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Tome second.
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EJYfRE SULLY ET COLBERT . n

rite le juge sur le bonheur quil a fait naîtreplus que sur ses ouvrages éclatans; si son pre-mier mérite est sur-tout dans le courage quila de dire au souverain la vérité, alors sansdoute Sully fut au-dessus de Colbert , et Vol­ taire , dans ses éloges, se laissa entraîner parses préventions, qui lui inspiraient un senti-ment de préférence en faveur de celui quiprotégeait particulièrement la classe des hom-mes de lettres à laquelle il appartenait.

La vérité, délivrée des obstacles qui la re-tiennent et des nuages qui lentourent, arrivesur les pas du temps ; elle nous représente au-jourdhui le surintendant des finances deHenri IV et le contrôleur-général des financesde Louis XIV sous les traits qui caractérisentleurs talens et leurs vertus : Sully, maîtrisantson génie, sattachait aux avantages fixes; il

appelle Henri IVun roi parcimonieux. Cette épithète neconvenait pas h celui qui était le père de son peuple,qui ne sut jamais résister aux larmes du malheureux,et qui, dans un règne trop court, éleva, sans ruinerlEtat, beaucoup dinstitutions utiles.