Band 
[Tome deuxième.]
Seite
266
JPEG-Download
 

OP

SM OP

D’après le mémoire lu par DeJambreà l’Académie dessciences au sujet de cette découverte inespérée, il pa-îaît que non seulement I’tolémée connaissait la réfrac-tion de la lumière , mais qu’il avait déterminé d’unemanière assez exacte 1e rapport de l’angle d’incidence àcelui de réfraction. Au reste , la substance de ce traiténous était déjà connue par l’optique d’Albazen , quin’en est qu’un commentaire.

Alhazcn, astronome arabe du onz ème siècle , est devenu particulièrement célèbre par un Traité d’Optique,divisé en sept livres, dans lequel on trouve le premieressai de théorie qui ait paru sur la lumière réfléchie etréfractée.

Après avoir fait l’application du principe de l'égalitédes angles d’incidence et de réflexion aux différentessortes de miroirs plans , sphériques, concaves et con-vexes , Alhazeii se livre à un grand nombre de rechcr-i lies sur les phénomènes de la réfraction. Il observed’abord que si un rayon lumineux passe d’un tudieudans un autre qu’il puisse pénétrer , il continue à semouvoir en ligne droite, lorsqu’il tombe perpendicu-lairement à la surface qui sépare les deux milieux ; maisque s’il tombe obliquement, il se détourne de sa pre-mière direction , s’approchant ou s’éloignant de la per-pendiculaire à la surface de séparation des milieux , se-lon que le premier milieu est moins ou plus dense quele second. Par exemple , dans le passage oblique del’air dans le verre, le rayon lumineux s’approche de laperpendiculaire , tandis qu’il s’en éloigne au contrairedans le passage du verre dans l’air. Alliazen évalue enoutre le rapport des angles d’incidence et de réfractionpour le passage de l’air dans le verre ou du verre dansl’air, et les nombres qu’il trouve diffèrent peu des vé-ritables.Quantaux réfractions astronomiques, il fait voirque les rayons lumineux venant des corps célestes doi-vent se briser ou changer de direction , en entrant dansl’atmosphère, à laquelle il donne des limites, et que cechangement de direction doit faire paraître les astresplus élevés au-dessus de l’horizon qu’ils ne le sont enréalité. Alhazen indique dans la réfraction des rayonssolaires la véritable cause des crépuscules.

En 1270, Vitcllion , géomètre polonais, publia untraité d’optique dans lequel il ne fit guère que classerdans un meilleur ordre les matières traitées par Allia-zen ; nous pouvons en dira auunt des ouvrages de Ro-ger Bacon . Ce n’est que vers le milieu du seizième siè-cle que l’optique a commencé à former une véritablescience.

Maurolicus est un des premiers qui ait ouvert la voie.Dans sou ouvrage intitulé Photismi de lamine et umbni,il fait plusieurs remarques curieuses sur la mesure et lacomparaison des effets de la lumière, sur les diffères*degrés de clarté qu’un objet opaque re çoit des corps

lumineux, selon qu’il est plus ou moins éloigné, et surplusieurs autres phénomènes intéressans. S’il n’a pastoujours rencontré la vérité, on lui doit du moius desindications qui ont épargné beaucoup de fausses tenta-tives à ses successeurs. Maurolicus a très-bien résolu hquestion proposée par Aristote : pourquoi l’image dusoleil reçue à travers un trou quelconque, est semblableà ce trou à une petite distance , mais devient toujourscirculaire à une grande. Phénomène sur lequel lesanciens et Aristote lui-mêine n’avaient débité que desrêveries.

Jean-Baptiste Porta , gentilhomme napolitain, con-temporain de Maurolicus , prépara la découverte dumécanisme de la visiou , par son invention de la China -bre obscure. Dans son livre intitulé Magia naturalis, ilremarque qu’on peut considérer le fond de l’œil commeune chambre obscure , mais il ne donne aucanc suite àcelte idée vraie et heureuse, dont quelques annéesaprès Keppler s’empara pour achever la solution com-plète du problème. C’est dans son Aslronomiœ pars op -tica, ouvrage qui contient des remarques d’optique trèsintéressantes , que ce puissant génie a donné lathéorie de la vision.

En t63y , la dioplrique de Descartes vient changer laface de la science en lui apportant avec sa loi fonda-mentale : le rapport constant des sinus des angles d’in-cidence et de réfraction , une foule de propositionsneuves et utiles, au milieu desquelles il s’en trouvecependant de très-douteuses et même d’absolumentfausses, comme la propagation instantanée de ta lu-mière. O11 a reproché à Descartes d’avoir emprunté àSncllius, sans lui en faire honneur, la dépendance réci-proque des deux angles d’incidence et de réfractiou. Ilest vrai qu’on a trouvé dans les manuscrits laissés parSncllius que ce savant avait reconnu, par expérience,que les cüsccantcs des anglps d’incidence et de réfrac-tion demeurent toujouis dans un rapport constant;mais quoique Descartes ait habité la Hollande peu detemps après la mort de Sncllius, il n’est pas prouvéqu’ij ait eu connaissance de ses manuscrits, et l’on doitsouvenir dans tous les cas que le rapport des sinussubstitué à celui des cosccantes est beaucoup plus com-mode pour le calcul et pré.-entc des avantages auxquelsou doit de belles découvertes ultérieures.

L’ouvrage de Descartes tourna vers i’optique les vueset les recherches de plusieurs savans, et bientôt toutesles branches de cette science reçurent de nouveaux dé-veloppemeus. En i(J63, Jacques Grégory publia souOpUca promala, qui contient diverses propositions cu-rieuses sur la théorie, et des vues ingénieuses pour I eperfectionnement des instrumens, dont les plus imp< u '-Uns étaient déjà inveutés. En 16G7 les leçons d’op tl ~que de Barrow, et en 1678, le traité de la lumière d«