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n’avait pas encore été rappelé. Quelques Suisses seulement, casernés à Courbevoie , étaient ren-trés par l’autorisation de Pétion, et tous ensemblene s’élevaient pas à plus de huit ou neuf centshommes.
La gendarmerie venait d’être composée des an-ciens soldats des gardes françaises, auteurs du 14juillet.
Enfin la garde nationale n’avait ni les mêmeschefs, ni la même organisation, ni le même dé-vouement qu’au 6 octobre 1789. L’étal-major,ainsi qu’on l’a vu, en avait été reconstitué. Unefoule de citoyens s'étaient dégoûtés du service, etceux qui n’avaient pas déserté leur poste étaientintimidés par la fureur de la populace. La gardenationale se trouvait donc, comme tous les corpsde l’État, composée d’une nouvelle générationl’évolutionnaire. Elle se partageait, comme laFrance entière, en constitutionnels et républi-cains. Tout le bataillon des Filles-Saint-Thomas,et une partie de celui des Petits-Pères, étaientdévoués au roi ; les autres étaient indifférents ouennemis. Les canonniers surtout, qui composaientta principale force, étaient républicains décidés.Les fatigues qu’imposait l’arme de ces derniersen avaient éloigné la riche bourgeoisie; des serru-fiers, des forgerons, se trouvaient ainsi maîtresdes canons, et ils partageaient les sentiments duPeuple, puisqu’ils en faisaient partie.
Ainsi il restait au roi huit ou neuf cents Suisses ,et un peu plus d’un bataillon de la garde natio-nale.
On se souvient que depuis la retraite de La-%ette, le commandement de la garde nationalePassait alternativement aux six chefs de légion. 11et »it échu ce jour-là au commandant Mandat, an-c,e n militaire, mal vu à la cour à cause de ses opi-nons constitutionnelles, mais lui inspirant unee, Uière confiance par sa fermeté, ses lumières ets °n attachement à ses devoirs. Mandat, général enC W pendant cette nuit fatale, avait fait à la hâteseules dispositions possibles.
. Oéjà le plancher de la grande galerie qui joint6 Louvre aux Tuileries , avait été coupé dans unePlaine étendue, pour interdire le passage auxbaillants. Mandat ne songea donc pas à protégerCe Ue aile du palais, et porta tous ses soins duc ôté des cours e t du jardin. Malgré le rappel, peu
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Cils
gardes nationaux s’étaient réunis. Les batail-
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ne s’étaient pas complétés, et les plus zélés
tendaient individuellement au château, où
Mandat les avait enrégimentés et distribués corn-jointement avec les Suisses , dans les cours, lejardin et les appartements. Il avait placé une piècede canon dans la cour des Suisses , et trois danscelle des Princes.
Ces pièces étaient malheureusement confiéesaux canonniers de la garde nationale, et l’ennemise trouvait ainsi dans la place. Mais les Suisses ,pleins d’ardeur et de fidélité, les observaient del’œil, prêts, au premier mouvement, à s’emparerdes canons, et à jeter lés canonniers eux-mêmeshors de l’enceinte du château.
Mandat avait placé en outre quelques postesavancés de gendarmerie à la colonnade du Louvreet à l’hôtel de ville. Mais celte gendarmerie,comme nous venons de le dire, était composée desanciens gardes-françaises.
À ces défenseurs du château il faut joindre unefoule de vieux serviteurs, que leur âge ou leurmodération avait empêchés d’émigrer, et qui, aumoment du danger, étaient accourus, les uns pours’absoudre de n’étre point allés à Coblentz , lesautres pour mourir généreusement à côté de leurprince. Ils s’étaient pourvus à la bâte de toutes lesarmes qu’ils avaient pu se procurer au château;ils portaient de vieux sabres, des pistolets attachésà leur ceinture avec des mouchoirs; quelques-unsmême avaient pris les pelles et les pincettes descheminées : ainsi les plaisanteries ne furent pasoubliées dans ce sinistre moment, où la cour au-rait dû être sérieuse au moins une fois. Celle af-fluence de personnes inutiles, loin de pouvoirservir, offusquait la garde nationale, qui s’en dé-fiait, et ne faisait qu’ajouter à la confusion, déjàtrop grande.
Tous les membres du directoire de départements’étaient rendus au château. Le vertueux duc deLarochefoueault s’y trouvait; Rœderer, le procu-reur-syndic, y était aussi; on avait mandé Pétion,qui y arriva avec deux officiers municipaux. Onobligea Pétion à signer l’ordre de repousser laforce par la force, et il le signa pour ne pas paraîtrele complice des insurgés. On s’élail réjoui de leposséder au château, et de tenir en sa personneun otage cher au peuple. L’assemblée, avertie dece dessein, l’appela à la barre par un décret; leroi, auquel on conseillait de le retenir, ne le vou-lut pas, il sortit ainsi des Tuileries sans aucunobstacle.
L’ordre de repousser la force par la force unefois obtenu, divers ayis furent ouverts sur la ma-