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Tome I.
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CONVENTION NATIONALE (1792).

sentem de simples applaudissements donnés à sesdéputés fidèles pour une rébellion. « Peuple,’ s’écrie-t-il, garde tes applaudissements, fuis le8 spectacle de nos débats ! Loin de tes yeux nous8 n ’en combattrons pas moins. » Il termine enfincn demandant que Louis XVI soit sur-le-champ dé-Oaré coupable et condamné à mort.

Les orateurs se succèdent le 28, le 29, et jus-qu’au 31. Vergniaud prend enfin la parole pour laPremière fois, et on écoute avec un empressemente xtraordinaire les girondins s’exprimant par laLouche de leur plus grand orateur, et rompant unSl lence dont Robespierre n’était pas le seul à les•tccuser.

Vergniaud développe d’abord le principe de lasouveraineté du peuple, et distingue les cas où lesreprésentants doivent s’adresser à elle. Il seraittrop long, trop difficile de recourir à un grandPeuple pour tous les actes législatifs ; mais pourcertains actes d’une haute importance, il en esttout autrement. La constitution, par exemple, aété d’avance destinée à la sanction nationale. Maiscet objet n’est pas le seul qui mérite une sanctionextraordinaire. Le jugement de Louis a de sigraves caractères, soit par la cumulation de pou-xotrs qu’exerce l’assemblée, soit par l’inviolabilité( l Ul avait été constitutionnellement accordée au'ùonarque, soit enfin par les effets politiques quidoivent résulter d’une condamnation, qu’on nejurait contester sa haute importance et la néces-Sl té de le soumettre au peuple lui-même. Aprèsavoir développé ce système, Vergniaud, qui réfuteParticulièrement Robespierre, arrive enfin aux in-convénients politiques de l’appel au peuple etl °uche à toutes les grandes questions qui divisentes deux partis.

H s’occupe d’abord des discordes qu’on redouteéc voir éclater si on renvoie au peuple la sanctionéu jugement du roi. Il reproduit les raisons don-nées par d’autres girondins , et soutient que si l’on11 c craignait pas la guerre civile en réunissant lesassemblées primaires pour sanctionner la constilu-l *° n , il ne voyait pas pourquoi on la redouteraiteu les réunissant pour sanctionner le jugement dur °i- Cette raison , souvent répétée, était de peu devaleur, car la constitution n’était pas la véritablequestion de la révolution ; elle ne pouvait être que® règlement détaillé d’une institution déjà décré-lée et consentie, la république. Mais la mort dur “i étant une question formidable, il s’agissait des,, voir si, en procédant par la voie de mort contre j

la royauté, la révolution romprait sans retour avecle passé, et marcherait par les vengeances et uneénergie inexorable au but qu’elle se proposait. Or,si une question aussi terrible divisait déjà si for-tement la convention et Paris , il y avait le plusgrand danger à la proposer encore aux quarante-quatre mille sections du territoire français . Danstous les théâtres, dans toutes les sociétés popu-laires, on disputait tumultueusement, et il fallaitque la convention eût la force de décider elle-mêmela question, pour ne pas la livrer à la France ,qui l’eût peut-être résolue par les armes.

Vergniaud, partageant à cet égard l’opinion deses amis, soutient que la guerre civile n’est pasà craindre. Il dit que, dans les départements, lesagitateurs n’ont pas acquis la prépondéraneequ’unelâche faiblesse leur a laissé usurper à Paris ; qu’ilsont bien parcouru la surface de la république,mais qu’il n’y ont trouvé partout que le mépris, etqu’on a donné le plus grand exemple d’obéissanceà la loi, en respectant le sang impur qui coulaitdans leurs veines. 11 réfute ensuite les craintesqu’on a exprimées sur la véritable majorité qu’ona dit être composée d’intrigants, de royalistes,d’aristocrates; il s’élève contre cette orgueilleuseassertion, que la vertu était en minorité sur laterre, s Citoyens, s’écrie-t-il, Catilina fut en mi-» norité dans le sénat romain , et si cette minorité» eût prévalu, c’en était fait de Rome , du sénat» et de la liberté. Dans l’assemblée constituante,» Maury, Cazalès, furent en minorité, et s’ils» avaient prévalu, c’en était fait de vous ! Les rois» aussi sont en minorité sur la terre; et pour en-» chaîner les peuples, ils disent aussi que la vertut> est en minorité ! Ils disent aussi que la majorité» des peuples est composée d’intrigants auxquels» il faut imposer silence par la terreur ; si Ton» veut préserver les empires d’un bouleversement» général. »

Vergniaud demande si, pour faire une majoritéconforme aux vœux de certains hommes, il fautemployer le bannissement et la mort, changer laFrance en désert, et la livrer ainsi aux conceptionsde quelques scélérats.

Après avoir vengé la majorité de la France , il sevenge lui-même et ses amis, qu’il montre résistanttoujours, et avec un égal courage, à tous les des-potismes, celui de la cour et celui des brigands deseptembre. Il les montre, pendant la journée du10 août, siégeant au bruit du canon du château,prononçant la déchéance avant la victoire du