26 histoire philosophiquetrès embrasées ; tantôt à une flamme dont unefumée épaisse et des vapeurs grossières altèrentl’activité. Le pourpre, le rouge vif, et la cou-leur de sang, sont l’ornement favori de ce ma-gnifique météore, qui n’étoit propre qu’à ins-pirer des' alarmes, dans un siècle infecté par lesouffle des préjugés (i).
Des axiomes séduisans, des définitions tou-jours obscures, souvent même inintelligibles ,une dialectique hérissée de sophismes captieux,un monde bâti de catégories et souvent em-barrassé dans la frivole distinction d’acte et depuissance ; enfin, des hypothèses qui portentl’empreinte ineffaçable de l’erreur : tels sont,j’ose le dire , les principaux traits qui com-posent le tableau de la doctrine d’Aristote sousle rapport de la Physique. Aristçte n’en est pa6moins un grand homme. Les plus grandes er-reurs annoncent souvent les plus hautes con-ceptions, et sous ce rapport elles caractérisentle génie. Pour juger sainement Aristote , il fautremonter à l’époque où ses opinions ont prisnaissance ; il faut considérer l’état de foiblesseoù la Physique étoit réduite dans ces temps
(1) Aristot ., Meteor ., lib . 4 , p. 5 .