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8 poste*! Il faut terminer l’établissement de ces8 lois extraordinaires destinées à épouvanter vos» ennemis intérieurs. Il les faut arbitraires, parce8 qu’il est impossible de les rendre précises; parce8 que, si terribles qu’elles soient, elles serontpré-8 férables encore aux exécutions populaires, qui,
8 aujourd’hui comme en septembre, seraient la8 suite des lenteurs de la justice. Après ce tribu-8 nal, il faut organiser un pouvoir exécutif éner-» gique, qui soit en contact immédiat avec vous,
8 et qui puisse mettre en mouvement tous vos» moyens en hommes et en argent. Aujourd’hui» donc le tribunal extraordinaire, demain lepou-8 voir exécutif, et après-demain le départ de vos8 commissaires pour les départements. Qu’on me8 calomnie si Ton veut, que ma mémoire périsse,
» mais que la république soit sauvée! sMalgré celte violente, exhortation, la suspensiond’une heure est accordée, et les députés vont pren-dre un repos indispensable. Il était environ septheures du soir. L’oisiveté du dimanche, les repasdonnés dans la journée, la question qui s’agitaitdans l’assemblée, tout contribuait à augmenter l’a- jgitation populaire. Sans qu’il y eût de complotformé d’avance, comme le crurent les girondins,° n était amené par la seule disposition des espritsa u ne scène éclatante. On était assemblé aux la-mbins; Bentabole était accouru pour y faire le•■apport sur la séance de la convention, et se plaindredes patriotes qui n’avaient pas été aussi énergiquesce jour-là que la veille. Le conseil général de lacommune siégeait pareillement. Les sections,abandonnées parles citoyens paisibles, étaientli-'•‘ées à quelques furieux, qui prenaient des arrê-ts incendiaires. Dans celle des Qualre-Nations,dix-huit forcenés avaient décidé que le départementde la Seine devait en ce moment exercer la souve-l!) inelé, et que le corps électoral de Paris devaitSa ssemhler sur-le-cbamp pour retrancher de laconvention nationale les députés infidèles, qui con-firaient avec les ennemis de la révolution. Ce•••dîne arrêté fut pris par le club des Cordeliers, etUlle députation de la section et du club se rendaite n ce moment à la commune pour lui en donnercommunication. Des perturbateurs, suivant l’usageordinaire dans tous les mouvements, couraient pour'•ire fermer les barrières,ïfans ce même instant, les cris d’une populace
. ^’ 3ris ce moment, on ne savait pas encore <jue Dumouriez *•*• quille la Hollande pour revenir sur la Meuse .
furieuse retentissaient dans les rues; les enrôlésqui avaient dîné à la Halle-aux-Blés, remplis defureur et de vin, munis de pistolets et de sabres,s’avançaient vers la salle des jacobins, en faisantentendre des chants épouvantables. Ils y arrivaientà l’instant même où Bentabole achevait son rap-port sur la séance de la journée. Parvenus à laporte, il demandent à défiler dans la salle. Ils latraversent au milieu fies applaudissements. L’und’eux prend la parole et dit: « Citoyens, au mo-» ment du danger de la patrie, les vainqueurs dus lOaoût se lèvent pour exterminer lesennemis de» l’extérieur et de l’intérieur.—Oui, leur répond» le président Collot-d’IIerbois, malgré les intri-» gants, nous sauverons avec vous la liberté. » —Desfieux prend alors la parole, dit que Mirandaest la créature de Pétion, et qu’il trahit; que Bris-sot a fait déclarer la guerre à l’Angleterre pourperdre la France . Il n’y a qu’un moyen, ajoute-t-il, de se sauver, c’est de se débarrasser de tousces traîtres, de mettre tous les appelants en étatd’arrestation chez eux, et défaire nommer d’autresdéputés par le peuple. Un homme vêtu d’un habitmilitaire, et sorti de la foule qui venait de défiler,soutient que ce n’est pas assez que l’arrestation,et qu’il faut des vengeances. ■— Qu’est-ce que l’in-violabilité? dit-il. Je la mets sous les pieds.A
ces mots, Dubois de Crancé arrive et veut s’op-poser à ces propositions. Sa résistance cause untumulte affreux. On propose de se diviser en deuxcolonnes, dont l’une ira chercher les frères Corde-liers, et l’autre se rendra à la convention pourdéfiler dans la salle, et lui faire entendre tout cequ’on exige d’elle. On hésite à décider le départ,mais les tribunes envahissent la salle, on éteintles lumières, les agitateurs l’emportent, et on sedivise en deux corps pour se rendre à la conven-tion et aux Cordeliers.
Dans ce moment, l’épouse de Louvet, logée aveclui dans la rue Saint-Honoré, près des Jacobins,avait entendu les vociférations partant de cettesalle, et s’y était rendue pour s’instruire de ce quis’y passait. Elle assiste à cette scène; elle accourten avertir Louvet, qui, avec beaucoup d’autresmembres du côté droit, avait quitté la séance dela convention, où Ton disait qu’ils devaient êtreassassinés. Louvet, armé comme on l’était ordinai-rement, profile de l’obscurité de la nuit, court deporte en porte avertir ses amis, et leur assigne unrendez-vous dans un lieu caché où ils pourront sesoustraire aux coups des assassins. Il les trouve