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avec lenteur, longtemps reste stationnaire, puis il s’ac-croît de nouveau, déborde enfin de toutes parts , et finitpar porter la vie et la lumière au sein delà nuit profondeoù il a pris naissance. Mais que d’obstacles à surmonter!Que d’efforts , trop souvent infructueux ! Certes, sinous devons de la reconnaissance à ces êtres privilégiésqui savent d’une main hardie soulever le voile de la vé-rité , combien n’en devons-nous pas aussi à ceux dontles travaux , moins briljans, peut-être, mais non moinsutiles, préparent le chemin , aplanissent la voie, et accu-mulent les matériaux !
La gravitation universelle a été entrevue dès la plushaute antiquité. Ce fut un des principes de la philoso-phie de Déinocritc et d’Epicure , et nous avons vu quelongtemps avant eux Anaxagoras ( Voy. ce mot) don-nait aux corps célestes une pesanteur vers la terre qu’ilregardait comme le centre de leurs mouvemens. Lors-que le véritable système du monde , découvert ou plu-tôt ressuscité par Copernic , commença à se répandre,les idées des anciens sur la gravitation commencèrentaussi à germer. Copernic lui-même n’attribuait la for-me sphérique des corps célestes qu’à la tendance de leursparties à se réunir ; mais il n’alla pas jusqu’à étendre cettetendance d’une planète à l’autre. Bientôt Kepler fit cepas hardi, car dans la préface de son livre sur les mou-vemens de Mars, il fait peser la lune sur la terre et viceversa , de sorte , dit-il, que si elles n’étaient retenuesloin l’une de l’autre par leur rotation , elles s’approche-raient et se réuniraient à leur centre commun de gra-vité. Plus tard , l’attraction ou la gravitation était signa-lée par Fermât comme la cause delà pesanteur. Suivantlui, un corps matériel ne tombait vers le centre de laterre que parce qu’il se prêtait autant qu’il était possibleà la tendance qu’il avait vers toutes les parties de la terre.Il ajoutait même qu’il était moins attiré lorsqu’il étaitentre le centre et la surface , parce que les parties lesplus éloignées de ce centre commun l’attiraient en senscontraire des plus proches; d’où il concluait que, dans cecas , la pesanteur décroît comme la distance au centre( Voy. Mcrsenne , harm. univ. , liv. n.) , ce qui depuisa été rigoureusement démontré par Newton . Robcrvalprit aussi la gravitation universelle pour principe fon-damental du système physico-astronomique qu’il mit aujour en i 644- sems le nom d’Aristarque de Samos . Danscet ouvrage , Roberval attribue à toutes les parties dela matière dont l’univers est composé , la propriété detendre les unes vers les autres ; c’est là ; dit-il, la raisonpour laquelle elles s’arrangent en figure sphérique ,non par la vertu d’un centre , mais par leur attractionmutuelle et pour se mettre en équilibre les unes avecles autres.
Mais , ainsi que nous l’avons déjà dit au mot attrac-tion , personne, avant Newton , n’a mieux aperçu le
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principe de la gravitation universelle , ni plus approchéd’en faire l’application la plus convenable au systèmede l'univers , que le docteur Hook. 11 ne lui restait qu’àtrouver la loi du carré des distances ; et s’il y a encorebien loin des conjectures de ce savant aux sublimes dé-monstrations de Newton , nous verrons plus loin queson livre, publié en 1674» fut au moins l’occasion desdécouvertes de ce dernier.
Ce fut en 1666 que Newton , retiré à la campagne ,pour fuir la peste qui cette année désola Londres et scsenvirons, tourna ses méditations sur la pesanteur descorps. Sa première réflexion , d’après ce que racontePimberton ( View of sir Isaac Newton P/iilosophy.Londres , 1725) fut que la cause quelconque qui pro-duit la chute des corps teri-cstres , agissant toujours sureux à quelque hauteur qu’on les porte , il pouvait biense faire qu’elle s’étendît beaucoup plus loin qu’on nepensait, jusqu’à la lune même, et que ce pouvait êtrecette force qui retenait la lune dans son orbite , en con-trebalançant la force centrifuge qui naît de sa révolutionautour de la terre. Il considéra en même temps que ,quoique la pesanteur 11e parût pas diminuée dans lesdifférentes hauteurs auxquelles nous pouvons atteindre,ces hauteurs sont trop petites pour qu’on puisse en con-clure que son action est partout la même ; et il lui parutau contraire beaucoup plus probable qu’elle devaitdécroître à mesure que la distance au centre augmente.Pour découvrir la loi de cette diminution, Newton donna une grande extension à ses premiers aperçus; ilpensa que si c’est en effet la pesanteur de la lune versnotre globe qui la retient dans son orbite ; il doit enêtre de même des planètes principales à l’égard du so-leil et des satellites de Jupiter à l’égard de cette pla-nète. En comparant les temps périodiques des planètesautour du soleil avec leurs distances, il trouva que lesforces centrifuges qui naissent de leurs révolutions, etpar conséquent les forces centripètes qui les contreba-lancent, sont en raison inverse des carrés des distances.La même chose ayant lieu pour les satellites de Jupiter ,Newton conclut que la force qui retient la lune dans sonorbite devait être la pesanteur diminuée dans le rap-port inverse du carré de sa distance à la terre. Il nes’agissait plus que de vérifier cette conclusion.
Or, si la lune dont la distance à la terre est d’envi-ron 60 demi-diamètres terrestres, est forcée de circulerautour de celle-ci parce qu’elle tend vers elle avec unepesanteur diminuée suivant le carré de sa distance,c’est-à-dire 6o*=36oo moindre qu’à la surface delà terre,la chute qu’elle ferait étant uniquement livrée à cetteforce pendant un temps déterminé, celui d’une minutepar exemple, devra être la 36oo ième partie de l’es-pace que décrivent les corps pesans vers la surface dela terre pendant le même temps. Mais cette chute de