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Tome I.
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ASSEMBLÉE LÉGISLATIVE (1792).

» d’avance contre l'authenticité de toutes les dé-8 clarationsqui pourraient être faites au nom de Sa

* Majesté Très-Chrétienne, tant que sa personne8 sacrée, celle de la reine et de toute la famille> royale, ne seront pas en sûreté; à l’effet de quois Leurs Majestés Impériale et Royale invitent et» sollicitent Sa Majesté Très-Chrétienne de dési-s gner la ville de son royaume la plus voisine de ses8 frontières dans laquelle elle jugera à propos des se retirer avec la reine et sa famille, sous une8 bonne et sûre escorte qui lui sera envoyée pour» cet effet, afin que Sa Majesté Très-Chrétienne 8 puisse en toute sûreté appeler auprès d’elles less ministres et les conseillers qu'il lui plaira de8 désigner, faire telles convocations qui lui paraî-» tront convenables, pourvoir au rétablissements du bon ordre, et régler l’administration de sons royaume.

» Enfin, je déclare et m’engage encore, en mon» propre et privé nom, et en ma qualité susdite,s de faire observer partout aux troupes confiées à» mon commandement une bonne et exacte disci-s pline, promettant de traiter avec douceur et8 modération les sujets bien intentionnés qui se8 montreront paisibles et soumis, et de n’employer8 la force qu’envers ceux qui se rendront coupa-8 blés de résistance ou de mauvaise volonté.

8 C’est par ces raisons que je requiers et ex-

* borte tous les habitants du royaume, de la ma-8 nière la plus forte et la plus instante, de ne pas

8 s’opposera la marche et aux opérations des trou-» pes que je commande, mais de leur accorder

9 plutôt partout une libre entrée et toute bonne8 volonté, aide et assistance, que les circonstances

* pourront exiger.

» Donné au quartier général de Coblentz , le 258 juillet 1792.

> Signé, Charles-Guillaüme-Ferdinand ,i duc de Brunswick-Lunebourg . d

Ce qui parut surtout étonnant dans cette décla-ration, c’est que, datée du 25 de Coblentz , ellese trouva le 28à Paris , et fut imprimée dans tousles journaux royalistes. Elle produisit un effetextraordinaire. Cet effet fut celui des passions surles passions. On se promit de toutes parts de ré-sister à un ennemi dont le langage était si hautainet les menaces si terribles. Dans l’état des esprits,*1 était naturel que le roi et la cour fussent accu-sés de cette nouvelle faute. Louis XVI s’empressa( 1° désavouer le manifeste par un message, et il

le pouvait sans doute de très-bonne foi, puisquecette pièce était si différente du modèle qu’il avaitproposé; mais il devait déjà voir par cet exemplecombien sa volonté serait outrepassée par son parti,si ce parti était jamais vainqueur. Ni son désaveu,ni les expressions dont il l’accompagna, ne purentramener l’assemblée. En parlant de ce peuple dontle bonheur lui avait toujours été cher, il ajoutait :« Que de chagrins pourraient être effacés par la» plus légère marque de son retour ! 8

Ces paroles louchantes n’excitèrent plus l’en-thousiasme qu’elles avaient le don de produire au-trefois; on n’y vit qu’une perfidie de langage, etbeaucoup de députés appuyèrent l’impression pourrendre public, dirent-ils, le contraste qui existaitentre les paroles et la conduite du roi. Dès ce mo-ment, l’agitation ne cessa pas de croître, et lescirconstances de s’aggraver. On eut connaissanced’un arrêté par lequel le département des Bouches-du-Rhône retenait les impôts pour payer les trou-pes qu’il avait envoyées contre les Savoisiens, etaccusait d’insuffisance les mesures prises par l'as-semblée. C’était un acte dû aux inspirations deBarbaroux. L’arrêté fut cassé pas l’assemblée, sansque l’exécution en pût être empêchée. On répan-dit en même temps que les Sardes, qui s’avançaient,étaient au nombre de cinquante mille. Il fallut quele ministre des relations extérieures vînt assurerlui-même à l’assemblée que les rassemblementsn’étaient tout au plus que de onze à douze millehommes. A ce bruit en succéda un autre : on pré-tendit que le petit nombre des fédérés actuelle-ment à Soissons , avaient été empoisonnés avec duverre mêlé dans leur pain. On assurait même qu’ily avait déjà cent soixante morts et huit cents ma-lades. On alla aux informations, et on apprit queles farines se trouvant dans une église, des vitresavaient été cassées, et que quelques morceaux deverre s’étaient trouvés dans le pain. Il n’y avaitcependant ni morts ni malades.

Le 25 juillet, un décret avait rendu toutes lessections de Paris permanentes. Elles s’étaient réu-nies et avaient chargé Pétion de proposer en leurnom la déchéance de Louis XVI . Le 3 août au ma-tin , le maire de Paris , enhardi par ce vœu, seprésenta à l’assemhlée pour faire une pétition aunom des quarante-huit sections de Paris . Il ex-posa la conduite de Louis XVI depuis l’ouverturede la révolution; il retraça, dans le langage dutemps, les bienfaits de la nation envers le roi, etl’ingratitude du monarque. Ildépeignitles dangers