XXVIII
RÉSUMÉ DE L’HISTOIRE DE FRANCE.
laire, contre celui-ci lui-même, lorsqu’on le tient. Cecoup échoua. La bataille de Saint-Denis eut lieu peuaprès (1567); la victoire y fut incertaine. Monlmo-renci y périt. Après un traité, la guerre recommença.Aidés par les protestants d’Allemagne et d’Angleterre,les calvinistes livrèrent bataille h Jarnac, et furentvaincus par le duc d’Anjou, frère du roi ( 1569 ). Là ,Condé fut assassiné sur le champ de bataille , en serendant. Coligny, chef prudent, répara cette défaite,et rallia les forces-. Le jeune Henri de Navarre , qu’ilformait à la guerre, fut placé à la tète du parti ; le ducd’Anjou fut encore vainqueur à Montconlour.
Cependant, après ces deux échecs, les protestantsfirent encore une paix avantageuse ; mais cette paixétait perfide. Après leur avoir accordé quatre villes desûreté , et la liberté civile et religieuse, Catherineattira les chefs à la cour, et leur donna une fausse sé-curité. Le jeune Henri vint épouser la sœur du roi. Onsortait à peine des fêtes , quanti tout à coup, dans unenuit (1572), les royalistes enfoncent les maisons deshuguenots, et les massacrent sans distinction d’âge nide sexe. Le Louvre est ensanglanté ; l’infâme roi tirede son balcon sur les Français . Au même instant lesmêmes horreurs se répétaient dans plusieurs provin-ces ; et, au milieu de ces vertiges d’atrocité, on esttout étonné d’admirer deux officiers du roi ( d’Ortlieet Curzay ), qui refusent de lui servir de bourreaux.L’illustre vieillard Coligny est immolé; et, à cette oc-casion , Charles IX dit : Un ennemi mort sent toujoursbon; mot horrible qui n’a pas même le mérite d’êtreneuf. On force Henri et le nouveau Condé à une abju-ration subite. Le roi avoue hautement que tout a étéfait par ses ordres ; le parlement applaudit, et décrèteune procession annuelle pour fêter ce massacre de centmille Français . 11 suffit aujourd’hui de nommer laSaint-Barthélemy pour exciter l’horreur ; et cepen-dant cette journée a des apologistes.
L’effet des persécutions et des cruautés est infailli-ble ; les martyrs engendrent des prosélytes ; le sangdes protestants les multiplia. La guerre étant rallumée(1573), le duc d’Anjou perdit vingt-quatre mille hom-mes au siège de La Rochelle . Partout les femmes elles-mêmes se battaient à outrance. L’année suivante, seforma le parti des malconlenls, auquel les huguenotsse joignirent, et l’on se battit encore. Sur ces entre-faites , le roi mourut (1574). On apprend avec surpriseque ce monstre avait de l’esprit, faisait des vers etprotégeait les lettres.
Ce fut sous ce règne que fut terminé le long concilede Trente , où l’on s’occupa d’étiquettes diplomatiques,et où l’on condamna les protestants. Alors aussi lesBelges et les Hollandais s’insurgèrent contre le des-pote catholique Philippe II. D’Albe , son général, exer-çait là des rigueurs horribles contre les huguenots,qu’on appelait des gueux. Mais ces gueux ont su ré-sister et former le pays le plus riche et le plus indus-trieux de l’Europe. — Un homme tel que l’Hospital était un ange tutélaire dans ces temps de calamités.Au milieu des discordes sanglantes, il améliora la lé-
gislation civile : il mourut dans la disgrâce. — Lesmœurs de cette époque sont un mélange de corruptionet de barbarie. Le cynisme se joignait à la supersti-tion , et la débauche au crime. — Par ordonnance de1564, l’année, dont le commencement était à Pâques ,et, par conséquent, variait tous les ans, s’ouvrit ré-gulièrement au 1 er janvier. Le parlement rejeta cetteréforme pendant trois ans : il eut toujours de l’antipa-thie pour les nouveautés utiles.
IA LIGUE. LES SEIZE. Il EX RI III.
Le duc d’Anjou , qui venait d’aller en Pologne où onl’avait élu roi, revint en France sous le nom de Henri III .Il s’était montré heureux chef d’armée : il fut un roitrès-nul, paresseux, futile, faux dévot, et livré à d’in-fâmes débauches. On lui conseilla déménager les cal-vinistes : il se déclara contre eux. Son frère,.le ducd’Anjou, et Henri de Navarre, qui fut plus tard Henri IV ,s’unirent contre lui. Les calvinistes obtinrent des avan-tages politiques dans un édit de pacification de 1376.Alors la sainte ligue se forma. C’était une fédérationde ce qu’on pourrait nommer les ultra-catholiques : ilss’engageaient à défendre la religion et le roi, en obéis-sant aveuglément à leur chef, Henri de Guise , dit leBalafré. On convoqua les états à Blois . Les ligueurs ydominèrent : le roi autorisa la ligue (1576). On pritles armes, et les partis s’observèrent. Cependant lesligueurs commencèrent à ne plus ménager le roi lui-même. Ils consultèrent le pape pour savoir si l’on pou-vait désobéir au roi pour le bien de la religion; il ré-pondit affirmativement. Guise mit en avant le vieuxcardinal de Bourbon , qui lança un manifeste au nomde tous les monarques catholiques de l’Europe . Lacour, intimidée, accorda l’avantage aux ligueurs. Sixte-Quint excommunia Henri et Condé, qui s’en moquè-rent. La guerre nommée des trois Ilenris éclata (1387),et le supplice de Marie Stuart , ordonné par la protes-tante Élisabeth, accrut la fureur des catholiques.Henri de Navarre battit à Contras les royalistes com-mandés par Joyeuse et d’autres favoris, tandis queGuise battait les Allemands calvinistes qui venaient ausecours.
Pendant ce temps, l’insurrection s’organisait à Paris ,sous le nom des Seize; c’étaient les seize quartiers dela commune; ce nom correspond exactement aux sec-tions de 1792. La Sorbonne, qui était pour eux, dé-cida qu’on peut ôter le gouvernement aux princes in-capables. Assemblés à Nancy , les ligueurs dictèrentdes ordres au roi; il voulut montrer quelque résis-tance , et fit venir les Suisses à Paris . Aussitôt lesbourgeois coururent aux armes, barrèrent les ruesjusqu’au Louvre, et enveloppèrent les troupes. Le rois’enfuit, et laissa la capitale à la ligue et à Guise .Telle fut la journée des barricades. Les ligueurs im-posèrent au roi une nouvelle union contre les héréti-ques, et pendant ce temps les Anglais battaient lagrande flotte invincible de Philippe II .