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RÉVOLUTION FRANÇAISE.
girondins, mais ils n’avaient point de confiance enlui. Une conduite et des principes différents lesséparaient entièrement. D’ailleurs, Danton ne trou-vait, ni dans leur caractère, ni dans leur opinion,l’énergie nécessaire pour sauver la révolution,grand but qu’il chérissait par-dessus toutes choses.Danton , indifférent pour les personnes, ne cher-chait qu’à distinguer celui des deux partis qui de-vait assurer à la révolution les progrès les plussûrs et les plus rapides. Maître des Cordeliers et dela commission des six, il est présumable qu’il avaitune grande part au mouvement qui se préparait,et il paraît qu’il voulait d’abord renverser la com-mission des douze, sauf à voir ensuite ce qu’ilfaudrait faire à l’égard des girondins.
Enfin le projet d’insurrection fut arrêté dans latête des conjurés du club central révolutionnaire.Ils ne voulaient pas, suivant leur expression, faireune insurrection physique, mais toute morale,respecter les personnes, les propriétés, violer enfinavec le plus grand ordre les lois, et la liberté de laconvention. Leur but était de constituer la com-mune en insurrection, de convoquer en son nomtoute la force armée, qu’elle avait le droit de re-quérir, d’en entourer la convention, et de lui pré-senter une adresse qui, en apparence, ne seraitqu’une pétition, et qui en réalité serait un ordrevéritable. Ils voulaient en un mot prier le fer à lamain.
Le jeudi 30, en effet, les commissaires des sec-tions s’assemblent à l’évêché, et ils forment cequ’ils appellent l'union républicaine. Revêtus despleins pouvoirs de toutes les sections, ils se décla-rent en insurrection pour sauver la chose publique,menacée par la faction aristocratique et oppres-sive de la liberté. Le maire, persistant dans sesménagements ordinaires, fait quelques représen-tations sur le caractère de cette mesure, s’y opposedoucement, et finitpar obéir aux insurgés, qui luiordonnent de se rendre à la commune pour an-noncer ce qu’ils viennent de décider. Il est ensuiterésolu que les quarante-huit sections seront réuniespour émettre, dans la journée même, leur vœu surl’insurrection, et qu’immédiatement après, le tocsinsonnera, les barrières seront fermées, et la géné-rale battra dans toutes les rues. Les sections se réu-nissent en effet, et la journée se passe à recueillirtumultueusement le vœu de l’insurrection. Lecomité de salut public, la commission des douze,mandent les autorités pour obtenir des renseigne-ments. Le maire fait connaître, avec un regret du
moins apparent, le plan arrêté à l’êvêché. L’Huil-lier, procureur-syndic du département, déclareouvertement, et avec une assurance tranquille, I eprojet d’une insurrection toute morale, et il seretire paisiblement auprès de ses collègues.
La journée s’achève ainsi, et dès le commence-ment de la nuit le tocsin retentit, la générale se batdans toutes les rues, les barrières sont fermées,et les citoyens étonnés se demandent si de nou-veaux massacres vont ensanglanter la capitale.Tous les députés de la Gironde , les ministres me-nacés, passent la nuit hors de leur demeure. Ro*land va se cacher chez un ami; Buzot , Louvet,Barbaroux, Guadet, Bergoing , Rabaut Saint-Étienne , se retranchent dans une chambre écartée,munis de bonnes armes, et prêts, en cas d’attaque,à se défendre jusqu’à la dernière goutte de leursang. A cinq heures du matin, ils en sortent pourse rendre à la convention, où, à la faveur du journaissant, se réunissaient déjà quelques membres,appelés par le tocsin. Leurs armes, qui étaient ap'parentes, les font respecter de quelques groupe 3qu’ils traversent, et ils arrivent à la convention,où se trouvaient déjà quelques montagnards, etoù Danton s’entretenait avec Garat. — Vois, ditLouvet à Guadet , quel horrible espoir brille sur cesvisages! — Oui, répond Guadet , c’est aujourd’huique Clodius exile Cicéron . — De son côté* Garat,étonné de voir Danton rendu si matin à Fassent'blée, l’observait avec attention. — Pourquoi toutce bruit, lui dit Garat, et que veut-on? — Ce nesera rien, répond froidement Danton . Il faut le ullaisser briser quelques presses, et les renvoy eIavec cela. — Vingt-huit députés étaient présents-Fermont occupe momentanément le fauteuil ;Guadet siège courageusement comme secrétaire-Le nombre des députés augmente, et on attend 1°moment d’ouvrir la séance.
Dans cet instant, l’insurrection se consommait 1la commune. Les envoyés du comité central rev°'lutionnaire, ayant à leur tête le président Dobsen»se présentent à l’hôtel de ville, munis de pl e * nSpouvoirs révolutionnaires. Dobsen prend la parol e ’et déclare au conseil général que le peuple d eParis , blessé dans ses droits, vient annuler toute 3les autorités constituées. Le vice-présidentconseil demande à connaître les pouvoirs du c °mité. Il les vérifie, et y trouvant exprimé le v ® 1 ^de trente-trois sections de Paris , il déclare q uemajorité des sections annule les autorités constituées. En conséquence, le conseil général, le b u