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Nous ne pouvons entrer dans ces détails qui n’intéres-sent qu’iinparfaitement aujourd’hui l’histoire de lascience.
Pierre Fermât est mort au mois de janvier iGG 5 ; illaissa la réputation d’un juge intègre et éclairé, aussibien que d’un grand géomètre, car jamais ses étudesscientifiques ne lui firentoublicr un momentses devoirsde magistrat. Il écrivait avec une élégance remarquable,non-seulement pour un géomètre, mais encore pour leslittérateurs de son temps ; il avait l’esprit vif et brillant,et à ses connaissances profondes en mathématiques, iljoignait celle de plusieurs langues anciennes et modernesqu’il parlait et écrivait avec une égale facilité. L’aca-démie de Toulouse qui comprit enfin la perte que lessciences avaient faites en cet homme aussi distingué parson caractère que par ses talens, proposa long-tempsaprès sa mort, pour sujet d’un prix qn’elle institua,l’appréciation de scs travaux; il était énoncé sous cetteforme : De Vinfluence de Fermât sur la géométrie deson temps. Ce fut la dissertation de Genty que l’académiecouronna.
Les œuvres de Fermât furent recueillies et publiées àToulouse en iGGq sous ce titre: Opéra malhemalica ,2 vol. in- 4 °. Outre son édition annotée de l’algèbre deDiophante , qui fut publiée séparément en 1G70, ce re-cueil contient les ouvrages spéciaux suivans : I. Mé-thode pour trouver la quadrature de toute sorte de pa-raboles. II. Méthode des maxima laquelle sert non-seu-lement pour la détermination des problèmes plans etsolides , mais encore pour mener des tangentes auxcourbes , trouver les centres de gravité des solides et lasolution de questions concernant les nombres. Cettedernière méthode a paru assez semblable à celle desflexions de Newton , pour que quelques mathématiciensModernes aient voulu présenter Fermât comme le vé-r Uable auteur du calcul différentiel, prétention qui nerc pose sur aucun fondement si l’on considère la natureabstraite de ce calcul tel qu’il a e'té découvert parDeibnitz. III. Une introduction aux lieux géométriquesplans et solides. IV. Un traité sur les tangentes sphdri-V'cs , où il démontre pour les solides ce que Viète avaitdémontré pour les plans. V. Une restauration des deuxl‘ v res d'Apollonius sur les lieux plans. VI. Une mé-Ih oiie générale pour la dimension des lignes courbes , et
en fln u n grand nombre de mémoires et de lettres scien-tifiques.
f HBNEL (Jean ), médecin et mathématicien , s’estfendu célèbre par la première mesure d un degié ter*festre du méridien, qui ait été tentée en France . On arle lui en ouvrage de mathématiques pures, intitulé:De proportion}},, ts libri II, Paris , 1 5 'x 3 in-fol. et deuxouvrages astronomiques le Monalospherion et la Cos-Oiotheoria • ces écrits sont aujourd’hui complètement
oubliés. Voici le moven qu’employa Fernel pour déter-miner la grandeur de la terre, par la mesure d’un degrédu méridien. Il alla de Paris à Amiens , villes qui setrouvent à peu près sous le même méridien , etcomptant avec exactitude les tours de roue de sa voi-ture, il s’avança vers le nord jusqu’à ce que la hau-teur solsticiale du soleil fût d’un degré moindrequ’à Paris, et trouva ainsi pour le degré d’Amiens ,57070 toises. On sait que Picard détermina, depuis ,ce degré à 57,060 toises. Et quoique cette déterminationait depuis subi quelques modifications, il est au moinscurieux que Fernel ait pu arriver aussi près de la vérité,à l’aide d’une méthode si erronée et si insuffisante. Ondoit du moins lui savoir gré de sa tentative, en attri-buant à un pur hasard le résultat qu’il obtint. Fernel,qui était né eu 1497, mourut en 1 558 -
FERRARI (Louis), né à Milan en i 522 , suivantCardan, et à Bologne suivant Bombelle, est regardécomme le premier inventeur de la révolution des équa-tions du quatrième degré. Cardan rapporte que Ferrarientra à son service à l’âge de quinze ans, les dispositionsextraordinaires qu’il remarqua dans ce jeune hommele déterminèrent à le tirer de sa condition servile pourdonner des soins à son éducation. Son généreux maîtrefavorisa les penclians qu’il manifesta pour les mathéma-tiques, et Ferrari profita si bien de ses leçons, qu’à l’âgede 17 ans il fut en état de professer cette science. Depuiscette époque, la fortune de Ferrari devint plus brillanteque celle de son maître. Le cardinal de Mantoue , quil’avait admis dans son intimité , lui fit obtenir du princeJe Gonzague , son frère, l’importante mission de dresserla carte du Milanais. Il employa huit années à l’achè-vement de ce travail, et après avoir mené une vie licen-cieuse et une conduite peu louable envers scs bienfai-teurs, il mourut âgé de 43 ans, empoisonné, dit-on,par une sœur que l’espoir d’obtenir sa riche successionavait excitée à commettre ce crime.
Ferrari fit sa découverte à l’occasion d’un problèmeproposé par Jean Calla et qui divisa quelque temps lesmathématiciens. Il s’agissait de trouver trois nombrescontinuellement proportionnels, dont la somme fut 10,et le produit du second par le premier fut 6. Ferrari,à l’instigation de Cardan, s’occupa de ce problème eten trouva une solution ingénieuse. Elle consiste à ajouterà chaque membre de l’équation ordonnée d’une certainemanière, des quantités quadratiques et simples qui soienttelles que l’extraction de la racine carrée de chacun soitpossible. (Voy. Biquadralique.)
FERREO (Scipion) de Bologne , géomètre du XVI*siècle, est connu dans l’histoire de la science, commeayant résolu le premier, les équations du troisièmedegré. ( Voyez Algèbre et Cardan.)