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RÉSUMÉ DE L’HISTOIRE DE FRANCE.
Philippe le Bel était parvenu à rendre le pouvoirroyal assez absolu ; il l’avait affranchi de celui du pape,et il l’avait fortifié en convoquant les états générauxqui n’avaient encore aucune idée de leurs droits. Larivalité des trois ordres ne pouvait qu’assurer la pré-,pondérance du roi : les états ne sc croyaient qu’unconseil destiné à enregistrer ses volontés. Ici ils vontprendre une autre attitude. Nous ne parlerons pas desétats de la Langue-d’Oc, convoqués dans le midi de laFrance . Ceux du nord ou do la Langue d’Oil ont ouplus d’influence sur les affaires. Les états de 1555agirent d’après ce principe que le roi n’avait droitd’exiger aucun impôt sans le consentement de la na-tion représentée par eux. Ils voulurent en faire eux-mêmes la perception et l’emploi : ils envoyèrent dansles bailliages des députés avec le titre d’élus chargésde la perception. Ils nommèrent une commission per-manente, composée de trois membres de chaque ordre,pour surveiller l’administration du roi pendant la va-cance des sessions. Ils prirent les plus grandes pré-cautions pour garantir l’utile emploi des fonds excé-dants , et pour tracer au roi la limite des dépenses.Ils décrétèrent une forte levée et la mise en campagnede la milice des communes.
Le prince de Galles, dit prince Noir, fils d’Édouard,et l’un des héros de ce temps, vint alors ravager laFrance . Retranché avec huit mille hommes dans unlieu avantageux près Poitiers , et attaqué par Jean quien avait soixante mille, il le battit complètement et lefit prisonnier. Charles, dauphin, convoqua les états,et cette fois encore, organes de la nation, ils parurentavoir le sentiment de ses droits. Ils étaient forts del’unanimité du mécontentement. Ils ordonnèrent uneenquête sur les causes des plaintes du peuple. Unévêque, nommé Lecocq, et Marcel, prévôt des mar-chands, présidaient la commission. On n’accorda lessubsides que sous des conditions imposées à la cour :les ministres et les conseillers devaient être remplacéspar des députés choisis dans les trois ordres. La cour,offensée, essaya de faire percevoir les impôts sans l’au-torisation des états : le peuple refusa de les payer. Onconvoqua de nouveau les états généraux (1556), et ilfallut en passer par les conditions imposées.
Le dauphin essaya un moyen de faire de l’argent queses prédécesseurs avaient souvent employé, l’altérationdes monnaies, moyen ruineux pour le peuple. Celui deParis se révolta sous la conduite de Marcel. Le roi deNavarre, qui avait été emprisonné par le roi, s’échappa,et vint soutenir l’insurrection. Le peuple était haran-gué tour à tour par lui, par le dauphin et par Marcel.Celui-ci avait le plus de popularité : il était patrioteet né dans la bourgeoisie. Charles le Mauvais était unambitieux turbulent dont on se servait. Paris était unevraie démocratie. Les révoltés avaient pour signe deralliement un chaperon rouge et bleu. Marcel com-mençait déjà à former une fédération des villes deFrance avec la capitale, lorsque le dauphin, ayant prisle titre de régent, s’évada et alla à Compiègne convo-quer des états généraux (1558).
Alors la France était dans une grande confusion.Profitant du désordre, la noblesse essaya de replacerles paysans sous l’ancien joug de fer : ceux-ci, armésde fourches et de bâtons, pillèrent les châteaux, mas-sacrèrent les nobles, qui, se formant en corps de trou-pes, écliarpèrent à leur tour des hommes mal arméset sans discipline. Cette guerre d’extermination s’ap-pela Jacquerie, du nom des jacks ou jaquettes queportaient les paysans armés.
l)es excès de l’anarchie et des maux de la guerrecivile au retour du pouvoir absolu, il n’y a qu’un pas :alors on cède tout par lassitude. Les états de Com-piègne le prouvèrent. On accorda, il est vrai, lesimpôts à titre iVaides et de dons gratuits, mais oncassa tout ce qu’avaient fait les états précédents commel’ouvrage de séditieux et de traîtres. Plusieurs dépu-tés furent condamnés à mort. Paris bloqué se soumit.Marcel y fut assassiné et le régent y fit son entrée.
Un traité avec l’Angleterre (1360) rendait la libertéà Jean moyennant la cession de la moitié du royaumeet quatre millions d’écus d’or; mais on obtint que larançon du roi coûterait seulement le tiers de la France et trois millions d’écus. Ne pouvant parvenir à com-pléter cette somme énorme qui ruina le pays, Jeanretourna à Londres où il mourut. Il était scrupuleuxsur l’honneur; il disait que, si la bonne foi étaitexilée, elle devrait se réfugier dans le cœur des rois.On répète souvent ce mot ; tous les rois feraient biende s’en pénétrer. Ayant acquis la Bourgogne par héri-tage , Jean la donna en apanage à l’un de ses fils : ainsicommença la fameuse maison de Bourgogne . Ce mau-vais système des apanages ne faisait que diviser etaffaiblir la France , qui était déjà bien faible sans qu’ilfût nécessaire de la réduire encore.
CHAULES V. DUGUESCLIN. LE POUVOIR ROÏAL REPREND LASOUVERAINETÉ. QUATORZIÈME SIÈCLE.
Quand Charles V monta sur le trône (-1304), toutétait à réparer; il répara beaucoup : il était prudentet habile. Il savait choisir les hommes et les employer.Charles le Mauvais ne cessait de conspirer et de nuire.Un excellent homme de guerre, Duguesclin, lui futopposé et le battit. La guerre continuait toujours enBretagne avec fureur. Montfort, soutenu par les An-glais , ayant remporté une victoire où Duguesclin futfait prisonnier, on fit la paix. Dans ces temps, la castedes gens de guerre était un lléau de la population. SiDieu était homme d’armes, disait naïvement l’Anglais Talbot, il serait pillard. Quand on licenciait les com-pagnies, il semblait qu’on déchaînât des bêtes féroces;il fallait recommencer la guerre pour les combattre :ainsi, la paix était une nouvelle cause de guerre. Il yavait une campagne à faire en Espagne . Duguesclin y futenvoyé à la tète des compagnies qu’on rengagea pouren délivrer la France ; il fut encore fait prisonnier dansune bataille par le prince Noir.
Charles V avait relevé le trésor par ses économies.Les habitants de la Guienne étaient mécontents des