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il établit des batteries de mortiers, destinées à chasserles défenseurs du chemin-couvert et des réduits deplace d’armes rentrantes. De la troisième parallèle ilse porte vers le saillant du chemin-couvert, en mar-chant sur la capitale, par une tranchée qui prend lenom de sape. A 3o mètres de la crête du glacis, la sapesuit une direction parallèle à cette crête, jusqu’au pro-longement de la contrescarpe de la demi-lune. Le para-pet des sapes est construit à l’aide de gabions, espècede panier sans fond, qui sont remplis de terre, et contrelesquels s’appuie la masse des terres provenant de latranchée. La partie de la sape parallèle à la crête duglacis, reçoit une grande élévation à l’aide de troisétages de gabions, ce qui permet de plonger dans lechemin-couvert, et d’en chasser, à coups de fusils, leshommes qui pourraient encore s’y trouver. C’est uncavalier de tranchée. Lorsque le cavalier de tranchée aproduit son effet, l’assiégeant reprend sa sape, qu’ilconduit jusqu’à 4 ou 5 mètres de la crête du glacis,pour la continuer de part et d’autre du saillant, paral-lèlement à la crête. C’est le couronnement du chemin-couvert. C’est là qu’on dépose quatre batteries de brè-che ; deux contre le saillant de la demi-lune, et deuxcontre les deux bastions devant la trouée du fossé de lademi-lune.
Ici sefaitsentirun des grands défauts du système de for-tification.Les dehors devraientprotégerlecorpsdeplnce,jusqu’à la dernièreépoque dusiége, et cependant à peinele couronnement du chemin-couvert est-il fait, qu’onpeut faire brèche au corps de place. Aussitôt que cettebrèche est praticable, c’est-à-dire aussitôt que les ma-çonneries et les terres éboulées ont formé une rampe quipermet d’arriver dans l’intérieur de la place, l’assié-geant ouvrira une galerie de mineur sous le chemin-couvert de la demi-lune, et il la fera déboucher aufond du fossé de cet ouvrage.Par son moyen il pourra seporter rapidement au pied de la brèche, et si son atta-que de vive force réussit, il se sera emparé du bastion,par conséquent de la place, sans avoir été obligé dePrendre la demi-lune et son réduit. Un grand nombred’ingénieurs s’est occupé de cette question importante ,et beaucoup 'de dispositifs ont été proposés. L’expé-r *ence n’en a encore sanctionné aucun, de sorte qu’ilest difficile de se prononcer. Car une attaque faite sur leP a pier, marche toujours au gré de celui qui la dispose,d est impossible d’en rien conclure sur le plus ou^oins d’avantages que présente telle ou telle disposition,évite cependant une partie des inconvéniens signa-> en pratiquant un retranchement dans l’intérieur des'°ns, puisque, de la perte de celui-ci, ne s’ensuit pase de la place ; et qu’ensuite l’ennemi ne pourrait te-^ dans le bastion , où il serait exposé, au feu de la^'lune et de son réduit. L’assiégeant sera doncTohk ii.
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forcé de prendre la demi-lune, ce à quoi il ne pourraarriver, qu’après y avoir fait une brèche praticable,avoir pratiqué une galerie souterraine qui lui permettede descendre dans le fossé, et avoir donné l’assaut. Lademi-lune prise, restera à prendre le réduit, pour le-quel il faudra opérer d’une manière analogue. Mais ici,l’assiégeant ne se trouvera pas dans des circonstancesaussi favorables que pour l’attaque de la demi-luue.Il ne pourra en effet y faire arriver son artillerie qu’avecbeaucoup de peine, et le peu de largeur du terre-plein, lui donnera bien peu de facilité pour y disposerdes batteries dans lesquelles il soit à couvert du feu duréduit. Cependant le réduit finira par être pris; car sagarnison sera toujours très-faible par rapport aux for-ces dont l’ennemi pourra disposer, et on ne peut espé-rer de le déloger de vive force de la demi-lune.
Aussitôt que l’ennemi se sera emparé du réduit dela demi-lune, il viendra s’établir à la gorge , pour ydisposer des batteries destinées à faire brèche à la te-naille. L’utilité de cet ouvrage est mise ici tout-à-fait,hors de doute , car s’il n’existait pas, l’assiégeant pour-rait de suite faire brèche à la courtine, et par consé-quent, donner immédiatement l’assaut au corps deplace. L’occupation du réduit de demi-lune rend im-possible le séjour de l’assiégé dans les réduits de placed’armes rentrantes, car il y serait vu à dos et plongé.C’est encore un des inconvéniens du système, car unouvrage ne devrait jamais être rendu inutile qu’aprèsavoir été attaqué directement. Il ne faudrait cependantpas en conclure que les réduits de places d’armes ren-trantes sont inutiles. Leur principal but est d’offrir unrefuge assuré aux défenseurs du chemin couvert, dansle cas où l’ennemi tenterait un mouvement de viveforce. Lorsque l’ennemi s’est emparé de tous les dehors,il pousse ses tranchées vers le saillant du chemin cou-vert du bastion, il en fait le couronnement, établit sesbatteries de brèche, et donne ensuite l’assaut au corpsde place. Il ne reste plus alors à la place assiégée qu’àobtenir la capitulation la plus honorable.
Nous avons supposé que les demi-lunes étaient ensaillie sur les bastions. Lorsque les saillants des deuxbastions et celui de la demi-lune se trouvent à peu prèssur une même ligne droite, on peutcanonner à la foisle saillant des trois chemins couverts, et le siège setrouve abrégé d’autant, surtout si les bastions n ontpoint de retranchement intérieur.
FORTIFICATION PASSAGERE.
Les retranchemens employés dans la fortificationpassagère, sont simples ou composés. Ces derniersprennent le nom de lignes.
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