée le pre-mier dimanche qui suit.la pleine lune de l’équinoxe duprintemps, ou qui vient immédiatement après cet équi-noxe : c’est-à-dire que si la nouvelle lune tombe au 8de mars, la pleine lune tombera le 21, qui est le jourde l’équinoxe, et par conséquent cette pleine lune serapaschale : la fête de Pâques devra donc être célébréele premier dimanche suivant. De même, si la nouvellelune tombait après le 8 mars, la pleine lune suivauteserait aussi paschale, tandis qu’au contraire, si la nou-velle lune arrivait du I er au 7 mars, la pleine lunetomberait avant l’équinoxe, et par conséquent il fau-drait attendre la pleine lune suivante, et prendre pourle jour de Pâques le dimanche après cette dernière.

20. Le problème de déterminer avec exactitude lesnouvelles lunes, devint donc le plus important du ca-lendrier chrétien. Après plusieurs tentatives impuis-santes et mal conçues, dont il est inutile de rappeler lesauteurs, Eusèbe de Césarée introduisit le cycle de Mé-ton, ou autrement le cycle lunaire, dont nous avonsparlé ci-dessus (8). L’usage de ce cycle, sous le nomde nombre d’or, fut confirmé par le concile dè Nicée etle calendrier, arrangé définitivement, garda la formedont nous allons parler, jusqu’à l’éqoque de la granderéforme opérée sous le pontificat de. Grégoire XIII .

21. L’Église àyant adopté le calendrier julien ellesannées bissextiles, il s’agissait de faire concorder avecles jours du mois ceux de la semaine, ainsi que les joursde la lune. Pour cet effet, on se servit d’un cycle de 28ans, nommé cycle solaire et du cycle lunaire.

22. Le cycle solaire est une période de 28 annéesqui renferme toutes les combinaisons possibles des jours

de la semaine avec ceux du mois. Ces combinaisonsnaissent de ce que tous les ans les dimanches ne tom-bent pas les mêmes jours des mois. Par exemple, sil’année de 365 jours a commencé par un lundi, et quepar conséquent le 7 de janvier ait été un dimanche,l’année suivante ne commencera pas par un lundi, maispar un mardi, et le premier dimanche sera le 6 de janvier.Lorsque l’année est bissextile ou de 366 jours, la diffé-rence est de deux jours; c’est-à-dire, que si l’année bis-sextile a commencé par un lundi, l’année suivante com-mencera par un mercredi.

Cette variation est due à ce que l’année solaire necontient pas un nombre exact de semaines : l’annéecommune contient 52 semaines, plus 1 jour, et l’annéebissextile 52 semaines plus 2 jours.

23. Si toutes les années étaient communes ou de 365jours, le cycle solaire serait seulement de 7 ans; cardans cette période toutes les combinaisons seraient épui-sées, puisqu’en supposant que la première année ducycle commençât par un lundi, la seconde commence-rait par le mardi, la troisième par le mercredi, la qua-trième par le jeudi, la cinquième par le vendredi, lasixième par le samedi, et la septième par le dimanche ;la huitième année, ou la première du cycle suivant, re-commencerait donc par le lundi et ainsi de suite. Maisil arrive une année bissextile de 4 en 4 ans ; et commecette année produit un jour de différence de plus queles autres années, il faut 7 années bissextiles pour que lejour excédant de chacune produise 7 jours ou une se-maine. Or, 7 années bissextiles ne peuvent se présenterqu’en 28 ans : il faut donc une révolution complète de28 ans pour que les jours de la semaine correspondentde nouveau, de la même manièie, avec les mêmes joursdu mois.

24. On détermine les jours de la semaine à l’aide dessept premières lettres de l’alphabet que l’on place vis-à-vis les jours des mois dans le calendrier perpétuel. Ceslettres, auxquelles on a donné le nom de Lettres domI'nicales, sont disposées comme il suit : A est à côté dupremier de janvier, B à côté du second, C à côté dutroisème, et ainsi de suite jusqu’au G qui est à côté duseptième jour. A revient après au huitième, B au neu-vième, etc., etc., en continuant cet ordre jusqu’au 3ijanvier, auquel correspond la lettre C, février commenceensuite par D, et enfin on poursuit de la même ma-nière jusqu’au 31 décembre.

Ces lettres sont nommées Dominicales, parce qu’ons’en sert pour marquer tous les dimanches de l’année.Ainsi, A étant la lettre dominicale d’une année, tous le 5jours des mois vis-à-vis desquels se trouve l’A sont d eSdimanches. Il en est de même des autres lettres quiviennent successivement dominicales.

25. Dans les années bissextiles il y a toujours