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RÉVOLUTION FIIANÇA ISE.
disposer Du mouriez ù traiter sévèrement Us com-missaires du gouvernement. 11 commença par enfaire arrêter deux, et parles faire traduire sousescorte à Paris . 11 parla aux autres avec la plusgrande hauteur, les fit rentrer dans leurs fonctions,leur défendit de s’immiscer dans les dispositionsmilitaires des généraux, et de donner des ordresaux troupes qui étaient dans l’étendue de leur com-missariat. Il destitua le général Moreton, qui avaitfait cause commune avec eux. Il ferma les clubs, ilfit rendre aux Belges une partie du mobilier prisdans les églises, et joignit à ces mesures une pro-clamation pour désavouer, au nom de la France ,les vexations qu’on venait de commettre. 11 qualifiadu nom de brigands ceux qui en étaient les auteurset déploya une dictature qui, tout en lui rattachantla Belgique , et en rendant le séjour du pays plussûr pour l’armée française , excita au plus hautpoint la colère des jacobins. Il eut en effet avecCamus une discussion fort vive, s’exprima avecmépris sur le gouvernement du jour; et, oubliantle sort de Lafayette, comptant trop légèrement surla puissance militaire, il se conduisit en généralcertain de pouvoir, s’il le voulait, ramener la ré-volution en arrière, et disposé à le vouloir, si onle poussait à bout. Le même esprit s’était commu-niqué à son état-major : on y parla avec dédain decette populace qui gouvernait Paris , des imbécilesconventionnels qui se laissaient opprimer par elle ;on maltraitait, on éloignait tous ceux qui étaientsoupçonnés de jacobinisme; et les soldats, joyeuxde revoir leur général au milieu d’eux, affectaient,en présence des commissaires de la convention,d’arrêter son cheval, et de baiser ses bottes, enl’appelant leur père.
Ces nouvelles excitèrent à Paris le plus grandtumulte, provoquèrent de nouveaux cris contre lestraîtres et les contre-révolutionnaires. Sur-le-champ, le député Choudieu en profita pour récla-mer, comme on l’avait fait souvent, le renvoi desfédérés séjournant à Paris . A chaque nouvelle fâ-cheuse des armées, on redemandait la même chose.Barbaroux voulut prendre la parole sur ce sujet,mais sa présence excita un soulèvement encoreinconnu. Buzot voulut en vain faire valoir la fer-meté des Breslois pendant les pillages; Boyer-Fonfrède obtint seul, par une espèce d’accommo-dement, quelesfédérés des départements maritimesiraient compléter l’armée encore trop faible descôtes de l’Océan. Les autres conservèrent la facultéde rester à Paris .
Le lendemain 8 mars, la convention ordonna àtous les officiers de rejoindre leurs corps sur-le-champ. Danton proposa de fournir encore auxParisiens l’occasion de sauver la France . < Deman-» dez-leur trente mille hommes, dit-il, envoyez-lest à Dumouriez, et la Belgique nous est assurée, la» Hollande est conquise. » Trente mille hommesen effet n’étaient pas difficiles à trouver à Paris ,ils étaient d’un grand secours à l’armée du Nord,et donnaient une nouvelle importance à la capitale.Danton proposa en outre d’envoyer des commis-saires de la convention dans les départements et lessections, pour accélérer le recrutement par tousles moyens possibles. Toutes ces propositions fu-rent adoptées. Les sections eurent ordre de seréunir dans la soirée; des commissaires furentnommés pour s’y rendre; on ferma les spectaclespour empêcher toute distraction, et le drapeaunoir fut arboré à l’hôtel de ville en signe de dé-tresse.
Le soir en effet la réunion eut lieu; les commis-saires furent parfaitement reçus dans les sections.Les imaginations étaient ébranlées, et la proposi-tion de se rendre sur-le-champ aux armées futpartout bien accueillie. Mais il arriva ici ce quiétait arrivé déjà aux 2 et 3 septembre : on de-manda avant de partir que les traîtres fussent punis.On avait adopté depuis cette époque, une phrasetoute faite : « On ne voulait pas, disait-on, laisserderrière soi des conspirateurs prêts à égorger lesfamilles des absents. » 11 fallait donc, si l’on vou-lait éviter de nouvelles exécutions populaires, or-ganiser des exécutions légales et terribles, quiatteignissent sans lenteur, sans appel, les contre-révolutionnaires, les conspirateurs cachés, quimenaçaient au dedans la révolution déjà menacéeau dehors. Il fallait suspendre le glaive sur la têtedes généraux, des ministres, des députés infidèles,qui compromettaient le salut public. Il n’était pasjuste en outre que les riches égoïstes qui n’ai-maient pas le régime de l’égalité, à qui peu impor-tait d’appartenir à la convention ou à Brunswick,et qui par conséquent ne se présentaient pas pourremplir les cadres de l’armée, il n’était pas justequ’ils restassent étrangers à la chose publique, clne fissent rien pour elle. En conséquence, tousceux qui avaient au-dessus de quinze cents livresde rente, devaient payer une taxe proportionnée aleurs moyens, et suffisante pour dédommager ceuxqui se dévoueraient de tous les frais de la campa-gne. Ce double vœu d’un nouveau tribunal érige