CONVENTION NATiONA LE ( 1793 ).
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•Mentions suspectes, et dont la puissance étaitalors la plus dangereuse pour nous. Il n’y a, commenous l’avons déjà dit, qu’un choix pour l’hommede génie dans ces situations : ou se retirer et ab-diquer toute influence, pour ne pas être le com-plice d’un système qu’il désapprouve; ou s’isolerdu mal qu’il ne peut empêcher, et faire une chose,toujours morale, toujours glorieuse, travailler àla défense de son pays.
Dumouriez convint avec le colonel Mack qu’il yaurait une suspension d’armes entre les deux ar-mées; que les Impériaux n’avanceraient pas surParis , pendant qu’il y marcherait lui-même, etque l’évacuation de la Belgique serait le prix decette condescendance ; il fut aussi stipulé que laplace de Condé serait temporairement donnée engarantie, et que, dans le cas où Dumouriez auraitbesoin des Autrichiens, ils seraient à ses ordres.Les places fortes devaient recevoir des garnisonscomposées d’une moitié d’impériaux et d’une moi-tié de Français , mais sous le commandement dechefs français , et à la paix toutes les places seraientfendues. Telles furent les coupables conventionsfaites par Dumouriez avec le prince de Cobourg ,Par l’intermédiaire du colonel Mack.
On ne connaissait encore à Paris que la défaitetic Neerwinden et l’évacuation successive delà Bel-Stque. La perte d’une grande bataille, une retraitePrécipitée, concourant avec les nouvelles qu’onavait reçues de l’Ouest, y causèrent la plus grandeagitation. Un complot avait été découverts Rennes ,et il paraissait tramé par les Anglais , les seigneursbretons et les prêtres non assermentés. Déjà desmouvements avaient éclaté dans l’Ouest, à l’occa-S| on de la cherté des subsistances et de la menacene plus payer le culte ; maintenant c’était dansbui avoué de défendre la cause de la monarchiea bsolue. Des rassemblements de paysans, deman-dant le rétablissement du clergé et des Bourbons,s étaient montrés aux environs de Rennes et de^ a ntes.Orléans était en pleine insurrection, et le^présentant Bourdon avait manqué d’y être assas-®. lné - Les révoltés s’élevaient déjà à plusieurs mil-ler s d’hommes. Il ne fallait rien moins que desar mées et des généraux pour les réduire. Lesgrandes villes dépêchaient leurs gardes nationales;e général Labourdonnaie avançait avec son corps,e j' lQ ut annonçait une guerre civile des plus san-. tes. Ainsi, d’une part, nos armées se reti-^ient devant la coalition, de l’autre la Vendée levait, et jamais la fermentation ordinaire pro-
duite par le danger n’avait dû être plus grande.
A peu près à cette époque et à la suiie du10 mars, on avait imaginé de réunir les chefs desdeux opinions au comité de sûreté générale, pourqu’ils pussent s’y expliquer sur les motifs de leursdivisions. C’est Danton qui avait provoqué l’entre-vue. Les querelles de tous les jours ne satisfaisaientpoint des haines qu’il n’avait pas, l’exposaient àune discussion de conduite qu’il redoutait, et ar-rêtaient l’œuvre de la révolution qui lui était sichère. Il en désirait donc la fin. Il avait montréune grande bonne foi dans les différents entretiens,et s’il prenait l’initiative, s’il accusait les giron-dins, c’était pour écarter les reproches dont ilaurait pu être l’objet. Les girondins, tels queBuzot, Guadel, Vergniaud, Gensonné , avec leurdélicatesse accoutumée, se justifiaient comme sil’accusation eût été sérieuse, et prêchaient unconverti en argumentant avec Danton.II n’en étaitpas de même avec Robespierre : on l’irritait envoulant le convaincre, et on cherchait à lui dé-montrer ses torts, comme si cette démonstrationavait dû l’apaiser. Pour Marat , qui s’était cru né-cessaire à ces conférences, personne n’avait daignélui donner une explication, et scs amis mêmes,pour n’avoir pas à se justifier de cette alliance, nelui adressaient jamais la parole. De pareilles confé-rences devaient aigrir plutôt que radoucir les chefsopposés : fussent-ils parvenus à se prouver réci-proquement leurs torts, une telle démonstrationne les eût certainement pas réconciliés. Les chosesen étaient à ce point, lorsque les événements de laBelgique furent connus à Paris .
Sur-le-champ on s’accusa de part et d’autre ; onse reprocha de contribuer aux désastres publics,les uns en désorganisant le gouvernement, lesautres en voulant ralentir son action. On demandades explications sur la conduite de Dumouriez . Onlut la lettre du 12 mars, qui avait été tenue se-crète , et à cette lecture on s’écria que Dumouriez trahissait, que bien évidemment il tenait la con-duite de Lafayette, et qu’à son exemple, il com-mençait sa trahison par des lettres insolentes àl’assemblée. Une seconde lettre, écrite le 17 mars,et plus hardie que celle du 12, excita encore da-vantage les soupçons. De tous côtés on pressaDanton d’expliquer ce qu’il savait de Dumouriez .Personne n’ignorait que ces deux hommes avaientdu goût l’un pour l’autre, que Danton avait insistépour tenir secrète la lettre du 12 mars, et qu’ilétait parti pour aller en obtenir la rétractation. On