uî8 APERÇU SUR LES COLONIESest divisée en lambeaux, parce que l’envie s’ar-rête là où la propriété, par sa nature, n’estpas susceptible de s’étendre. Un des gravesinconvéniens d’un pays où la propriété estmorcelée, c’est que le travail n’y est jamaisassuré, parce que, dans les années de disette,la crainte retient le petit propriétaire, et qu’ilfait lui-même au lieu de faire faire ; et que,dans les années d’abondance, la main-d’œuvrelui manque aussi, parce qu’il n’est entouréque de propriétaires qui, comme lui, ne sesoucient pas d’aller cultiver le champ d’autrui.Dans les colonies agricoles, au contraire, lamain-d’œuvre ne manque jamais ; une admi-nistration prévoyante a préparé du travailpour les différens âges et les différens sexes,et l’avenir y est toujours assuré, parce que lamain du fondateur s’occupe d’amasser le fondsde réserve destiné à soutenir tous ces petitsfermiers dans les années de calamité.
Le lecteur judicieux distinguera sans doutedans l’ensemble de'ce travail deux idées, qui,au premier aspect, semblent se présenter sousune parfaite synonymie, et qui cependant sont