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[Tome deuxième.]
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ciproquement. Si on continue de l’observer pendantplusieurs jours, on la voit peu à peu perdre de sa lu-mière. La partie éclairée de son disque diminue de lar-geur; en même temps elle se lève plus tard; et lorsqueson disque est réduit à un demi-cercle, elle ne paraitplus que pendant la dernière moitié de la nuit. Quel-ques jours après, ce n’est plus qu’un croissant, dont lespointes sont tournées vers l’Occident , c’est-à-dire,vers le côté du disque le plus éloigné du soleil. Alors,elle ne se lève que peu d’instans avant cet astre ; lecroissant diminue de jour en jour, la lune devient tout-à-fait obscure : elle se lève avec le soleil, et on cessede l’apercevoir. Après avoir été invisible pendanttrois ou quatre jouis, elle reparaît le soir à l’Occident peu de temps après le coucher du soleil; ce n’est d’a-bord qu’un filet de lumière, qui s’agrandissant peu àpeu , prend en quelques jours la forme d’un croissant,dout les pointes sont tournées à l’Orient , c’est-à-diredu côté opposé au soleil. Les jours suivans, la lunes’éloigne de plus en plus du soleil, son disque s’agranditet elle reprend enfin sa forme arrondie et brillante,pour diminuer de nouveau et représenter successive-ment et dans le même ordre les mômes phénomènes.La période de ces phases est d’environ 29 jours etdemi.

Ces phénomènes , bieu avant qu’on ait pu les expli-quer, offraient une mesure si naturelle du temps , qu’onne doit pas s’étonner de voir, dès l'enfance des sociétés,les phases de la lune servir à régler les assemblées, lessacrifices, les exercices publics, enfin le Calendrier. Lemois des anciens n’est que cet intervalle de tempsécoulé entre deux nouvelles lunes, que l'on appelleaussi lunaison ou révolution synodique de la lune. Engrec les mots lune, et mois, fiiw, fmiis ont une

analogie marquée. Cependant la nature même de ceschangcmens devait bientôt conduire les premiers ob-servateurs à la connaissance de leur cause, car on 11epouvait raisonnablement s’en rendre compte , qu’ensupposant que la lune est un corps opaque, obscur parlui-même et qui brille d’un éclat étranger. Il était eneffet impossible d’admettre que son disque est à moitiéobscur et à moitié lumineux , et qu’il nous présentesuccessivement chacune de ses moitiés, puisque lors-que ce disque n’est qu’en paitie lumineux, la partieobscure n’est pas tout-à-fait invisible, elle est encoreéclairée d’une faible lumière qu on nomme lumièrecendrée , et qui permet d’y remarquer les mêmes sinuo-sités et les mêmes taches que dans les instans où la luneest entièrement lumineuse. Il devenait donc évident parl’observation que la lune nous présente toujours lamême face et que les variations de ses phases résulte deses différentes positions à l’égard du soleil dont elle nefait que nous réfléchir la lumière.

La figure 8, PI. 28, peut faire facilement compren-dre toutes les circonstances des phases de la lune. Lors-que cet astre est complètement lumineux et qu’ii passeà minuit au méridien, le soleil est sous l’horizou auméridien opposé, ainsi la terre étant eu T , la lune esten L, et le soleil S éclaire entièrement la surfacequ’elle nous présente; c’est alors pleine lune. Lorsqueau contraire la lune et le soleil se lèvent en mêmetemps sur l’horizon, la lune est en O, et sa face éclairée Eétant toujours nécessairement tournée vers le soleil,elle nous présente sa face obscure et nous ne l’aperce-vons pas; c’est alors nouvelle lune. Dans toutes les autrespositions intermédiaires elle nous présente des partiesplus ou moins considérables de sa surface éclairée, cequi lui donne successivement les formes G, N , R , oucelles d’un croissant, d’un demi-cercle , etc.

Si l’orbite de la lune était dans le même plan quecelle du soleil, ou que l’écliptique, toutes les fois quela lune serait en L , il y aurait nécessairement intcrcep.tion des rayons solaires par le globe terrestre, et la lunedevrait cesser d’être visible pendant tout le temps qu’ellemettrait à traverser le cône d’ombre projeté par laterre dans l’espace. Comme aussi lorsqu’elle est en OL ,elle’-devrait à son tour nous intercepter les rayons so-laires, et faire disparaître le soleil à nos regards pendantquelques instans. Ces phénomènes, connus sous le nomd 'Eclipses (voy ce mot), devraient donc se présenterà chaque pleine lune et à chaque nouvelle lune, tandisqu’ils n’arrivent qu’à des époques éloignées. Ainsi l’or-bite de la lune doit se trouver dans un plan différent decelui de l’écliptique. Les observations ont prouvé quele plan de l’orbite lunaire formeavec celui de l’écliptiqueun angle de 5 ° 8 ’ 48”. Cet angle, que l’on nomme l’/ra-clinaison de Foi be lunaire, est sujet à de petites varia-tions en plus et en moins , qui nous apprennent quel’orbite lunaire n’a point une position fixe dans l’espace.

On donne le nom de nœuds aux deux points où l’or-bite de la lune coupe le plan de l’écliptique , et parti-culièrement de nœud ascendant à celui où la lune passepour aller du sud au nord de l’écliptique, eide nœuddescendant, à celui qu’elle traverse pour aller du nordau sud. Les astronomes marquent le premier par le si-gne O , et le second par le signe 15 . Les éclipses ne peu-vent avoir lieu que lorsque la lune se trouve dans cesnœuds, ou du moins très-près, aux époques où elle estpleine ou nouvelle. [F oy. Kclipses.)

Les phases de la lune reçoivent diverses dénomina-tions d’après les distances angulaires qui ont lieu entrele soleil et la luue à leur apparition. Ainsi on nommeopposition, le moment de la pleine lune, et conjonction,celui de la nouvelle. L’opposition et la conjonction senomment ensemble les syzigies ; quand la lune est éloi-gnée d’environ 90“ du soleil ou de la moitié de la dis-