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Tome I.
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RÉVOLUTION FRANÇAISE .

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y traiter cette grande question. De nouvelles que-relles et de nouveaux soins empêchèrent le rapportsur Marat , qui ne fut même présenté que long-temps après, et le comité de législation prépara lesien sur l’auguste et malheureuse famille enferméeau Temple.

L’Europe avait en ce moment les yeux sur laFrance . On regardait avec étonnement ces sujets

d’abord jugés si faibles, maintenant devenus vic-torieux et conquérants, et assez audacieux pourfaire un défi à tous les trônes. On observait avecinquiétude ce qu’ils allaient faire, et on espéraitencore que leur audace aurait bientôt un terme.Cependant des événements militaires se prépa-raient, qui allaient doubler leur enivrement, etajouter à la surprise et à l’effroi du monde.

CHAPITRE XVII.

Suite des opérations militaires de Dumouriez . — Modifications dans le ministère. Pache ministre de la guerre. — Victoirede Jemmapcs. — Situation morale et politique de la Belgique ; conduite politique de Dumouriez. — Prise de Gand , deMons, de Bruxelles, de Namur, d’Anvers ; conquête de la Belgique jusqu’à la Meuse . — Changements dans l’administra-tion militaire j mésintelligence de Dumouriez avec la convention et les ministres, — Notre position aux Alpes et auxPyrénées .

Dumouriez était parti pour la Relgique à la find’octobre, et le 23 il se trouvait à Valenciennes .Son plan général fut réglé d’après l’idée qui ledominait, et qui consistait à pousser l’ennemi defront, en profitant de la grande supériorité numé-rique qu’on avait sur lui. Dumouriez aurait pu,en suivant la Meuse , avec la plus grande partie deses forces, empêcher la jonction de Clerfayt, quiarrivait de la Champagne , prendre le duc Albertà revers, et exécuter ainsi ce qu’il avait eu le tortde ne pas faire d’abord, en négligeant de courirsur le Rhin , et de suivre ce fleuve jusqu’à Clèves;mais son plan était autre, et il préférait à une mar-che savante une action éclatante qui redoublât lecourage des soldats, déjà très-relevé par la canon-nade de Valmy, et qui détruisît l’opinion établie enEurope, depuis cinquante ans, que les Français ,excellents pour des coups de main, étaient inca-pables de gagner une bataille rangée. La supérioritédu nombre lui permettait une tentative pareille,et cette idée avait sa profondeur, aussi bien queles manœuvres qu’on lui a reproché de n’avoir pasemployées. Cependant il ne négligea pas de tournerl’ennemi et de le séparer de Clerfayt. Valence,placé à cet effet le long de la Meuse , devait mar-cher deGivet sur Namur et sur Liège , avec l’arméedes Ardennes, forte de dix-huit mille hommes.DHarville, avec douze mille, avait ordre de semouvoir entre la grande armée et Valence, pour

tourner l’ennemi de plus près. Telles étaient lesdispositions de Dumouriez à sa droite. A sa gauche,Labourdonnaie devait, en partant de Lille,parcourir la côte de la Flandre , et s’emparer detoutes les places maritimes. Arrivé à Anvers , illui avait été prescrit de longer la frontière hol-landaise , et de joindre la Meuse à Ruremonde . LaBelgique se trouvant ainsi enfermée dans un cer-cle, Dumouriez en occupait le centre avec unemasse de quarante mille hommes; et pouvaitaccabler les ennemis sur le premier point où ilsvoudraient tenir tête aux Français .

Impatient d’entrer en campagne et de s’ouvrirla vaste carrière où s’élançait son ardente imagi-nation , Dumouriez pressait l’arrivée des appro-visionnements qu’on lui avait promis à Paris , etqui auraient dû être rendus le 23 à Valenciennes .Servan avait quitté le ministère de la guerre,préférant au chaos de l’administration les fonc-tions moins agitées d’un commandement d’armée.11 rétablissait sa tête et sa santé dans son camp desPyrénées . Roland avait proposé et fait accepterpour son successeur, Pache, homme simple,éclairé, laborieux, qui, ayant autrefois quitté laFrance pour aller vivre en Suisse , était revenu àl’époque de la révolution, avait rendu le brevetd’une pension qu’il recevait du maréchal de Cas-tries, et s’était distingué dans les bureaux de 1 in-térieur par un esprit et une application rares.