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l’école normale, fut compris parmi les savansqui, en*795, firent partie de la première classe de l’Institut. Ilmourut à Paris , le 1“ janvier 17965 ce fut le célèbreCarnot qui lui succéda.
VAPEUR. Machines a vapeur. Appareils mis eu jeupar la force élastique de l’eau vaporisée, et dont la des-tination est de communiquer le mouvement à toute es-pèce de machines.
L’emploi de la vapeur comme force mécanique neremonte pas à plus d’un siècle : sou application auxmachines locomotives date seulement de 1802, et déjàcet agent a exercé sur les progrès de l’industrie uneinfluence qui ne permet plus de leur assigner des limi-tes. Aujourd’hui, mus par la vapeur , des milliers demétiers façonnent à vil prix les étoffes les plus pré-cieuses , d’énormes fardeaux parcourent avec une ef-frayante célérité les chemins de fer qu’elle a servi à for-ger, et l’Océan, devenu tributaire de sa puissance , sevoit sillonné en tout sens par des vaisseaux que ne peu-vent plus arrêter ni les courans , ni la tempête.
Toutes ces merveilles, accomplies dans un si courtespace de temps, ne sont cependant qu’une faible par-tie de celles que l’on doit espérer d’une force modifia-ble à l’infini et susceptible d’être appliquée dans tousles temps et dans tous les lieux. Aussi pouvons-nousannoncer, sans témérité, qu’un jour viendra où, deve-nuele moteur universel, la vapeur poussera la charrue,creusera les mines, épuisera les eaux stagnantes, et rem-placera enfin le bras de l’homme dans tous les travauxgrossiers et pénibles. Peut-être la verra-t-on encorediriger dans les airs ces légers aérostats , maintenantl’objet d’une curiosité stérile, et appelés dès lors à chan-ger les relations commerciales des peuples.
La conquête d’un agent si puissant est un trop beautitre de gloire pour que nous devions nous étonner dela voir réclamée avec tant de véhémence par la nationqui, jusqu’à cette époque, en a fait les plus nombreusesapplications ; mais quels que soient, sous ce dernierrapport , les justes titres de l’Angleterre à la reconnais-sance du monde civilisé, ses prétentions exclusives sontinadmissibles, et nous croyons devoir constater ici lesdroits delà France , établis d’ailleurs de la manière laplus positive , par M. Arago , dans sa notice sur lesmachines à vapeur, insérée dans Y Annuaire du bureaudes longitudes de l’année 1829 , et reproduite danscelui de cette aunée avec de nouveaux argumens quin admettent pas de réplique. Nous allons seulementposer la question, les chiffres répondront ensuite.
Toute invention technologique peut être considéréesous trois points de vue différons : i° sous celui duprincipe théorique qui lui sert de base; 2° sous celui desa conception primitive; et 3° sous celui de sa réalisa-
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tion définitive ou de sa construction matérielle. La dé-couverte du principe théorique précède nécessairementla conception de la machine, comme cette conceptionprécède elle-même sa réalisation. Si ces trois élémensdistincts ne sont pas l’œuvre d’un seul homme, la prio-rité scientifique appartient évidemment à celui qui adécouvert le principe, mais la priorité technologique ,qui constitue le véritable titre à l’invention, appartientà celui qui a conçu la machine. La réalisation de cettemachine, ses divers perfectionnemens, les moyensnouveaux employés pour lui faire atteindre son but ,quels que soient l’habileté et le génie qu’ils ont pu exi-ger, ne constituent que des titres secondaires, capablesde donner à leurs auteurs une part plus ou moins grandedans la gloire de l’invention, mais qui ne sauraient ja-mais détruire le titre principal.
En appliquant ces considérations aux machines à va-peur, on reconnaît d’abord que la force mécanique dela vapeurde l’eau a été signalée par Aristotect employéepar Héron d’Alexandrie, 120 ans avant l’ère chré-tienne, pour mettre en mouvement un appareil de soninvention ; de sorte que la découverte du principethéorique qui sert de base à ces machines semble se rat-tacher aux premiers progrès des sciences physiques,quoique l’application industrielle, de la force de la va-peur ait une origine bien plus récente. Cette applica-tion industrielle se trouve indiquée pour la premièrefois d’une manière authentique dans l’ouvrage de Sa-lomon de Caus , intitulé lesRaisons des forces mouvantes,et imprimé à Francfort en i 6 i 5. Ce n’est qu’en 1663qu’une application semblable fut signalée par le mar-quis de Worcester, dans son ouvrage : Cenlury of in-ventions. L’idée émise par le marquis de Worcester,d’élever l’eau à l’aide de la vapeur, est identiquementla même que celle de Salomon de Caus publiée qua-rante-huit ans auparavant. Ainsi, jusqu’à ce que desdocumens irrécusables soient produits pour constater lesdroits d’un autre inventeur, il n’est pas possible de re-fuser , dans la question des machines à vapeur, la prio-rité scientifique à Salomon de Caus .
En 1688, Papin adonné, dans les Actes de Leipsick ,la description d’une machine dont il est important debien comprendre les effets pour se rendre compte deceux des machines à vapeur actuelles. Qu’on imagineun cylindre vertical (PI. 3o, fig. 4 ) ouvert à sa partiesupérieure, et dont la partie inférieure, exactementfermée , porte une soupape susceptible de s’ouvrir debas en haut. Qu’on imagine en outre un piston mobilePqui se meut librement dans le cylindre, tout en le bou-chant hermétiquement. Si la soupape est ouverte, lespressions extérieure et intérieure de l’air atmosphériquese faisant équilibre , le piston P descendra dans le cv-indre, mais seulement en vertu de son propre poids,