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CONVENTION NATIONALE (1793).
Varlet avait été arrêté aussi. A quatre heures, onannonça qu’Hébert avait été mis en état d’arresta-tion à l'Abbaye. A cinq heures, Chaumelle serendit dans sa prison pour le voir; mais il ne putêtre introduit. Le matin, le conseil général rédi-gea une pétition à la convention, et la fit porterpar des cavaliers dans les sections, afin d’avoirleur adhésion. Presque dans toute les sections onse battait; on voulait changer à chaque instant lesbureaux et les présidents, empêcher ou faire desarrestations, adhérer ou s’opposer au système dela commune, signer ou rejeter la pétition qu’elleProposait. Enfin cette pétition, approuvée par ungrand nombre de sections, fut présentée dans lajournée du 23 à la convention. La députation dela commune se plaignait des calomnies répanduescontre les magistrats du peuple; elle demandaitque la pétition de la section de la Fraternité fûtremise à l’accusateur public, pour que les cou-pables, s’il en existait, ou les calomniateurs, fus-s ent punis. Elle demandait enfin justice de la com-atission des douze, qui avait commis un attentats ur la personne d’un magistrat du peuple, en lefaisant enlever à ses fonctions, et enfermer à l’Ab-baye. Isnard présidait en ce moment, et devaitrépondre à la députation. « Magistrats du peuple,1 dit-il d’un ton grave et sévère, il est urgent que1 vous entendiez des vérités importantes. La51 France a confié ses représentants à la ville de
* Paris , et elle veut qu’ils y soient en sûreté. Si
* la représentation nationale était violée par une» de ces conspirations dont nous avons étéentou-
* rés depuis le 10 mars, et dont les magistrats
* ont été les derniers à nous avertir, je le déclare
* au nom de la république, Paris éprouverait la1 vengeance de la France , et serait rayé de la liste
* des cités. » Cette réponse solennelle et grandeProduisit sur l’assemblée une impression profonde.Ibie foule de voix en demandait l’impression. Dan-l °n soutint quelle était faite pour augmenter la^'rision qui commençait à éclater entre Paris ete s départements, et qu’il ne fallait rien faire quiPdt accroître ce malheur. La convention, croyant
c’était assez de l’énergie de la réponse, et de^énergie de la commission des douze, passa à°rdre du jour, sans ordonner l’impression pro-posée.
Les députés de la commune furent donc congé-. les sans avoir rien obtenu. Tout le reste de labornée du 23, et toute la journée du lendemain 26,Se Passèrent en scènes tumultueuses dans les
sections. On se battait de toutes parts, et les deuxopinions avaient alternativement le dessus, sui-vant l’heure du jour, et suivant le nombre variabledes membres de chaque parti. La commune conti-nuait d’envoyer des députés pour s’enquérir de l’é-tat d’Hébert. Une fois on l’avait trouvé reposant ;une autre fois, il avait prié la commune d’êtretranquille sur son compte. On se plaignit qu’il fûtsur un misérable grabat. Des sections le prenaientsous leur protection; d’autres se préparaient à de-mander de nouveau son élargissement, etavecplusd’énergie que ne l’avait fait la municipalité; enfindes femmes, courant les carrefours avec un dra-peau, voulaient entraîner le peuple à l’Abbayepour délivrer son magistral chéri.
Le 27, le tumulte fut poussé à son comble. Onse portait d’une section à l’autre pour y déciderl’avantage en se battant à coups de chaise. Enfinvers le soir, à peu près vingt-huit sections avaientconcouru à émettre le vœu de l’élargissementd’Hébert, et à rédiger une pétition impérative àla convention. La commission des douze, voyantquel désordre se préparait, avait signifié au com-mandant de service de requérir la force armée detrois sections, et elle avait eu soin de désigner lessections de la Eutte-des-Moulins, de Lepelletieret du Mail, qui étaient les plus dévouées au côtédroit, et prêtes même à se battre pour lui. Cestrois sections s’empressèrentd’accourir, et se pla-cèrent vers les six heures du soir, 27 mai, dansles cours du Palais-National, du côté du Carrousel,avec leurs armes, et leurs canons, mèches allu-mées. Elles composaient ainsi une force imposante,etcapable de protéger la représentation nationale.Mais la foule qui se pressait autour de leurs rangsétaux diverses portes du palais, le tumulte quirégnait, la difficulté qu’on avait à pénétrer dansla salle, donnaient à cette scène les apparencesd’un siège. Quelques députés avaient eu de la peineà entrer, avaient même essuyé quelques insultesau milieu de cette populace, et ils étaient venusrépandre le trouble dans l’assemblée, en disantquelle était assiégée. Il n’en était rien pourtant,et si les portes étaient obstruées, elles n’étaientpourtant pas interdites. Cependant les apparencessuffisaient aux imaginations irritées, et le désor-dre régnait dans l’assemblée. Isnard présidait. Lasection de la Cité se présente, et demande la li-berté de son président, nommé Dobsen, arrêté parordre de la commission des douze, pour avoir re-fusé de communiquer les registres de sa section.
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