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pressentent; et il résolut de se rendre à Paris , où*1 devait aussi avoir son jour de triomphe. Le pro-jet de Necker était de demander aux électeurs lagrâce et l’élargissement du baron de Besenval,Quoiqu’il fût son ennemi. En vain Bailly, non*ûoins ennemi que lui des mesures de rigueur ,Mais plus juste appréciateur des circonstances, lui‘'«présenta le danger d’une telle mesure, et lui fitsentir que cette faveur, obtenue par l'entraîne-ment, serait révoquée le lendemain comme illé-gale , parce qu’un corps administratif ne pouvaitni condamner ni faire grâce ; Necker s’obstina, etfit l’essai^ de son influence sur la capitale. Il se ren-dit à 1 hôtel de ville le 50 juillet. Ses espérancesfuient outre-passées, et il dut se croire tout-puis-sant en voyant les transports de la multitude. Toute,Uu , les yeux pleins de larmes, il demanda uneAmnistie générale, qui fût aussitôt accordée para cclamation. Les deux assemblées des électeurs et
des
représentants se montrèrent également em-
pressées ; les électeurs décrétèrent l’amnistie gé-hérale, l es représentants de la commune ordon-nent la liberté de Besenval . Necker se retiraCllI vré, prenant pour lui les applaudissements qui
s’adn
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'ressaient à sa disgrâce. Mais, dès ce jour, ila,t être détrompé : Mirabeau lui préparait unClu el réveil. Dans l’assemblée, dans les districts,cri général s’éleva contre la sensibilité du mi-jùstre, excusable, disait-on, mais égarée.Le dis-J" ,e t de l’Oratoire, excité, à ce qu’on assure, paru 'abeau, fut le premier à réclamer. On soutinttoutes parts qu’un corps administratif ne pou-'' a Uni condamner ni absoudre. La mesure illégale, e 1 fiôtel de ville fut révoquée, et la détentionron de Besenval maintenue. Ainsi se vérifiait
du b a
su^ IS du sa S e Bailly, que Necker n’avait pas voulu
Bans ce moment, les partis commençaient à sePrononcer davantage. Les parlements, la noblesse,e clergé, la cour, menacés tous de la même ruine,Paient confondu leurs intérêts et agissaient dec °ncert. Il n’y avait plus à la cour ni le comte d’Ar-l °is ni les Polignac. Une sorte de consternationjhdlée de désespoir régnait dans l’aristocratie.a yant pu empêcher cc qu’elle appelait le mal,désirait maintenant que le peuple en commît0 Plus possible pour amener le bien par l’excès^ênre de ce mal. Ce système mêlé de dépit et deP ei ’fidie, qu’on appelle le pessimisme politique,c °utrnence chezles partis dès qu’ilsontfaitassezdeP 01 les pour renoncer à cc qui leur reste, dans l’es-
poir de tout recouvrer. L’aristocratie se mit dèslors à l’employer, et souvent on la vit voter avecles membres les plus violents du parti populaire.
Les circonstances font surgir les hommes. Lepéril de la noblesse avait fait naître un défenseurpour elle. Le jeune Cazalès, capitaine dans lesdragons de la reine, avait trouvé en lui une forced’esprit et une facilité d’expression inattendues.Précis et simple, il disait proniptement et conve-nablement ce qu’il fallait dire ; et on doit regret-ter que son esprit si juste ait été consacré à unecause qui n’a eu quelques raisons à faire valoirqu’après avoir étépersécutée. Le clergé avaittrouvéson défenseur dans l’abbé Maury. Cet abbé, so-phiste exercé et inépuisable, avait des saillies heu-reuses et beaucoup de sang-froid ; il savait résis-ter courageusement au tumulte et audacieusementà l’évidence. Tels étaient les moyens et les dispo-sitions de l’aristocratie.
Le ministère était sans vues et sans projets.Necker, haï de la cour qui le souffrait par obliga-tion, Necker seul avait non un plan, mais un vœu.Il avait toujours désiré la constitution anglaise, lameilleure sans doute qu’on pût adopter, commeaccommodement entre le trône, l’aristocratie et lepeuple; mais cette constitution, proposée par l’é-vêque de Langres avant l’établissement d’une seuleassemblée, et refusée par les premiers ordres,était devenue impossible. La haute noblesse nevoulait pas des deux chambres, parce que c’étaitune transaction ; la petite noblesse, parce qu’elle nepouvait entrer dans la chambre haute; le parti po-pulaire, parce que, tout elfrayé encore de l’aristo-cratie , il ne voulait lui laisser aucune influence.Quelques députés seulement, les uns par modéra-tion, les autres parce que celte idée leur était pro-pre, désiraient les institutions anglaises, et for-maient tout le parti du ministre, parti faible,parce qu’il n’offrait que des vues concilialoires àdes passions irritées, et qu’il n’opposait à ses ad-versaires que des raisonnements et aucun moyend’action.
Le parti populaire commençait à se diviser,parce qu’il commençait à vaincre. Lally-Tolendal,Mounier, Mallouet cl les autres partisans dé~Nec-ker, approuvaient tout ce qui s’était fait jusque-là,parce que tout ce qui s’était fait avait amené legouvernement à leurs idées, c’est-à-dire à la con-stitution anglaise. Maintenant, ils jugeaient quec’était assez; réconciliés avec le pouvoir, ils vou-laient s’arrêter. Le parti populaire ne croyait pas