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Tome I.
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RÉVOLUTION FRANÇAISE .

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nicipalité contre la section de la Fraternité, quia, dit-on, calomnié le maire et les patriotes, ensupposant qu’ils veulent égorger la représenta-tion nationale. De ce que le projet n’avait étéqu’une proposition, combattue d’ailleurs par lemaire, Chaumette et la commune induisaient quec’était une calomnie que de supposer une con-spiration réelle. Sans doute ce n’en était pas unedans le vrai sens du mot, ce n’était pas une deces conspirations profondément et secrètementourdies comme on les fait dans les palais : maisc’était une de ces conspirations telles que la mul-titude d’une grande ville en peut former; c’étaitle commencement de ces mouvements populaires,tumultueusement proposés, et tumultueusementexécutés parla foule entraînée, comme au IL juil-let et au 10 août. En ce sens, il s’agissait d’unevéritable conspiration. Mais celles-là, il est inu-tile de vouloir les arrêter; car elles ne surprennentpas l’autorité ignorante et endormie, mais ellesemportent ouvertement et à la face du ciel l’auto-rité avertie et éveillée.

Le lendemain 24, deux autres sections, cellesdes Tuileries et do la Butte-des-Moulins, se joi-gnirent à celle de la Fraternité pour dénoncer lesmêmes faits. « Si la raison ne peut l’emporter,t> disait la Butte-des-Moulins, faites un appelaux» bons citoyens de Paris , et d’avance nous pou-» vons vous assurer que notre section ne contri-» buerapas peu à faire rentrer dans la poussière» cesroyalistesdéguisésquiprenncntinsolemment» le titre de sans-cuLottes. » Le même jour, lemaire écrivit à l’assemblée pour expliquer ce quis’était passé à la mairie. « Ce n’était pas, disait-s il, un complot, c’était une simple délibération» sur la composition de la liste des suspects. Quel-» ques mauvaises lèles avaient bien interrompu la» délibération par quelques propositions déraison-» nables; mais lui, Pache, avait rappelé à l’ordre» ceux qui s’en écartaient, et ces mouvementstj d’imagination n’avaient eu aucune suite. » Ontint peu de compte de la lettre de Pache, et onécoula la commission des douze qui se présentapour proposer un décret de sûreté générale. Cedécret mettait la représentation nationale et lesdépôts renfermant le trésor public sous la sauve-garde des bons citoyens. Tous devaient, à l’appeldu tambour , se rendre au lieu du rassemblementde la compagnie du quartier, et marcher au pre-mier signal qui leur serait donné. Aucun ne pou-vait manquer au rendez-vous; et en attendant la

nomination d’un commandant général, en rempla-cernent de Santerre, parti pour la Vendée , le plusancien chef de légion devait avoir le comman-dement supérieur. Les assemblées de section de-vaient être fermées à dix heures du soir; les pré-sidents étaient rendus responsables de l’exécutionde cet article. Le projet de décret fut adopté entotalité, malgré quelques débats, et malgré Dan-ton , qui dit qu’en mettant ainsi l’assemblée et lesétablissements publics sous la sauvegarde des ci-toyens de Paris , on décrétait la peur.

Immédiatement après avoir proposé ce décret,la commission des douze fit arrêter à la fois lesnommés Marinoet Michel, administrateurs depO'lice, accusés d’avoir fait à l’assemblée de la iiiai'rie les propositions qui causaient tant de rumeur-Elle fit arrêter en outre le substitut du procureurde la commune, Hébert, lequel écrivait, sous I enom du père Duchêne, une feuille encore plus or-durière que celle de Marat , et mise, par un langag ehideux et dégoûtant, à la portée de la plus bassepopulace. Hébert dans cette feuille, imprimait ou-vertement tout ce que les nommés Marino et Mi'chel étaient accusés d’avoir verbalement proposeà la mairie. La commission crut donc devoir pour-suivre à la fois et ceux qui prêchaient et ceux quivoulaient exécuter une nouvelle insurrection. Apeine Tordre d’arrestation était-il lancé contre Hé-bert qu’il se rendit en toute hâte à la communepour annoncer ce qui lui arrivait, et montrer auconseil le mandat d’arrêt dont il était frappé. O nl’arrachait, disait-il, à ses fonctions, mais il al-lait obéir. La commune ne devait pas oublier 1 eserment qu’elle avait fait de se regarder connuefrappée lorsqu’un de ses membres le serait-n’invoquait pas ce serment pour lui, car il étaitprêt à porter sa tête surl’échafaud, mais pours eSconcitoyens menacés d’un nouvel esclavage. P enombreux applaudissements accueillent Hébert-Chaumette, le procureur en chef, l’embrasse; I eprésident lui donne l’accolade au nom de tout I econseil. La séance est déclarée permanente j uS 'qu ace qu’on ait des nouvelles d’Hébert. Les mem-bres du conseil sont invités à porter des consol- 1 'lions et des secours aux femmes et aux enfants à etous ceux qui sont ou seront détenus.

La séance fut permanente, et d’heure en heur eon envoyait à la commission des douze pour avoit’des nouvelles du magistrat arraché, disait-on, ‘ses fonctions. A deux heures et demie de la nuit’on apprit qu’il subissait un interrogatoire, et <I ue