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[Tome deuxième.]
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èt il suffira d’un effort très-peu supérieur à ce poidspour faire remonter le piston jusqu’au haut du cylin-dre. Parvenu ainsi à l’extrémité de sa course , si l’onferme la soupape et qu’on abandonne le piston à lui-même , la résistance de l’air intérieur l’empêchera deredescendre , tandis qu’il est évident que , si par unmoyen quelconque , on anéantit tout à coup l’airintérieur, la pression de l’air extérieur, agissant sur lepistou avec tout le poids de la colonne atmosphériquedont il est la base, le fera nécessairement descendre ; etsi on le suppose attaché à l’un des bras d’un levierdont l’autre supporte un poids Q égal à celui de la co-lonne atmosphérique, il entraînera évidemment cepoids dans sa chute.

Imaginons maintenant qu’à l’instant où le piston tou-che le fond du cylindre on ouvre la soupape, l’atmo-sphère, par sa pression égale en tous sens, viendra agirsous le piston et fera équilibre à la pression qui agitdessus : alors non seulement le poids Q le fera remonterà l’extrémité supérieure du cylindre; mais, abstractionfaite de ce poids, il suffira, comme nous l’avons ditplus luut, d’un très-petiteffort pour produire cet effet.On pourra donc soulever toujours le piston avec unepetite force, tandis que sa descente pourra entraînerles plus grands poids. En effet le poids de la colonneatmosphérique est égal à celui de la colonne de mer-cure de même base à laquelle elle fait équilibre , c’est-à-dire à celui d’une colonne de mercure de 76 centimè-tres de hauteur (28 pouces 1 ligne). (Voy. Hydrostati-que, 17.) Donc, en admettant quele piston ait un mètrede diamètre, le poids de la colonne atmosphériquequi agit sur lui est égal au poids d’un cylindre demercure dontle volume est 7r.(o'' , ,5) J .(o'"'j6) mètres cubes(voy. Cylindre), ou 0,5969mètre cube; et comme lespoids du mètre cube de mercure = 1 35 g 8 kilogram-mes, celui du cylindre de mercure sera de 8117 kilo-grammes : ainsi chaque descente du piston pourra sou-lever 8117 kilogrammes.

Parmi les divers moyens proposés par Papin pourproduire le vide sous le piston , celui de la vapeur del’eau est indiqué, comme le plus efficace , dans son Re-cueil de diverses pièces touchant quelques nouvelles in-ventions, imprimé à Cassel, en i 6 g 5 : et l’on trouve deplus, dans cet ouvrage, la description d’un petit appa-reil que Papin avait construit quelques années aupa-ravant, appareil qui présente la première réalisationmatérielle des machines à vapeur; car dfe l’eau renfer-mée dans le cylindre même y est vaporisée et conden-sée, et, par cette action alternative, fait successivementmonter et descendre le piston. ’

En comparant les dates citées jusqu’ici avec celles desinventions dont nous allons parler, il résulte rigoureu-sement que la conception primitive de la machine à

vapeur, dite machine atmosphérique , appartient àPapin.

La priorité scientifique et la priorité technologiqueétant ainsi assurées à deux français, Salomon de Caus et Papin , notre impartialité nous fait un devoir de dé-clarer que là se borne la part que la France peut ré-clamer dans l’invention des machines à vapeur, etqu’arrivés à la réalisation définitive de ces machines, ilne nous reste plus à citer que des noms anglais .

C’est en 1705 que Newcomen et Cauley, simples ou-vriers à Darinouth, dans le Devonshire , réalisèrentcomplètement l’ingénieuse idée de Papin, du mouve-ment d’un piston dans un cylindre par l’action alterna-tive de la vapeur, et leur machine connue sous le nomde machine de Newcomen ou de machine atmosphéri-que est la première dont les services réels ont commencéla nouvelle ère de l’industrie. Sept ans auparavant, en1698 , le capitaine Savery avait construit une machinesur les mêmes principes ; mais ses tentatives n’ayant euqu’un succès incomplet, il finit par s’associer avec New-comen et Cauley pour l’exploitation de la patente quileur fut concédée. Nous allons indiquer succinctementla disposition et le jeu , tant de la machine de Newco-men que des principales machines perfectionnées con-struites depuis.

Dans la machine de Newcomen (PI. 4 », fig. 4 ) , le pis-ton P et le poids Q sont attachés à deux chaînes suspen-dues au bras du balancier AB. Quand le vide est faitsous le piston P , la pression atmosphérique maintientce piston au bas du cylindre où il se meut. La vapeurfournie par une chaudière extérieure venant à affluersous le piston , le poids Q descend librement quand latension de la vapeur fait équilibre à la pression atmo-sphérique. Le piston étant arrivé au haut de sa course,un jet d’eau foide condense la vapeur dans le cylindre,le vide sc forme et le piston redescend.

Cette machine, ne pouvant que soulever un contre-poids et le laisser retomber alternativement, n’a été em-ployée qu’à mouvoir des pompes. La condensation faitedaus le cylindre même a l'inconvénient d’y causer unrefroidissement considérable qui diminue la forceélastique de la vapeur affluente.

Les premières machines de l’illustre James Watt »dont les nombreuses inventions sont autant de progrèspour l’emploi de la vapeur, datent de 1769. Elles dif-fèrent de la précédente en ce que le cylindre est ferm epar le haut et que ce n’est plus la pression atmosphéri-que qui fait descendre le piston. Pour le faire baisserquand le vide est formé sous lui, on fait affluer la vapeur par la soupape m. (PI. 40 , fig. 5 .) Parvenu a‘ lbas de sa course, on fait alors affluer la vapeur p alsoupape n. Le pistou étant également pressé sutdeux faces, remonte par l’action du contre-poid j