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Tome I.
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RÉVOLUTION FRANÇAISE.

auteurs du trouble, et qu’on le vit au contrairerenouveler ses instances pour qu’on organisât legouvernement d’une manière prompte et ter-rible.

Quoi qu’il en soit, il fut convenu que les aris-tocrates étaient les provocateurs secrets de cesmouvements ; tout le monde le crut ou feignit dele croire. Vergniaud, dans un discours d’une en-traînante éloquence, où il dénonça toute la con-spiration, le supposa ainsi : il fut blâmé à la véritépar Louvet, qui aurait voulu qu on attaquât plusdirectement les jacobins ; mais il obtint que lepremier soin du tribunal extraordinaire serait depoursuivre les auteurs du 10 mars. Le ministre dela justice, chargé de faire un rapport sur les évé-

nements, déclara qu il n’avait trouvé nulle partiecomité révolutionnaire auquel on les attribuait,qu’il n’avait aperçu que des emportements declubs, et des propositions faites dans un mouve-ment d’enthousiasme. Tout ce qu’il avait découvertde plus précis était une réunion, au café Corrazza,de quelques membres des Cordeliers. Ces mem-bres des Cordeliers étaient Lasouskr, Fournier,Gusman, Desfieux, Varlet, agitateurs ordinairesdes sections. Ils se réunissaient après les séancespour s’entretenir de sujets politiques. Personnen’attacha d’importance à cette révélation ; et, commeon supposait des trames bien plus profondes , laréunion au café Corrazza de quelques individusaussi subalternes ne parut que ridicule.

CHAPITRE XXI.

Suite de nos revers militaires ; défaite de Neerwinden. — Premières négociations de Dumouriez avec l'ennemi ; ses projetsde contre-révolution ; il traite avec l’ennemi. — Evacuation de la Belgique . — Premiers troubles de l'Ouest ; mouvementsinsurrectionnels dans la Vendée. — Décrets révolutionnaires. Désarmement des suspects. — Entretien de Dumouriez avecdes émissaires des jacobins. Il fait arrêter et livre aux Autrichiens les commissaires de la convention. — Décret contreles Bourbons. Mise en arrestation du duc d’Orléans et de sa famille. — Dumouriez , abandonné de son armée après satrahison, se réfugie dans le camp des Impériaux. Opinion sur ce général. — Changements dans les commandements desarmées du Nord et du Rhin . Bouchotle est nommé ministre de la guerre à la place de Bèurnonviile destitué.

On a vu, dans le précédent chapitre, dans quelétat d’exaspération sc trouvaient les partis de l’in-térieur, et les mesures extraordinaires que le gou-vernement révolutionnaire avait prises pour ré-sister à la coalition étrangère et aux factions dudedans. C’est au milieu de ces circonstances, deplus en plus imminentes, que Dumouriez , revenude Hollande, rejoignit son armée à Louvain . Nousl’avons vu déployant son autorité contre les com-missaires du pouvoir exécutif, et repoussant detoutes ses forces le jacobinisme qui tâchait de s’in-troduire en Belgique . A toutes ces démarches ilen ajouta une plus hardie encore, et qui devait leconduire à la même fin que Lafayette . Il écrivit,le 12 mars, une lettre à la convention, dans la-quelle, revenant sur la désorganisation des arméesopérée par Pache et les jacobins, sur le décret du1S décembre, sur les vexations exercées contreles Belges, il imputait tous les maux présents àl’esprit désorganisatcur qui sc répandait de Paris

sur la France, et de la France dans les pays affran-chis par nos armées. Cette lettre, pleine d’expres-sions audacieuses , et surtout de remontrances ,qu’il n’appartenait pas à un général de faire, arrivaau comité de sûreté générale, au moment même oùde si nombreuses accusations s’élevaient contreDumouriez , et où Ton faisait de continuels effortspour lui conserver la faveur populaire, et l’atta-cher lui-même à la république. Cette lettre fu ltenue secrète, et sur-le-champ on lui envoya Dan-ton pour l’engager à la rétracter.

Dumouriez rallia son armée en avant de Lou-vain , ramena ses colonnes dispersées, jeta uncorps vers sa droite pour garder la Campine , etpour lier scs opérations avec les derrières de l’ar-mée hasardée en Hollande. Aussitôt après, ü sedécida à reprendre l’offensive pour rendre la con-fiance à ses soldats. Le prince de Cobourg , aprèss’être emparé du cours de la Meuse depuis Liege jusqu’à Maestricht , et s’etre porté au delà jusqu a