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Tome I.
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XXIX
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RÉSUMÉ DE L’HISTOIRE DE FRANCE.

XXIX

ligueurs y furent encore en majorité. On s'y occupabeaucoup du concile de Trente , et nullement du réta-blissement de l’ordre. Les factions sont égoïstes et ex-clusives : elles oublient toujours la patrie. Les Guise

étaient arrivés au plus haut degré de puissance : ilspouvaient jouer aisément le rôle de Pépin ou de Capel.Le roi le sentit, et, ne pouvant leur résister ouverte-ment , il les fit assassiner. La rage des ligueurs redou-bla ; ils maudirent le roi en chaire ; le parlement, quileur résistait, fut embastille et remplacé. Le duc deMayenne succéda à Guise , son frère, comme chef desligueurs : ce parti était très-puissant. 11 ne restait au roique quelques villes ; alors il comprit la nécessité de serapatrier avec Henri le Béarnais (1589) : ceprince l’em-brassa , et tout fut oublié. Excommunié par le pape,le roi, entraîné par Henri, marcha sur Paris . Déjà ilsétaient h Saint-Cloud , lorsqu’un jeune dominicain ,exalté par les ligueurs, tua le roi d’un coup de cou-teau. Les Parisiens célébrèrent ce meurtre, et JacquesClément fut regardé comme un saint. Alors les théo-logiens catholiques prouvaient, avec l’Écriture, qu’onpeut tuer un roi.

La réforme du calendrier par Grégoire XIII date de

règne. L’ordre de Saint-Michel, fondé par Louis XI ,étant tombé en discrédit, Henri IH fonda l’ordre duSaint-Esprit pour décorer ses mignons, et pour flatterles catholiques, auxquels il le réserva exclusivement.L intrigante Catherine mourut en 1589, détestée del°us les partis.

F| X ns LA LIGUE. ENTRÉE DE HENRI IV A PARIS . SEIZIÈMESIÈCLE.

La branche des Valois était éteinte. Henri de Bour-bon-Navarre prenait la couronne, comme descendantde Louis IX ; il la méritait par ses qualités. Élevé dansles montagnes et parmi les pâtres , il ne connaissaitrien de ce qui corrompt les rois : il était, pour ainsidire, l’artisan de sa légitimité qu’il lui fallait conqué-rir à main armée. Éprouvé par les revers, partageantles travaux de ses compagnons, il fut homme long-temps avant d’être roi. Reconnu seulement par quel-ques provinces, manquant de tout, il luttait contreMayenne , dont l’armée nombreuse renfermait de l’in-fanterie espagnole, alors la meilleure de l’Europe . Ilallait se décider à passer en Angleterre, lorsque, ren-contrant Mayenne à Arques (1589), il le battit aveccinq mille hommes. Il marcha de suite sur Paris , etpeu s’en fallut qu’il ne le prît. Le vieux cardinal doBourbon, son cousin, venait d’y être déclaré roi sous

nom de Charles X. Henri vainquit encore Mayenne à cette bataille d’Ivri (1590), où il criait : Sauvez lesFrançais ; puis il bloqua Paris . Les ligueurs se défen-dirent avec fureur; le fanatisme les servait : ils for-■haient des régiments de prêtres et de moines. La fa-mine devint affreuse; on fit du pain avec des os de®orts : mais Henri laissait passer des vivres aux as-siégés. Le célèbre Farnèsc, général de Philippe II ,v *nt avec une armée faire lever le siège.

Pendant ce temps le duc de Savoie envahissait leDauphiné et la Provence; le nouveau pape proscrivaitHenri IV, et Philippe II , le démon du Midi, aidé parles Seize, travaillait à se faire élire roi de France .Henri mit le siège devant Rouen (1591), que Farnèse délivra encore. La guerre s’alluma dans presque toutela France. Un nouveau parti se forma dans Paris , leparli des politiques, qui se rattachaient aux malcon-tents. G’étaient des catholiques modérés qui aspiraientà une pacification en reconnaissant le roi. Lassés decetle lutte sanglante, les partis se rapprochèrent enfindans une conférence. Le roi se décida à une abjuration,en disant : Paris vaut bien une messe. Mayenne signaune trêve ; la ligue tomba sous les coups du ridicule etdu mépris, en exhalant ses dernières fureurs par unetentative d’assassinat sur Henri IV , et ce prince entraâ Paris le 22 mars 1594.

Alors finissait le seizième siècle, l’un des plus glo-rieux pour l’esprit humain. Le génie y fit d’immensesprogrès vers la vérité et la civilisation. Copernic , Ga-lilée et Torricelli , malgré l’inquisition, appliquèrentà la philosophie l’expérience et la raison, tandis queles pédants de l’Université se battaient pour la pro-nonciation de la lettre Q. Le chancelier Bacon mit del’ordre dans l’inventaire des connaissances humaines.Montaigne porta l’indépendance de l’esprit dans l’é-tude de l’homme; mais les queslions politiques furentabordées avec trop de timidité. Morus, Bodin et Gro-tius cherchèrent les lois du corps social dans les an-ciens ou dans la Bible , plutôt que dans la nature. LaBoétie attaqua les despotismes avec des citations et desdéclamations. La réforme avait répandu quelque es-prit républicain. Les politiques calvinistes essayèrent,en 1575, une organisation constitutionnelle : c’étaientles liberaux du temps, mais l’opinion n’était pasmûre.

La Hollande, luttant contre l’Océan et l’oppressionespagnole, les vainquit l’un et l’autre. Appelé par lesétals de cette république, le frère de Henri III vouluty parler en roi, et les Français y crièrent sottement :Vive la messe ! Ils irritèrent, et on les chassa.

RÈGNE DE HENRI IV .

Henri rélablit d’abord le parlement (1594); puis ilentreprit une sorte de fusion entre les calvinistes et lesligueurs : ceux-ci se firent bien payer leur réconcilia-tion *. Cependant on attenta plusieurs fois aux joursdu roi : les jésuites ne l’aimaient pas. On les chassa(1595), de l’avis du parlement, de l’université et del’Église, et, malgré cela, on obtint du pape l’absolu-tion du roi. Mayenne n’était pas réduit. Henri le vain-quit à Fontaine-Française et l’amnistia. Le duc d’Éper-non, révolté, fut soumis, et la guerre fut déclarée àPhilippe II, qui fit prendre Calais . Leroi manquait

* JI. de Brissac avait vendu Paris 1 , 875,400 livres; Rouen avaitété livré pour 3,477,S00. Les autres places avaient coûté A pro-portion. Voyez les Économies royales de Sully.

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