ESQUISSE HISTORIQUE DE L’ÉLECTRICITÉ. 1 03
l’une contre l’autre. C’est de la même cause que provientl’impossibilité où l’on est, de faire passer au travers desconducteurs imparfaits , tels que les liquides , le courantqui résulte du frottement de deux métaux. Il faut mêmeavoir soin que le fil du galvanomètre que l’on emploiepour percevoir ce courant, ne soit pas trop long, decrainte qu’il ne mette un obstacle à la libre transmissiondu fluide électrique.
Les observations dont nous venons de rendre compte,jointes à quelques autres relatives aux effets électriquesqui sont produits dans le frottement des corps mauvaisconducteurs, amènent M. Becquerel à croire que le phé-nomène du dégagement de l’électricité par le frottement,est intimément lié à celui du dégagement de la chaleur;du moins il paraîtrait que ce sont deux effets concomi-tans qui ont toujours lieu quand on ébranle la matière ,et qui dépendent, surtout le premier, de la structure descorps sur lesquels on opère. Quoiqu’on n’ait pu encorelier ces effets autrement que par l’analogie qui existeentr’eux sous le rapport de leur origine , M. B. observequ’il doit y avoir entr’eux d’autres rapports dont la re-cherche est digne de fixer l’attention des physiciens ; ilcroit même pouvoir déjà établir, d’après les expériencesqu’il a faites, que ce sont en général les surfaces les plusébranlées qui s’échauffent le plus et qui prennent l’élec-tricité négative.
Je viens de faire moi-même dernièrement quelquesexpériences sur les effets électriques de tension , qu’onobtient en frottant les métaux avec des conducteurs im-parfaits, tels que les doigts , le bois, le liège, l’ivoire,