PRÉFACE. ii
ployer la mesure du module, parcequ’elle indique implicitement un système , etque même assez fréquemment elle induit l’auteur à en adopter un. Au reste, toutartiste peut, d après nos mesures, établir tel module ou telle division modulairequ’il jugera à propos ( 0 .
Il n’est pas inutile d’observer ici que nous étions munis d’instruments faits àLondres par les meilleurs artistes, entre autres d’une règle de cuivre, de troispieds de longueur, divisée avec la plus grande exactitude par M. Bird.
Il y avait environ deux mois que nous étions à Athènes lorsque MM. Dawkinset Wood y arrivèrent ; maïs nous n’eûmes pas le bonheur de voir avec eux M. Bou-verie : ce voyageur est mort dans l’Asie mineure, et n’a jamais visité les antiquitésd’Athènes , ni celles de Balbec et de Palmyre . C’est sans doute pour avoir ignorécette circonstance, que M. Piranesi ( 1 2 ), artiste italien très - distingué, croit pouvoirciter un passage d’une lettre écrite d’Ephèse et attribuée à M. Bouverie, commeune autorité suffisante pour prouver qu’il n’existe plus dans les villes de la Grèce ,ou dans toute autre partie du Levant, de restes de monuments antiques quisoient dignes de notre attention : en effet, cette lettre ne pouvait tout au plusdésigner que les lieux où M. Bouverie avait réellement porté ses recherches.
Nous quittâmes Athènes à la fin de 1753, et nous allâmes à Thessalonique ,aujourd’hui nommée Salonique , où M. Paradise, consul d’Angleterre, nous pro-digua pendant plusieurs mois tous les soins de la plus obligeante hospitalité.Nous y dessinâmes une colonnade d’ordre corinthien, également remarquablepar sa beauté et par son ancienneté ( 3 ). Nous aurions ajouté à ce précieux débrisquelques autres monuments que l’on croit appartenir au temps de Théodose ( 4 ) ;mais une peste violente qui se déclara pendant notre séjour, rendit bientôt nostravaux si dangereux que nous nous vîmes forcés de les abandonner. En nous
(1) A l’égard des cotes rapportées sur les planches d’ar-chitecture , il est nécessaire d’observer qu’après avoirindiqué la mesure de chaque moulure prise séparément,on a- encore indiqué la hauteur totale du bloc sur lequelplusieurs moulures se trouvent réunies. Il en résultequelquefois de légères différences entre la hauteur géné-rale et la somme des hauteurs particulières d’une sériede moulures. Note tirée de l'errata du. I er volume deStuart.
( 2 ) Dans son dernier ouvrage intitulé, Délia magnifi-cenza ed architettura de ’ romani, opéra di Gio BattistaPiranesi, socio délia reale academia di Londra. Borna ,MDCCLXI. Nous opposerons à cette lettre, qu’avant dese rendre à Ephèse , M. Bouverie avait voyagé dans toutle nord de l’Asie mineure , et qu’en voyant le grandnombre de monuments anciens aussi remarquables parleur importance que par leur beauté, que présentent en-core Cyzique , Pergame , Sardes, Teios, etc., il n’avaitcessé d’exprimer le sentiment de la plus vive admiration.A Ephèse , outre quelques vestiges du fameux templede Diane, il vit encore les restes d’un temple d’un travailexquis , et dont les colonnes , d’environ cinq pieds de
diamètre, présentent le plus riche modèle de l’ordre Corinthien
qui existe peut-être en aucun lieu(*). Aprèsqu’il eut quitté la ville d’Ephèse , Samos , Milet , Priene et Magnésie sur le Méandre, aujourd’hui nommée Guzel-Hissar, le Beau-Château, déployèrent successivement à sesyeux une scène non moins riche en antiquités. C’est danscette dernière ville qu’il termina sa carrière, au grandregret de tous ceux qui l’avaient connu. Le public jouiradu plaisir d’admirer le grand nombre et la beauté desrestes de monuments antiques que présente encore l’Asiemineure, lorsque les travaux de M. Wood lui permettrontde mettre au jour cette partie de ses voyages (**).
(3) Ce monument fait partie du troisième volume.Note du traducteur.
(4) On en trouve la représentation dans l’ouvrage dePococke, tome 2 de l’édition anglaise. Note du traducteur.
(*) Il y a apparence que ces colonnes sont celles dont M. de Choiseula donné le dessin dans son 'voyage pittoresque de la Grèce , tomepage *97, PL 122. Note du traducteur .
(**) M. Wood n’a pas publié son voyage dans l’Asie mineure ; maison peut voir la pins grande partie des monuments antiques qui existentdans cette contrée, dans le •voyage de Pococke, dans le •voyage pittoresquede la Grèce de M. de Choiseul, et surtout dans les antiquités d'Ionie , dontnous publierons une traduction à la suite de celle de Stuart. Note dutraducteur.