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Tome I.
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CONVENTION NATIONALE (1795).

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re au, se retirent. Dobsen, avec les commissaires,Prend la place vacante aux cris de vive la républi-que! Il consulte ensuite la nouvelle assemblée,et lui propose de réintégrer la municipalité et leconseil général dans leurs fonctions, vu que l’unet l’autre n’ont jamais manqué à leurs devoirs en-vers le peuple. Aussitôt en effet on réintègre l’an-cienne municipalité avec l’ancien conseil général,au milieu des plus vifs applaudissements. Ces for-malités apparentes n’avaient d’autre but que derenouveler les pouvoirs municipaux, et de lesrendre illimités et suffisants pour l’insurrection.Immédiatement après, on désigne un nouveaucommandant général provisoire : c’est le nomméHenriot, homme grossier, dévoué à la commune,et commandant du bataillon des sans-culottes. Pours’assurer ensuite le secours du peuple, et le main-tenir sous les armes pendant ces moments d’agita-tion , on arrête qu’il sera donné quarante sous parjour à tous les citoyens peu aisés qui seront deservice, et que ces quarante sous seront pris im-médiatement sur le produit de l’emprunt forcé,sur les riches. C’était un moyen assuré d’appelersu secours de la commune, et contre la bourgeoisiedes sections, tous les ouvriers qui aimaient mieuxgagner quarante sous en prenant part à des mou-vements révolutionnaires que d’en gagner trenteen se livrant à leurs travaux accoutumés.

Pendant qu’on prenait toutes ces déterminationsa la commune, les citoyens de la capitale se réu-nissaient au bruit du tocsin, et se rendaient enarmes autour du drapeau, placé à la porte de chaquecapitaine de section. Un grand nombre étaient in-certains de ce qu’il fallait penser de ces mouvements;beaucoup d’entre eux même se demandaient pour-voi on les réunissait, et ignoraient les mesuresPrises la nuit dans les sections et à la commune.b*ans cette disposition, ils étaient incapables d’agiret de résister à ce qui se ferait contre leur opinion,et ils devaient, tout en désapprouvant l'insurrec-tion, la seconder de leur présence. Plus de quatre-vit >gt mille hommes en armes parcouraient Paris ®vec la plus grande tranquillité, et se laissaientc °aduire avec docilité par l’autorité audacieuse quia vait pris le commandement. Les seules sections^e la Bulte-des-Moulins, du Mail, et des Champsb'lysées, prononcées depuis longtemps contre lacommune et la Montagne, et un peu encouragéesj* a r l’appui des girondins dont elles partageaientes dangers, étaient prêtes à résister. Elles s’étaientreu «ies en armes, et attendaient l’événement, dans

l’attitude de gens menacés et prêts à se défendre.Les jacobins, les sans-culottes, effrayés de ces dis-positions, et se les exagérant, couraient dans lefaubourg Saint-Antoine, disant que ces sectionsrévoltées allaient arborer la cocarde et le drapeaublanc, et qu’il fallait courir au centre de Paris pourarrêterjune explosion des royalistes. Pour exciter unmouvement plus général, on voulait faire tirer lecanon d’alarme. Il était placé au Pont-Neuf, et il yavait peine de mort contre celui qui le tirerait sansun décret de la convention. Henriot avait ordonnéde tirer, mais le commandant du poste avait ré-sisté à cet ordre, et demandait un décret. Les en-voyés d’Henriot étaient revenus enjorcc, avaientvaincu la résistance du poste, et dans le moment,le bruit du canon d’alarme se joignait à celui dutocsin et de la générale.

La convention, réunie dès le matin, comme onl’a vu, avait mandé sur-le-champ touteslesautorités,pour savoir quelle était la situation de Paris . Garat,présent dans la salle, et occupé à observer Danton ,paraît le premier à la tribune, et rapporte ce quetout le monde connaît, c’est qu’une assemblée aété tenue à l’évêché, qu’elle demande une répa-ration des injures faites à Paris , et l’abolition dela commission des douze. A peine Garat a-t-ilachevé de parler, que les nouveaux commissaires,se qualifiant administration du département de laSeine , se présentent à la barre, et déclarent qu’ilne s’agit que d’une insurrection toute morale,ayant pour but la réparation des outrages faits à laville de Paris . Ils ajoutent que le plus grand ordreest observé, que chaque citoyen a juré de respecterles personnes et les propriétés, que les sectionsarmées parcourent la ville avec calme, et que toutesles autorités réunies viendront dans la journée faireà la convention leur profession de foi et leurs de-mandes.

Le président Mallarmé fait immédiatement con-naître un billet du commandant de poste au Pont-Neuf, rapportant la contestation qui s’est élevée àl’occasion du canon d’alarme. Dufriche-Valazé de-mande aussitôt qu’on s’enquière des auteurs de cemouvement, qu’on recherche les coupables qui ontsonné le tocsin, et qu’on arrête le commandantgénéral, assez audacieux pour faire tirer le canond’alarme sans décret de la convention. A cette de-mande, les tribunes et le côté gauche poussent lescris auxquels il était naturel de s’attendre. Valazéne se décourage pas; il dit qu’on ne le fera pas re-noncer à son caractère, qu’il est le représentant de