22 HISTOIRE PHILOSOPHIQUE
Aristote ; et néanmoins il attribue à une aver-sion imaginaire de la nature pour le vide, desphénomènes qui dépendent visiblement de lapression de ce fluide. Tel est celui que pré-sentent ces espèces d’arrosoirs- (i), qui s’é-coulent ou s’arrêtent, suivant qu’on laisse l’ori-fice ouvert, ou qu’on le bouche avec le doigt ;telle est l’ascension d’un liquide qué renfermel’extrémité d’un tube dont on aspire l’air parl’autre extrémité. Une erreur aussi grossièredevroit sans doute exciter de la surprise , sil’histoire des sciences ne nous montrait fré-quemment des génies du premier ordre, mé-connoissant des vérités exposées, pour ainsidire , à leurs regards.
Aristote fait circuler le soleil et les pla-nètes autour de la terre immobile au centredu monde, et dont la rondeur ne peut pa-raître équivoque , si l’on observe la formecirculaire de l’ombre qu’elle projette sur lalune (2). Ce serait ici le lieu de développer les
( 1 ) ArUtot., Phys., cap. 6.
(3) Aristot., tom. 1, lib. 2, de Cœlo , cap. 14 ,pag, 666.