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Tome I.
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HÉSUMÉ DE L’HISTOIRE DE FRANCE.

Anglais : il crut devoir saisir l’occasion ; il déclara laguerre (îr.Gl). Grâce à Duguesclin, elle fut heureuse.

La cour des pairs condamna les princes anglais commedes .vassaux rebelles, et confisqua leurs provinces fran-çaises . Duguesclin, nommé connétable, exécuta cetarrêt, cliassa les Anglais de la France , et les battit enBretagne où ils avaient le duc pour allié. Quatorzecents villes fermées et trois mille forteresses furentévacuées en Aquitaine seulement. De nouvelles trahi-sons du roi de Navarre, une guerre impolitique et lon-gue, entreprise contre le duc de Bretagne qui fut puis-samment soutenu par ses sujets et par les Anglais , Iremplissent la fin du régne de Charles V . Le schismed’Occident eut lieu de son temps. Lorsque le siègepontifical fut transféré d’Avignon à Rome , il y eutdeux et trois papes élus à la fois : les rois prirentparti pour l’un ou pour l’autre. Il y eut beaucoup dedisputes, de guerres et de scandales dans la chré-tienté.

Quand Charles V fut roi, il n’assembla plus les états;il se souvenait de leur résistance : les princes n’ou-blient jamais cela. Il se borna à tenir au parlement deslits de justice, où il faisait approuver les lois aprèsavoir demandé conseil. Son administration fut, dit-on,paternelle. Les hisloriens l’ont surnommé le Sage. 11songea plus à affermir l’autorité royale qu’à faire jouirle peuple de la liberté ; aussi les philosophes l’ont-ilsblâmé sévèrement. Au reste, les meilleurs rois tendentà agrandir leur autorité; les aristocrates les plus rai-sonnables veulent des privilèges ou une supérioritéd’influence; les peuples les plus moraux se laissententraîner à des excès lorsqu’ils essayent de réparer parla force les injustices de l’état social et les inégalitésdu sort : de bonnes lois seules sont incorruptibles etsans passion.

Comme les rois de ce temps-là, Charles avait prèsde lui un fou, espèce de bouffon chargé de faire rirele prince et sa cour. Au lieu de fous pour les égayer,les rois eussent fait mieux d’avoir près d’eux des sagespour les attrister sur le sort des malheureux.

Dans ce siècle (le quatorzième), l’esprit humainfaisait des progrès insensibles. Tandis que les capu-cins se disputaient, et même se battaient pour avoirdes capuchons ronds ou pointus, un Napolitain inven-tait la boussole. Charles \ encouragea l’enseignement;il rassembla neuf cents volumes, qui à la vérité ne trai-taient que d’astrologie. Les universités se multi-pliaient ; mais on ne s’y occupait que de théologie et dedialectique, c’est-à-dire qu’on y parlait beaucoup sanss'entendre. On traduisait en français du temps Salluste ,César et d’autres ouvrages latins conservés par quel-ques monastères : le service que les moines ont rendu

à 1 esprit humain est d’avoir été ses bibliothécaires etses copistes.

ÉTATS. MINORITÉ DE CHARTES VI. SA DÉMENCE. GUERRE CIVILE.

"Voici l’un des règnes les plus malheureux de notrehistoire (1580). Charles VI était mineur ; ses oncles,

frères du roi précédent, se disputèrent la régence. Leduc d’Anjou, qui l’obtint, en profita pour s’enrichirde rapines. 11 pilla complètement le trésor au momentoù le roi entrait dans sa majorité. Les Parisiens se sou-levèrent et refusèrent de payer les impôts. Le gouver-nement intimidé, feignit de les supprimer par uneordonnance, et convoqua les étals. Ceux-ci accordèrentdes subsides : la cour voulut en établir d’autres arbi-trairement ; le peuple massacra les fonctionnaires. Denouveaux états proclamèrent le principe de l’illégalitédes impôts non consentis. On fit venir des troupes dansla banlieue, qui fut livrée à un affreux pillage. Paris n’y échappa qu’en payant une forte somme. Le roi, re-venant de la Flandre , où une révolte contre le duc a\ aitété réprimée par le carnage, entra à Paris à la tète deson armée (1583), fit arrêter les plus riches bourgeois,en fit exécuter plusieurs, parmi lesquels on cite unmagistrat vénérable et septuagénaire, déclara quetout méritait la mort, et voulut bien se contenter d’unecontribution énorme. La guerre continuait en Flandre ;on fut sur le point de la porter en Bretagne , pour ven-ger l’arrestation, par surprise, du connétable deClisson. On fit une ridicule expédition contre le ducde Gueldres, qui avait porté un défi au roi. Voulantsecouer le joug jde ses deux oncles, ce prince essaya,en 1588, de gouverner lui-même, en mettant Clissonà la tête des affaires. Le duc de Bourbon (descendantde Louis IX par une branche cadette), de retour d’uneexpédition plus brillante qu’utile, faite en Afrique contre les musulmans, exalta la tête du roi, qui en-tretint quelque temps un chimérique projet de croi-sade , mais qui alla seulement en Italie pour soutenirl’un des deux papes.

A cette époque (1592), le baron de Craon, l’un despuissants scélérats qui jouissaient de l’impunité enFrance, assassina Clisson, et se réfugia en Bretagne où il avait l’appui du duc. Le roi, ne pouvant se lefaire livrer, marcha avec une armée. Lorsqu’il passaitdans la forêt du Mans, un homme drapé de blanc etd’une figure hideuse, sortant d’un buisson, saisit soncheval et cria : Roi, ne va pas plus avant; lu estrahi! 11 n’en fallait pas tant pour troubler le faiblecerveau de Charles VI . Il devint fou furieux. Revenuquelque temps après à la raison, il retomba, à l’issued’un bal masqué où le feu prit à ses habits. Ce fut envain qu’un prétendu magicien essaya de le guérir ; iln’eut plus que des intervalles lucides. Cette démencedu roi fut le signal des plus affreuses discordes. Heu-reusement on conclut une trêve avec les Anglais (1595).Richard II épousa la fille de Charles VI .

Deux moines, qui s’étaient vantés de guérir le roi,ayant encore accru sa maladie, furent exécutés sur laplace de Grève, parce qu’ils avaient fait naître dessoupçons atroces sur le duc d’Orléans, son frère uni-que. Cependant ces soupçons se reproduisirent; onaccusa la duchesse, qui était milanaise, d’avoir mêmetenté d’empoisonner le dauphin ; le duc passa pouravoir employé des maléfices contre son frère, et pourentretenir de coupables intelligences avec la reine