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de l’Acad. , 1699) <î ue I e frottement est simplementproportionnel à la pression, c’est-à-dire, à la force quiapplique les deux surfaces l’une contre l’autre, et ne dé-pend point de leurs grandeurs. Il évalue généralementle frottement comme le tiers de la pression. Les expé-riences postérieures de Bulfinger ( Voy. Me'm. de Pe-lersbourg, tom. 4 ) semblent confirmer les idées d’Amon-tous, sauf la différence de l’évaluation du frottementqui, d’après ce physicien, n’est que le quart de la forcede pression.
Parent ajouta plusieurs considérations ingénieuses àla théorie d’Amontons . Dans sa nouvelle statique sansfrottement et avec frottement, insérée dans les mémoiresde l’Académie , 1704 et 1712, il résolut plusieurs pro-blèmes importans. Bientôt après, Camus ( Traité desforces mouvantes), Musschenbroëk et Désagulicrs,traitèrent la question, et ajoutèrent de nouvelles expé-riences. Il résulte des travaux de ces mécaniciens , quele rapport du frottement à la pression est différent ,suivant les différentes espèces de matières qui frottentles unes contre les autres, et qu’il varie du sixième autiers. Cependant il 11’y a aucun inconvénient dans lapratique d’admettre le rapport d’Amontons , car il vautmieux donner trop d’avantage à la puissance que de luien donner trop peu. Musschenbroëk n’adopte pas nonplus la proposition avancée par Amontons , savoir quele frottement n’augmente pas, quoiqu’on augmenteles surfaces, pourvu que la pression soit la même.D’après les expériences de ce savant professeur, le frot-tement augmente quand les surfaces sont plus grandes ,mais, à la vérité, dans un rapport beaucoup moindreque celui des surfaces.
Bossut et l’abbé Nollet ont distingué deux espèces defrottement, celui qui résulte d’une surface glissant surUl *e autre, et celui qui résulte d’un corps roulant suruue surface. La résistance occasionnée par le premierde ces frottemens est toujours plus grande que cellequi est produite par le second. Telle est en effet ler ésultat de toutes les expériences.
Dergusson et le professeur Viuce de Cambridge se souégalement occupés de la théorie du frottement dont iréservé à l’illustre Coulomb de surmonter lesprincl P a les difficultés. L’Académie des sciences ayant succèsSl venient proposé en 1779 et en 1782 pour l’objet d’uiconcours, l a théorie des machines simples , en ayancg'trd aux effets du frottement et de la raideur des cora S es , Coulomb , alors capitaine au corps royal dig me, temporta le prix qui était double, et son mé’mrtre, 1 ouvrage le mieux faitet le plus complet qui eû
encore été composé sur cette matière fut imprimé dansle dixième volume des savans étrangers. Nous ne pou-vons rapporter ici en détails les résultats de Coulomb ;ils ont servi de base à Proni pour la théorie du frotte-ment qu’il a donnée dans son Architecture hydraulique.Voici seulement les plus importans.
1. Le frottement des bois glissant à sec sur les bois,oppose, après un temps suffisant de repos, une résis-tance proportionnelle aux pressions, cette résistanceaugmente sensiblemeut dans les premiers instans du re-pos; mais après quelques minutes elle parvient ordinai-rement à son maximum ou à sa limite.
2. Lorsque les bois glissent à sec sur les bois avec unevitesse quelconque, le frottement est encore proportion-nel aux pressions; mais son intensité est beaucoup moin-dre que celle qu’on éprouve en détachant les surfacesaprès quelques minutes de repos : on trouve par exempleque la force nécessaire pour faire glisser et détacherdeux surfaces de chêne après quelques minutes de reposest à celle nécessaire pour vaincre le frottemeut lorsqueles surfaces ont déjà un degré de vitesse quelconque,comme 9, 5 est à 2, 2.
3 . Le frottement des métaux glissant sur les métauxsans enduit, est également proportionnel aux pressions;mais son intensité est la même, soit qu’on veuille dé-tacher les surfaces après un temps quelconque de repos,soit qu’on veuille entretenir une vitesse uniforme quel-conque.
4. Les surfaces hétérogènes, telles que les bois et lesmétaux, glissant l’une sur l’autre sans enduit, donnentpour leurî frottemens des résultats tout différens deceux qui précèdent, car l’intensité de leur frottementrelativement au temps de repos, varie lentement, etne parvient à la limite qu’après quatre ou cinq jours etquelquefois davantage, au lieu que dans les métaux elley parvient dans un instant, et dans les bois dans quelquesminutes ; cet accroissement est même si lent, que la ré-sistance du frottement dans les vitesses insensibles estpresque la même que celle que l’on surmonte en ébran-lant ou détachant les surfaces après quelques secondesde repos. Ce n’est pas encore tout : dans les bois glis-sant sans enduit sur les bois, et dans les métaux glissantsur les métaux, la vitesse n’influe que très-peu sur lesfrottemens; mais ici le frottement croît très-sensible-ment à mesure que l’on augmente les vitesses , en sorteque le frottement varie à très-peu près suivant une pro-gression arithmétique, lorsque les vitesses croissent sui-vant une progression géométrique.