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blesse plusieurs personnes, et entre autres unsoldat des gardes françaises. Ces derniers, toutdisposés pour le peuple et contre le Royal-Àlle-mand , avec lequel ils avaient eu une rixe lesjours précédents, étaient casernés près delà placeLouis XV, ils font feu sur le Royal-Allemand. LePrince de Lambesc, qui commandait ce régiment,se replie aussitôt sur le jardin des Tuileries ,charge la foule paisible qui s’y promenait, tue unvieillard au milieu de la confusion, et fait évacuerle jardin. Pendant ce temps, les troupes qui en-vironnaient Paris se concentrent sur le Champ deMars et la place Louis XV. La terreur alors n’aplus de bornes et se change en fureur. On se ré-pand dans la ville en criant aux armes. La multi-tude court à l’hôtel de ville pour en demander.Les électeurs composant l’assemblée générale ydatent réunis. Ils livrent les armes qu’ils ne pou-vaient plus refuser et qu’on pillait déjà à l’instant°d ils se décidaient à les accorder. Ces électeurscomposaient en ce moment la seule autorité éta-he. Privés de tout pouvoir actif, ils prennentCeux que la circonstance exigeait, et ordonnent lainvocation des districts. Tous les citoyens s’y' e ndent pour aviser aux moyens de se préserver'* la fois de lafureurde la multitudeetde l’attaquetes troupes royales. Pendant la nuit, le peuple,9 U * court toujours à ce qui l’intéresse , force et'rule les barrières, disperse les commis et rendtoutes les entrées libres. Les boutiques des ar-•ttoriers sont pillées. Ces brigands, déjà signaléschez Réveillon , et qu’on vit, dans toutes les ocea-Sl0n s, sortir comme de dessous terre, reparais-sent armés de piques et de bâtons, et répandentépouvanté. Ces événements avaient eu lieu pen-<a nt la journée du dimanche 12 juillet, et dansa nuit du dimanche au lundi 15. Dans la matinée( n lundi, les électeurs, toujours réunis à l’hôtelville, croient devoir donner une forme pluslégale à leur autorité; ils appellent, en consé-quence , le prévôt des marchands, administrateur0l ’dinaire de la cité. Celui-ci ne consent à céderlue sur une réquisition en forme. On le requierten effet, cl on lui adjoint un certain nombre d’e-Iccteurs; on compose ainsi une municipalité re-'etue de tous les pouvoirs. Cette municipalité’Uunde auprès d’elle le lieutenant de police, etvedige en quelques heures un plan d’armementh°ur la milice bourgeoise.
Cette milice devait être composée de quarante-
huit
m 'He hommes, fournis par les districts. Le
signe distinctif devait être, au lieu de la cocardeverte, la cocarde parisienne, rouge et bleue.Touthomme surpris en armes et avec celte cocarde,sans avoir été enrôlé par son district dans la gardebourgeoise, devait être arrêté, désarmé et puni.Tellefut la première origine des gardes nationales.Ce plan fut adopté par tous les districts, qui sebâtèrent de le mettre à exécution. Dans le courantde la même matinée, le peuple avait dévasté lamaison de Saint-Lazare pour y chercher desgrains; il avait forcé le garde-meuble pour yprendre des armes, et en avait exhumé des ar-mures antiques dont il s’était revêtu. On voyait lafoule, portant des casques et des piques, inonderla ville. Le peuple se montrait maintenant ennemidu pillage; avec sa mobilité ordinaire, il affectaitle désintéressement, il respectait l’or, ne prenaitque les armes, et arrêtait lui-même les brigands.Les gardes-françaises et Iesmilices du guetavaientoffert leurs services, et on les avait enrôlés dansla garde bourgeoise.
On demandait toujours des armes à grands cris.Le prévôt Flesselles, qui d’abord avait résisté àses concitoyens, se montrait zélé maintenant, etpromettait 12,000 fusils pour le jour même, da-vantage pour les jours suivants. Il prétendait avoirfait un marché avec un armurier inconnu. Lachose paraissait difficile en songeant au peu detemps qui s’était écoulé. Cependant, le soir étantarrivé, les caisses d’artillerie annoncées par Fles-selles sont conduites à l’hôtel de ville; on lesouvre, et on les trouve pleines de visux linge. Acette vue, la multitude s’indigne contre le prévôt,qui dit avoir été trompé. Pour l’apaiser, il la di-rige vers les Chartreux, en assurant qu’elle ytrouvera des armes. Les chartreux étonnés re-çoivent cette foule furieuse, l’introduisent dansleur retraite, et parviennentà la convaincre qu’ilsne possédaient rien de ce qu’avait annoncé leprévôt.
Le peuple, plus irrité que jamais, revient encriant à la trahison. Pour le satisfaire, on ordonnela fabrication de cinquante mille piques. Despoudres destinées pour Versailles descendaient laSeine sur des bateaux; on s’en empare, et un élec-teur en fait la distribution au milieu des plusgrands dangers.
Une horrible confusion régnait à cet hôtel deville, siège des autorités, quartier général de lamilice, cl centre de toutes les opérations. Il fallaità la fois y pourvoir à la sôreté extérieure menacée