106 PHYSIQUE.
L’exposé rapide que nous venons de tracer, nous mon-tre que l’étude des phénomènes électriques qui accom-pagnent les actions mécaniques, est encore bien peu avan-cée. Il nous fait voir que, s’il en est de meme pour l’é-tude des effets thermo-électriques, il y a cependant cettegrande différence entre ces deux modes de productionde l’électricité, que l’on est du moins pour ce dernier,l’action calorifique, sur la voie qui doit conduire à la dé-couverte des lois qui le régissent, tandis que pour le premier,l’action mécanique, à peine ose-t-on dire qu’on les entre-voit. Probablement cette ignorance tient-elle au peu denotions justes que l’on a encore sur la constitution molé-culaire des corps, et sur la nature, ainsi que sur le jeu,des forces qui exercent une influence sur elle.
3° Influence des actions chimiques sur la production de l'électricité.
Lavoisier et Laplace avaient aperçu quelques traces d’é-lectricité dans l’action qu’exerce sur le zinc , l’acidc sulfu-rique étendu d’eau ; Fabroni, Wollaston etParrot avaientattribué aux actions que les liquides exercent sur les mé-taux , le développement de l’électricité voltaïque ; maisavant la découverte du galvanomètre multiplicateur, onn’avait pas réussi à prouver par des expériences directeset concluantes, que toute action chimique donne naissanceà un courant électrique.
C’est en 1823 que trois physiciens parvinrent, chacunde leur côté à peu près en même temps, à démon-trer ce principe important. OErsted (1) fit voir que, si
( 1 ) Ann. de Ch. et de Phys. T. XXII, p. 3G3.