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Tome I.
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202 RÉVOLUTION

peuple, tandis que ces Brutus, si pressés aujour-d’hui d’égorger les tyrans abattus, cachaient leursfrayeurs dans les entrailles de la terre, et atten-daient ainsi l’issue du combat incertain que la li-berté livrait au despotisme.

Il rejette ensuite sur ses adversaires le reprochede provoquer à la guerre civile: « Oui, dit-il, ilss veulent la guerre civile ceux qui, en prêchantb l’assassinat contre les partisans de la tyrannie,b appliquent ce nom à toutes les victimes que leurs haine veut immoler ; ceux qui appellent les poi-» gnards sur les représentants du peuple, et de-» mandent la dissolution du gouvernement et deb la convention; ceux qui veulent que la minorité» devienne arbitre de la majorité, qu’elle puisse» légitimer ses jugements par des insurrections,

» et que les Catilina soient appelés à régner dansb le sénat. Us veulent la guerre civile, ceux qui» prêchent ces maximes dans tous les lieux pu-b blics, et pervertissent le peuple en accusant la» raison de feuillantisme , la justice de pusillani-» mité, et la sainte humanité de conspiration.

s La guerre civile, s’écrie l’orateur, pour avoirb invoqué la souveraineté du peuple!... Cependants en juillet 1791 vous étiez plus modestes, vous» ne vouliez pas la paralyser et régner à sa place.

» Vous faisiez courir une pétition pour consulter» le peuple sur le jugement à rendre contre Louisb revenu de Varennes! Alors vous vouliez de la» souveraineté du peuple, et vous ne pensiez pas» que l’invoquer pût exciter la guerre civile ! Se-b rait-ce qu’alors elle favorisait vos vues secrètes,

» et qu’aujourd’hui elle les contrarie? »

L’orateur passe ensuite à d’autres considéra-tions. On a dit que l’assemblée devait montrerassez de grandeur et de courage pour faire exé-cuter elle-même son jugement sans s’appuyer del’avis du peuple. « Du courage, dit-il, il en fallait» pour attaquer Louis XVI dans sa toute-puissance;

•a en faut-il tant pour envoyer au supplice Louis» vaincu et désarmé? Un soldat cimbre entre danss la prison de Marius pour l’égorger; eifrayé àb l’aspect de la victime, il s’enfuit sans oser lab frapper. Si ce soldat avait été membre du sénat,b doutez-vous qu’il eût hésité à voter la mort du» tyran ? Quel courage trouvez-vous à faire un acte» dont un lâche serait capable? »

Il parle ensuite d’un autre genre de courage, decelui qu’il faut déployer contre les puissancesétrangères. « Puisqu’on parle continuellement,b dit-il, d’un grand acte politique, il n’est pas

FRANÇAISE.

b inutile d’examiner la question sous ce rapport.b II n’est pas douteux que les puissances n’atten-b dent ce dernier prétexte pour fondre toutes en-b semble contre la France . On les vaincra sansb doute ; l’héroïsme des soldats français en est unb sûr garant : mais ce sera un surcroît de dépenses,b d’efforts de tous genres. Si la guerre force à deb nouvelles émissions d’assignats, qui feront croî-s tre dans une proportion effrayante le prix desb denrées de première nécessité ; si elle porte deb nouvelles et mortelles atteintes au commerce;b si elle fait verser des torrents de sang sur leb continent et sur les mers, quels si grands ser-b vices aurez-vous rendus à l’humanité? Quelleb reconnaissance vous devra la patrie pour avoirb fait en son nom, et au mépris de sa souverainetéb méconnue, un acte de vengeance devenu la causeb ou seulement le prétexte d’événements si cala-b miteux? J’écarte, s’écrie l’orateur, toute idée deb revers, mais oserez-vous lui vanter vos services?b II n’y aura pas une famille qui n’ait à pleurerb ou son père ou son fils ; l’agriculture manquerab bientôt de bras; les ateliers seront abandonnés;b vos trésors écoulés appelleront de nouveaux im-b pots ; le corps social, fatigué des assauts que lui jb livreront au dehors les ennemis armés, au de- ib dans les factions soulevées, tombera dans une |b langueur mortelle. Craignez qu’au milieu de cesb triomphes la France ne ressemble à ces monu-b ments fameux qui, dans l’Égypte , ont vaincu le Ib temps : l’étranger qui passe s’étonne de leurb grandeur; s’il veut y pénétrer, qu’y trouve-t-il-b Des cendres inanimées et le silence des tont'b beaux, s

Après ces craintes, il en est d’autres qui se pré'sentent encore à l’esprit de Vergniaud; elles lu* |sont suggérées par l’histoire anglaise, et par 1»conduite de Cromwell , auteur principal, mai 5caché de la mort de Charles I er . Celui-ci poussaittoujours les peuples, d’abord contre le roi, pu ,scontre le parlement lui-même, brisa ensuite sot*faible instrument, et s’assit au suprême pouvoU-« N’avez-vous pas, ajoute Vergniaud, n’avez-vou 5 Ib pas entendu, dans cette enceinte et ailleurs,b des hommes crier : Si le pain est cher, la cause |b en est au Temple; si le numéraire est rare, sl

b nos armées sont mal approvisionnées, la cause eu |

b est au Temple; si nous avons à souffrir chaqueb jour du spectacle de l'indigence, la cause en estb au Temple!

d Ceux qui tiennent ce langage n’ignorent p aS