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RÉVOLUTION FRANÇAISE.
à se meure en rapport avec l’assemblée. Us lui re-prochaient des hésitations et même du royalisme ;mais ils voyaient toujours en elle la seule autoritésouveraine aetuellementexistante, et n’étaient pointdu tout disposés à la méconnaître. Dans la matinéemême du 10, une députation vint à sa barre luiannoncer la formation de la commune insurrec-tionnelle, et lui exposer ce qui avait été fait. Dan-ton était au nombre des députés. « Le peuple qui» nous envoie vers vous, dit-il, nous a chargés de» vous déclarer qu’il vous croyait toujours dignes■» de sa confiance, mais qu’il ne reconnaissait d’au-» tre juge des mesures extraordinaires auxquelles» la nécessité Ta contraint de recourir que le peuple» français, notre souverain et le vôtre, réuni dans» les assemblées primaires. »
L’assemblée répondit à ces députés, par l’organede son président, quelle approuvait tout ce quiavait été fait, et quelle leur recommandait Tordreet lapaix. Elle leur fit donner en outre communi-cation des décrets rendus dans la journée, avecinvitation de les répandre. Après cela, elle rédigeaune proclamation pour rappeler le respect dû auxpersonnes et aux propriétés, et chargea quelques-uns de ses membres d’aller la porter au peuple.
Son premier soin dans ce moment devait être desuppléer à la royauté détruite. Les ministres, réunissous le nom de conseil exécutif, furent provisoire-ment chargés par elle des soins de l’administra-tion et de l’exécution des lois. Le ministre de lajustice, dépositaire du sceau de l’État, devait l’ap-poser sur les décrets , et les promulguer au nomde la puissance législative. Il fallait ensuite choisirles personnes qui composeraient le ministère. Onsongea tout d’abord à replacer Roland, Clavière etServan, destitués pour leur attachement à la causepopulaire, car la révolution nouvelle devait vou-loir tout ce que n’avait pas voulu la royauté. Cestrois ministres furent donc unanimement réinté-grés, Roland à l’intérieur, Servan à la guerre, etClavière aux finances. Il y avait encore à nommerun ministre de Injustice, des affaires étrangères,et de la marine. Ici le choix était libre, et les vœuxformés autrefois pour le mérite obscur, ou pour lepatriotisme ardent et désagréable à la cour, pou-vaient être réalisés sans obstacle. Danton , si puis-sant sur la multitude, et si entraînant pendant lesquarante-huit heures écoulées, fut jugé nécessaire;et, bien qu’il déplût aux girondins comme un élude la populace, il fut nommé ministre de la justicea la majorité de 222 voix sur 284. Après avoir
donné cette satisfaction au peuple, et accordé cetteplace à l’énergie, on songea à mettre un savant àla marine. Ce fut le mathématicien Monge, connu etapprécié par Condorcet , et adopté sur sa proposi-tion. On porta enfin Lebrun aux affaires étrangères,et on récompensa dans sa personne l’un de ceshommes laborieux qui faisaient auparavant tout letravail dont les ministres avaient l’honneur.
Après avoir remplacé le pouvoir exécutif, l’as-semblée déclara que tous les décrets sur lesquelsLouis XVI avait apposé son veto recevraient forcede loi. La formation d’un camp sous Paris , objetde l’un de ces décrets, et cause de si vives discus-sions, fut ordonnée sur-le-champ, et les canon-niers reçurent l’autorisation, le joür même, decommencer des esplanades sur les hauteurs deMontmartre. Après avoir fait la révolution de Paris ,il fallait en assurer le succès dans les départements,et surtout aux armées, où commandaient des gé-néraux suspects. Des commissaires pris dans l’as-semblée furent chargés de se rendre dans les pro-vinces et les armées, pour les éclairer sur les évé-nements du 40août, et on leur donna des pouvoirspour renouveler au besoin tous les chefs civils etmilitaires.
Quelques heures avaient suffi à tous ces décrets;et pendant que l’assemblée était occupée à lesrendre, d’autres soins venaient sans cesse l’inter-rompre. Les effets précieux, enlevés aux Tuileries ,étaient transportés dans son enceinte ; les Suisses ,les serviteurs du château, toutes les personnes ar-rêtées dans leur fuite, ou arrachées à la fureur dupeuple, étaient conduites à sa barre comme dans
un lieu d’asile. Une foule de pétitionnaires venaientles uns après les autres rapporter ce qu’ils avaientfait ou vu, et raconter leurs découvertes sur le scomplots supposés de la cour. Des accusations etdes invectives de tous genres étaient proféréescontre la famille royale, qui entendait tout cela dulieu étroit où on l’avait reléguée. Ce lieu était 1°loge du logographe. Louis XVI écoutait aveccalm 0tous les discours, et s’entretenait par intervall cSavec Vergniaud et d’autres députés, placés toutprès de lui. Enfermé là depuis quinze heures, 1avait demandé quelques aliments, qu’il partage* 1avec sa femme et ses enfants, et qui provoquaientd’ignobles observations sur le goût qu’on luiputait pour la table ! On sait si les partis victorieuxépargnent le malheur! Le jeune dauphin, couchesur le sein de sa mère, y dormait profondément»accablé par une chaleur étouffante. La jeune p>' n