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grand intérêt : elle est remplie de mots techni-ques qui devraient trouver place dans les lexi-ques italiens et que la Crusca n’a pas indiquésquoique elle ait cité cet ouvrage. Le troisièmelivre de cette chirurgie porte en latin untitre ( i ) qui suffirait à lui seul, pour fixer lasignification si long-temps, et si mal-à-proposcontestée, du mot algèbre. Ce mot qui vientde l’arabe et qui signifie restauration avait déjàpassé à cette époque en Occident , avec toutes lesacceptions qu’il avait dans sa langue originaire^).En mathématique, il indiquait le passage ou lerétablissement d’une quantité qui était néga-
(1) « Liber tertius de algebra, id est restauratione conve-nienti circa fracturant et dissolutionem ossiurn » (Guilielmide Saliccto Placentini Chirurgia, inter Scriptores de Chirur-gia, Yenetiis, i546, in-fol. f. 34i). —Gui de Chauliac et Lan-franc de Milan ont employé le mot algebra dans le mêmesens (Scriptores de Chirurgia, fol. 20/j, 208, 25 a, etc.). EtGui de Chauliac a même employé dans sa chirurgie le motéquation dans un sens chirurgical (ibid. f. 52 ). Avec cette signi-fication , ce mot manque au glossaire de Ducange et au sup-plément de Carpentier. Voyez aussi Sylvatici, opuspandec-tarum, f. 12. — Simonis januensis , clavis sanationis, f. 5 .
(2) Un passage de Motenabbi, cité par M. Rosen,prouve que, même eu Arabe, le verbe d’où dérive le sub-stantif jebr, signifie aussi remettre un membre fracturéMohammedbcn Musa, algebra, p. 177-178).