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venir, le nom glorieux de Descartes est rappelé auxrespects et à l’admiration de tous les hommes éclairés.Et pous qui venons apporter notre part de pensées aumouvement philosophique et progressif de notre temps,nous ne craindrons pas, dans celle rapide analyse de lavieet des travaux de Descartes , de proclamerhauteinentnotre admiration profonde pour cette noble et pureintelligence.
Réné Descartes naquit à la Haye, petite ville de laTouraine , le 3i mars i5g6. Sa famille, originaire dela Bretagne , était noble , mais peu favorisée du côté dela fortune. Comme Newton , comme d’autres hommesde génie, il était d'une constitution maladive et débilequi causa, dans son enfance , de vives craintes à ses pa-reils. Cependant il fut envoyé de bonne heure à LaFlèche pour y faire ses études, sous la direction desjésuites nouvellement alors établis dans ce collège. Ilrésulte des observations dont il fut l’objet de la part descs maîtres qu’il ne se distingua d’abord des autres élèves,ses condisciples,queparsouapplication plus vive à l’étudeet par son goût pour l’isolement et la solitude; on attri-buait ces peuchans méditatifs à la faiblesse de sou organi-sation, qui le rendait triste et mélancolique. Mais déjàil vivait de pensées, déjà cet esprit fier et indépendantavait sondé l’abîme de la philosophie scholastique ,il avait apprécié la haute importance des mathéma-tiques et il cherchait dans sa raison un principe de vé-rité que ses études classiques ne lui avaient point révélé.Voici comment ii nous initie lui-même à ces premiersélans de son génie : « J’ai été nourri'aux lettres dès mon» enfance; et parce qu’on me persuadait que par leur» moven on pouvait acquérir une connaissance éclairée» et assurée de tout ce qui' est utile à la vie , j’avais un» extrême désir de les apprendre. Mais sitôt que j’eus» achevé ce cours d’études au bout duquel on a cou-» tume d’être reçu au rang des doctes, je changeai en-» tièrement d’opinion , car je me trouvai embarrassé» de tant de doutes et d’erreurs, qu’il me semblait» n’avoir fait aucun profit en tâchant de m’instruire ,b sinon que j’avais découvert de plus en plus mon
» ignorance. Je crus que pour toutes les opinions
» que j’avais reçues jusqu’alors en ma créance, je ne» pouvais mieux faire que d’entreprendre une bonne» fois de les en ôter , afin d’v en remettre par après ,» ou d’autres meilleures, ou bien les mêmes lorsque» je les aurais ajustées au niveau de ma raison. » Nousreviendrons plus tard sur ces principes dont tous lestravaux de Descartes ne sont en effet que des déduc-tions plus ou moins heureuses : achevons de jeter uncoup d’œil rapide sur les événeinens de sa vie. Au sortirdu collège, a peine âgé de 19 ans, Descartes résolut devoyager , pour mettre en pratique ses nouvelles idées,tout voir par lui-même et chercher la vérité « dans le
grand livre du monde.» Il prit le parti des armes, etservit successivement en qualité de volontaire dans lestroupes de la Hollande et dans celles du duc de Bavière .« J’employai, dit-il, le reste de ma jeunesse à voyager,à voir des cours et des armées, à fréquenter des gens dediverses humeurs et conditions. » Mais Descartes étaitdoué d’une raison trop supérieure pour prendre réelle-ment parti dans les querelles sanglantes au milieu des-quelles il se trouvait. Le guerrier ne cessait pas d’êtrephilosophe sur les champs de bataille; ils n’étaient pourlui qu’une grande scène ouverte à son observation. Cemélange d’hommes de divers pays , avec toutes les pas-sions qui honorent ou affligent l’humanité, ces mouve-mens imprévus qui naissent des chances de la guerre,présentaient à cet esprit, calme au sein de l’agitation ,solitaire parmi la foule, tous les moyens de vé-rifier par l’expérience les questions qu’il s’était posées;il continuait ainsi sur un plan vaste et nouveau leséludes les plus importantes , en appliquant aux faits etaux accidens dont il était le témoin les principes dessciences mathématiques et philosophiques , objets con-staus de ses méditations et de ses travaux. On rapporteque se trouvant en garnison à Breda, il vit un jouru«grand nombre de personnes rassemblées devant uneaffiche écrite en langue flamande ; c’était l’énoncé d’unproblème mathématique , que suivant l’usage du temps»un géomètre inconnu proposait aux mathématiciens-Descartes n’avait pas jugé à propos d’apprendre le fl a 'mund et il pria un des spectateurs de lui traduire laproposition exposée ainsi à un concours public. Le ha-sard voulut que la personne à laquelle le jeune officie 1 ’étranger s’adressa fût un professeur du collège de Dort,nommé licktuan. Ce dernier prit avec le militaire le tu 11de supériorité d’un pédant qui doute qu’un autre puisses’élever à l’intelligence de ce qu’il ne comprend f ® 5lui-même. Mais le lendemain Descartes lui apporta l asolution complète du problème. Après avoir assisté à 1*bataille de Prague en 1620 et avoir été témoin des re-vers militaires dont la Hongrie fut ensuite le théâtre >Descartes quitta la profession des armes ot continua se®voyages. Il parcourut successivement la Hollande, )aFrance , l’Italie , la Suisse et le Tyrol, il fit un assezlong séjour à Venise et à Rome , toujours inspiré p» 1 ’ * edésir d’acquérir des connaissances nouvelles et de veri fier celles qu’il avait acquises. La plupart de scs b>°graphes s’étonnent avec raison que durant son voyafi®en Italie, Descartes n’ait pas visité l’illustre Galilée »alors en possession de scs principales découvertes,persécuté pour avoir produit quelques vérités subli 11105 ’Descartes ne s’est jamais expliqué à cet égard, etl° nremarqué que dans un âge plus avancé il n’avait nia^festé aucune admiration pour le génie de Galilée - C cqu’alors tout son système cosmo-physique était conÇ