Band 
Tome premier.
Seite
429
JPEG-Download
 

DE

DE

m

Lorsque l’ouvrage d’Arbogast parut en 1800, lesprincipes matérialistes de la secte encyclopédique étaientalors si généralement adoptés que les mathématicienscr urenty trouver le moyen, depuis long-temps cherché,*1 écarter de leur science tout ce qui s’y trouvait en-core de trop intellectuel; et ceux que la méthode desUnîtes (voy. ce mot) ne satisfaisait pas entièrements empressèrent de proclamer la supériorité du pointde vue métaphysique du calcul des dérivations , calculPlus général que celui des fondions analytiques (voy. ceUiot) déjà proposé par Lagrange pour remplacer et ex-pliquer le calcul différentiel. Montucla , dans son His-toire des mathématiques , ou plutôt son continuateur,“ c craint pas de présenter le nouveau calcul d’Arbo-Bast comme le point le plus élevé de la science des“ombres, d’en faire dépendre les progrès futurs de lascience, et de rabaisser le calcul différentiel à 11’étre*1“ un de ses cas particuliers. Un géomètre moderne ajustice de ces étranges prétentions , et il est aujour-*1 l lu i prouvé que le calcul des dérivations n’est qu’une“tethode indirecte qui peut bien à la vérité, dans lesapplications, remplacer le calcul différentiel, mais quiloin de l’expliquer, ne peut être conçu, et n’a absolu-ment aucune signification sans ce calcul lui-même ( voy .Philosophie de l'infini). Quant au petit nombre dele sultats vraiment importans auxquels sont parvenusArbogast et ensuite Kramp à l’aide des dérivations,'1 est facile de les obtenir d’uue manière directe etbeaucoup plus simple par les procédés, d’ailleursk'en moins compliqués du calcul différentiel. Voy. Dif-férentiel , POLYNOME, PUISSANCE Cl RETOUR DES SUITES.

DESARGUES (Gérard), • géomètre distingué, né àVn, en i5g3. Il appartenait à une famille anciennepour obéir à d’honorables préjugés, il embrassad’abord la profession des armes. Il se trouva au siègede La Rochelle où il connut Descartes ; des goûts com-muns les rapprochèrent, et ils se lièrent ensuite d’une“mitié solide et sincère. Désargues s’étant retiré du ser-v 'ce vint à Paris , oùil entra dans la société de CliantereauLefèvre qui réunissait chez lui une sorte d’Académiee mathématiciens. Il y connut Gassendi , Bouillau,b ®. erval i Carcavi et Pascal; quand Descartes eut pu-sa ' S ° Q ^* Vle ^ es Principe *) qui jeta les fondemens deco ^^ u * a ^° n j Désargues prit chaleureusement sa défense

e Leimatet le P. Bourdin qui avaient attaquéquelques., . ^

-unes de ses opinions. Il publia à peu près à

époque, un traité sur les Sections coniques qui lui“ne place parmi les mathématiciens les plus re-mai quables de cette époque. Sa réputation était tellequetsque Pascal publia sou traité sur le même sujet, Des-*fesl attribua à Desargues , qu'il regardait commele seulmathématicien en état de produire un semblable ou-v,a gc. Désargues quitta ensuite Paris, et revint à Lyon

où A se livra entièrement à ses goûts pour l’étude et oùil s’adonna surtout à la coupe des pierres; il se plaisaitmême à faire aux ouvriers, dont il était entouré, desleçons sur cette partie toute géométrique de l’architec-ture. Désargues écrivait avec pureté, mais soit timiditéou modestie, il confia à Abraham Bosse le soin de ré-diger ses ouvrages, et c’est à cette fâcheuse circonstancequ’il faut attribuer l’obscurité dans laquelle ils sonttombés. Désargues mourut àLyonen t 66'2, on a deiui;

—I. Traité de la perspective ; i636,iu-f°. II. Traitédes sections coniques ; i63g, in-8°.HI. Ouvrages rédigéspar Bosse.—La manière universelle pour,poser l'essieu.— La pratique du trait à preuve pour la coupe despierres. — La manière de graver en taille douce et àl'eau forte. — La manière universelle pour pratiquerla perspective.

DESCARTES (Réné). Ces hommes d’un géuierare et puissant qui semblent appelés par la Providenceà imprimer un grand mouvement à la marche intellec-tuelle du monde, n’appartiennent point au pays où ilssont nés, mais à l’humanité tout entière. Cependant lesentiment intime et profond de la nationalité ne consentpoint à se perdre dans la sainte fraternité des sociétéshumaines, il aime à s’isoler et à s’enorgueillir d’unefraternité plus restreinte. L’italie se prévaut avec fiertédu génie de Galilée , l’Allemagne de celui de Leibnitz ,l’Angleterre de celui de Newton , la France a le droitde grandir son illustration de celui de Descartes . Tousces esprits forts et hardis, qui ouvrent à l’humanité desvoies nouvelles et qui la précèdent dans l’avenir, n’ap-paraissent qu’à de longs intervalles. Les grandes pen-sées ne viennent pas toujours à une époque assez bienpréparée pour les accueillir. Trop souvent la parole parqui se révèle l’œuvre du génie, va parcourir un mondequi n’a point d’écho pour elle. Mais cette parole nemeurt pas et elle attend, brillante et féconde , dans lesanctuaire de la vérité, qu’il se lève un jour favorable,où son retentissement sera immense , où tous les espritspourront la comprendre. Ce jour semble arrivé pourl’immortel auteur du Discours de la Méthode et detant de brillantes découvertes dans les parties les plusélevées du savoir, dans les plus nobles spéculations dela pensée. La France intellectuelle et savante, si long-temps entraînée hors de la voie des grandes découvertespar un philosophisme sans autorité , renaît enfin auxclartés d’une philosophie plus digne delà sagacité mer-veilleuse dont elle est douée. Déjà elle contemple, dansune profonde douleur pour son long aveuglement, lesstatues qu’elle afélevées aux dieux usés de la secte ency-clopédique , dieux menteurs dont les autels sont ense-velis sous les ruines amoncelées par leurs funestesdoctrines. Déjà, dans un grand nombre d’écrits nouveauxinspirés par une féconde pensée de rénovation et d’»-