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[Tome deuxième.]
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avoir une largeur de 20 toises. Afin de couvrir le flancDU, on v pratiquait un orillon GK1H, dont la con-struction se déterminait ainsi. On divise DH en troisparties égales. On prend DG égale à l’une d’elles, et onjoint MG; sur cette droite on prend GK égale à DG, etpar le point K on mène une parallèle à DH. L’orillonsetrouve ainsi déterminé. On le termine ordinairementpar une partie arrondie, qui doit être tangente aux deuxdroites GM et RH. EF est un second flanc retiré, élevéau-dessus du flanc DG, ce qui donnait deux étages defeux.

Dans ce tracé, les flanquemens sont encore trop obli-ques ; et les gorges des bastions tellement étroites, qu’ilest bien difficile de pouvoir y loger tout ce qui estconvenable à la défense.

5. Le comte de Pagan, mort maréchal-de-camp eni665, a publié en 1645 un ouvrage ayant pour titre lesFortifications du comte de Pagan. Son tracé se construitde la manière suivante. (1 ’oy. PI. 11, fig-3). Soit AD lecôté d’un hexagone régulier que nous supposerons de180 toises. On le divisera en deux parties égales, et aupoint de division D, on élèvera la perpendiculaire DGde 3o toises. On mènera la ligne de défense GA. Onprendra la face AC de 55 toises et du point E, on abais-seraEMperpendiculaire sur la ligne de défenseEC. MNmenée parallèlement à AD sera la courtine. Afin d’aug-menter les feux desflancs, on construit trois flancs élevésles uns au-dessus des autres. De plus on construit un se-cond bastion intérieur au premier. Pour tracer cesflancs, on divise EN en deux parties égales du point G ,et on mène AC que l’on prolonge indéfiniment, ainsique la ligne de défense AN. On prend les parties NI,IL, LO chacune de 7-toises, et on mène les droites IH,LL et OP parallèles à FN ; la droite passant par lepoint P est menée parallèlement à la face du bastion et à16 toises en arrière. Le terre-plein du flanc supérieur esta u niveau de celui du bastion; celui du second flanc estélevé de la moitié de la hauteur du bastion au-dessus dela campagne; et le terre plein du troisième est au ni-veau de la campagne. On entre dans ces deux derniersflancs par des souterrains pratiqués sous le rempart dela brisure de la courtine. Dans ce système, les feux deflancs défendent bien les saillans des bastions, puisqu’ilssont perpendiculaires aux lignes de défense, et le bastionintérieur est d’un excellent effet pour défendre la placejusqu’à la dernière extrémité.

6. Enfin parut l’homme qui devait faire faire unpas im-mense à l’art de la fortification , et qui a donné pour1 attaque et la défense des places des préceptes qui sont,a bien peu de chose près, ceux que l’on suit encore aujour-dhui. Sébastien Leprêtre de Vauban , naquit en i633.il mourut en 1707, directeur général des fortifications

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et maréchal de France. Il fit 53 sièges, bâtit 33 placesfortes et en repara un très-grand nombre.

Dans son premier tracé, le maréchal deVauban sup-pose le côté de l’hexagone régulier de 180 toises. [FOf-PI. 11, fig. 2. ) Il le divise au point E en deux partieségales, par la perpendiculaire ED qu’il fait égale au i/Gdu côté extérieur ou à 3o toises. Les droites DO et DM.sont les lignes de défense. Il prend les faces OL et MBégales aux 2/7 du côté extérieur, et les flancs LQet BGsont menés perpendiculaires aux lignes de défense; ladroite CQ, parallèle au côté extérieur , est la courtine.Les relations entre la longueur des faces , celle de laperpendiculaire et celle du côté extérieur sont extrême-ment simples, et aussitôt que la longueur du côté exté-rieur est donnée, tout le tracé du front se trouve com-plètement déterminé. Dans la suite Vauban imagina unsecond et un troisième tracé, qu’il n’appliqua qu’auxplaces de Landau et New-Brisack, et comme c’est à peuprès son premier tracé qui, modifié par Cormontaigne,a été généralement adopté , nous nous abstiendrons defaire connaître les deux autres.

7. En décrivant le front moderne, et en donnant lesmoyens de le tracer exactement, nous ferons connaîtreles différens ouvrages dont il se compose, indépendam-ment des bastions, qui constituent ce qu’op appelle lecorps de place.

Nous supposerons le côté extérieur AB de 36o mè-tres ; la perpendiculaire CD élevée sur le milieu le 1/6de ce côt \ ou 60 mètres; les faces ont le i/3 de AB, ou120 mètres. Les flancs EG et Fil sont menés perpendi-culairement aux lignes de défense. Afin de donner dela force à l’enceinte bastionnée on lui a ajouté des ou-vrages qui prennent le nom général de dehors. Le pre-mier est la tenaille placée en avant de la courtine , etdestinée à couvrir le débouché de la poterne, ou pas-sage servantà communiquer de l’intérieur à l’extérieur,