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Tome I.
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CONVENTION NATIONALE (1793).

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chiens et dix mille Prussiens marchaient vers nosquartiers de la Meuse , pour interrompre les siègesde Maestricht et de Venloo . Enfin quarante milleAnglais , Hanovriens et Hollandais, demeurés en-core en arrière, s’avançaient du fond de la Hol-lande sur notre ligne d’opération. Le projet del’ennemi était de nous ramener de la Hollande surl’Escaut, de nous faire repasser la Meuse , et en-suite de s’arrêter sur cette rivière en attendant quela place de Mayence eût été reprise. Son plan étaitde marcher ainsi peu à peu, de s’avancer égale-ment sur tous les points à la fois, et de ne pénétrervivement sur aucun, afin de ne pas exposer seslianes. Ce plan timide et méthodique aurait punous permettre de pousser beaucoup plus loin etplus activement l’entreprise offensive de la Hol-lande, si des fautes ou des accidents malheureux,ou trop de précipitation à s’alarmer, ne nous eus-sent obligés d’y renoncer. Le prince de Cobourg ,qui s’était distingué dans la dernière campagnecontre les Turcs, commandait les Autrichiens, quise dirigeaient sur la Meuse . Le désordre régnaitdans nos quartiers, dispersés entre Maestricht ,Aix-la-Chapelle, Liège et Tongres . Dans les pre-miers jours de mars, le prince de Cobourg passala Roër, et s’avança par Dnren et Aldenhoven surAix-la-Chapelle . Nos troupes, attaquées subite-ment, se retirèrent en désordre vers Aix-la-Cha-pelle, et en abandonnèrent même les portes à l’en-nemi. Miaczinsky résista quelque temps; maisaprès un combat assez meurtrier dans les rues dela ville, il fut obligé de céder et de faire retraitevers Liège . Dans ce moment, Stengel etNeuilly,séparés par ce mouvement, étaient rejetés dans leCimbourg. Miranda, qui assiégeait Maestricht , etqui pouvait être encore isolé du principal corps•l’armée retiré à Liège , abandonna même la rivegauche, et se retira sur Tongres . Les Impériauxentrèrent aussitôt dans Maestricht , et l’archiducCharles, poussant hardiment les poursuites audelà de la Meuse, se porta jusqu’à Tongres , et yobtint un avantage. Alors Valence, Dampierre etMiaczinsky, réunis à Liège , pensèrent qu il fal-lait se hâter de rejoindre Miranda, et marchèrentSU1> Saint-Trond , où Miranda se rendait de sonoèté. La retraite fut si précipitée, qu on perdit unePartie du matériel. Cependant, après de grandsdangers, on parvint à se rejoindre à Saint-Trond.Lamarlière et Champmorin, placés à Ruremonde ,e urent le temps de se rendre par Diest au mêmePoint. Stengel et Neuilly , tout à fait séparés de

l’armée et rejetés vers le Limbourg , furent recueil-lis à Namur par la division du général d’Harville.Enfin, ralliées à Tirlemont , nos troupes reprirentun peu de calme et d’assurance, et attendirent l’arri-vée de Dumouriez qu’on redemandait à grands cris.

A peine avait-il appris cette première déroute,qu’il avait ordonné à Miranda de rallier tout sonmonde à Maestricht , et d’en continuer tranquille-ment le siège avec soixante-dix mille hommes. Ilétait persuadé que les Autrichiens n’oseraient paslivrer bataille, et que l’invasion de la Hollande ra-mènerait bientôt les coalisés en arrière. Cette opi-nion était juste, et fondée sur cette idée vraie,que, dans le cas d'une offensive réciproque, lavictoire reste à celui qui sait attendre davantage.Le plan si timide des Impériaux, qui ne voulaientpercer sur aucun point, justifiait pleinement cettemanière de voir; mais l’insouciance des généraux,qui ne s’étaient pas concentrés assez tôt, leurtrouble après l’attaque, l’impossibilité où ils étaientde se rallier en présence de l’ennemi, et surtoutl’absence d’un homme supérieur en autorité et eninfluence, rendaient impossible l’exécution del’ordre donné par Dumouriez . On lui écrivit donclettres sur lettres pour le faire revenir de Hollande.La terreur était devenue générale; plus de dixmille déserteurs avaient déjà abandonné l’armée,et s’étaient répandus vers l’intérieur. Les commis-saires de la convention coururent à Paris , et firentintimer à Dumouriez l’ordre de laisser à un autrel’expédition tentée sur la Hollande, et de revenirau plus tôt se mettre à la tête de la grande arméede la Meuse . Il reçut cet ordre le 8 mars, et partitle 9, avec la douleur de voir tous ses projets ren-versés. Il revint, plus disposé que jamais à toutcritiquer dans le système révolutionnaire introduiten Belgique , et à s’en prendre aux jacobins dumauvais succès de ses plans de campagne. Il trouvaen effet matière à se plaindre et à blâmer. Lesagents du pouvoir exécutif en Belgique exerçaientune autorité despotique et vexaloire. Ils avaientpartout soulevé la populace, et surtout employé laviolence dans les assemblées où se décidait la réu-nion à la France . Ils s’étaient emparés de l’argen-terie des églises, ils avaient séquestré les revenusdu clergé, confisqué les biens nobles, et avaientexcité la plus vive indignation chez toutes les clas-ses de la nation belge . Déjà une insurrection contreles Français commençait à éclater du côté deGrammont.

Il n’était pas besoin de faits aussi graves pour