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RÉVOLUTION FRANÇAISE.
constituant. Le roi avait beaucoup de confiance ence dernier, et il fut obligé de donner un ordre po-sitif à Bertrand, qui prétendait ne vouloir entre-tenir aucune relation avec un constitutionnel telque Duport. Dans ce comité se trouvaient encoreDaily-Tolendal, Malouet, Clermont-Tonnerre ,Gouvernet et autres, tous dévoués à Louis XVI ,mais, hors ce point, différant assez d’opinion surla part qu’il faudrait faire à la royauté, si on par-venait à la sauver. On y résolut la fuite du roi etsa retraite au château de Gaillon, en Normandie .Le duc de Liancourt, ami de Louis XVI , et jouis-sant de toute sa confiance, commandait cette pro-vince ; il répondait de ses troupes et des habitantsde Rouen , qui s’étaient prononcés par une adresseénergique contre le 20 juin. Il offrait de recevoirla famille royale, et de la conduire à Gaillon , oude la remettre à Lafayette, qui la transporterait aumilieu de son armée. Il donnait en outre toute safortune pour seconder l’exécution de ce projet, etne demandait à réserver à ses enfants que centlouis de rente. Ce plan convenait aux membresconstitutionnels du comité, parce qu’au lieu demettre le roi dans les mains de l’émigration, il leplaçait auprès du duc de Liancourt et de Lafayette.Par le même motif, il répugnait aux autres, etrisquait de déplaire à la reine et au roi. Le châ-teau de Gaillon avait le grand avantage de n’êtrequ’à trente-six lieues de la mer, et d’offrir, par laNormandie , province bien disposée, une fuite fa-cile en Angleterre. Il en avait encore un autre,c’était de n’être qu’à vingt lieues de Paris . Le roipouvait donc s’y rendre sans manquer à la loi con-stitutionnelle, et c’était beaucoup pour lui, car iltenait singulièrement à ne pas se mettre en état decontravention ouverte.
M. de Narbonne et la fille de Necker, madamede Staël , imaginèrent aussi un projet de fuite.L’émigration, de son côté, proposa le sien : c’étaitde transporter le roi à Compiègne , et de là sur lesbords du Rhin , par la forêt des Ardennes. Chacunveut conseiller un roi faible, parce que chacun as-pire à lui donner une volonté qu’il n’a pas. Tantd’inspirations contraires ajoutaient à l’indécisionnaturelle de Louis XVI ; et ce prince malheureux,assiégé de conseils, frappé de la raison des uns,entraîné par la passion des autres, tourmenté decraintes sur le sort de sa famille, agité par les scru-pules de sa conscience, hésitait entre mille pro-jets, et voyait arriver le (lot populaire sans oser nile braver ni le fuir.
Les députés girondins, qui avaient si hardimentabordé la question de la déchéance, demeuraientcependant incertains à la veille d’une insurrection;quoique la cour fût presque désarmée, et que latoute-puissance se trouvât du côté du peuple, néan-moins l’approche des Prussiens, et la crainte qu’in-spire toujours un ancien pouvoir, même après qu'ila été privé de ses forces, leur persuadèrent qu’ilvaudrait encore mieux transiger avec la cour quede s’exposer aux chances d’une attaque. Dans lecas même où cette attaque serait heureuse, ilscraignaient que l’arrivée très-prochaine des étran-gers ne détruisît tous les résultats d’une victoiresur le château, et ne fît succéder de terribles ven-geances à un succès d’un moment. Cependant,malgré cette disposition à traiter, ils n’ouvrirentpoint de négociations à ce sujet, et n’osèrent pasprendre l’initiative; mais ils écoutèrent un nomméBoze, peintre du roi, ettrès-liéavecThierry, valetde chambre de Louis XVI . Le peintre Boze, effrayédes dangers de la chose publique, les engagea àécrire ce qu’ils croiraient propre, dans cette extré-mité, à sauver le roi et la liberté. Us firent doncune lettre qui fut signée par Guadet, Gensonné ,Vergniaud, cl qui commençait par ces mots : Vousnous demandez, monsieur, quelle est notre opinionsur la situation actuelle de la France ... Ce débutprouve assez que l’explication avait été provoquée-Il n’était plus temps pour le roi, disaient à Bozeles trois députés, de se rien dissimuler, et il s’a-buserait étrangement s’il ne voyait pas que sa con-duite était la cause de l’agitation générale, et decette violence des clubs dont il se plaignait sanscesse ; de nouvelles protestations de sa part seraientinutiles et paraîtraient dérisoires; au point où setrouvaient les choses, il ne fallait pas moins q uedes démarches décisives pour rassurer le peuple :tout le monde, par exemple, croyait fermem entqu’il était au pouvoir du roi d’écarter les arméesétrangères; il fallait donc qu’il commençât par ci'donner cet éloignement; il devait ensuite chois 11un ministère patriote, congédier Lafayette <I U1 ’dans l’état des choses, ne pouvait plus servir utilement, rendre une loi pour l’éducation constilÇtionnelle du jeune dauphin, soumettre la liste civ*à une comptabilité publique, et déclarer solennelement qu'il n’accepterait pour lui-même d’augmen^tation de pouvoir que du consentement libre d° 3nation. Aces conditions, ajoutaient les girondins >il était à espérer que l’irritation se calmerait,qu’avec du temps et de la persévérance dans ce