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Tome I.
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CONVENTION NATIONALE (1795).

le canon retentit clans Paris , et des cris d’allé-gresse s’élevèrent de toutes parts. Elle fut impri-mée à des milliers d’exemplaires, pour être en-voyée à toute la France . Elle n’essuya qu’une seulecontradiction, ce fut de la part de quelques-unsdes agitateurs qui avaient préparé le 31 mai.

On se souvient du jeune Varlet, pérorant surles places publiques ; du jeune Lyonnais Leclerc,si violent dans ses discours aux Jacobins , et sus-pect même à Marat par ses emportements; de ceJacques Roux, si dur envers l’infortuné Louis XVI ,'lui voulait lui remettre son testament : tous ceshommes s’étaient signalés dans la dernière insur-rection , et avaient une grande influence au comitéde l’évêché et aux Cordeliers. Ils trouvèrent mau-vais que la constitution ne renfermât rien contreles accapareurs ; ils rédigèrent une pétition, lafirent signer dans les rues, et coururent souleverles corcleliers en disant que la constitution étaitincomplète , puisqu’elle ne contenait aucune dis-position contre les plus grands ennemis du peuple.Legendre voulut en vain résister à ce mouvement;°n le traita de modéré, et la pétition , adoptée pat-io Société , fut présentée par elle à la convention.A cette nouvelle, toute la Montagne fut indignée.Robespierre, Collot-d’Herbois , s’emportèrent,liront repousser la pétition, et se rendirent auxJacobins pour montrer le danger de ces exagére-rons perfides, qui ne tendaient, disaient-ils, qu’àe garer le peuple, et ne pouvaient être que l’ou-Vrage d’hommes payés par les ennemis de la répu-blique. s La constitution la plus populaire qui ait1 jamais cté, dit Robespierre , vient de sortir1 d’une assemblée jadis contre-révolutionnaire,

1 mais purgée maintenant des hommes qui con-

4 Variaient sa marche et mettaient obstacle à scs

* opérations. Aujourd’hui pure, cette assemblée1 a produit le plus bel ouvrage, le plus populaire

* qui ait jamais été donné aux hommes ; et un in-

5 dividu couvert du manteau du patriotisme, qui5 s e vante d’aimer le peuple plus que nous, ameute5 'les citoyens de tout état, et veut prouver qu une4 institution qui doit rallier toute la France ne1 leurconvient pas? Défiez-vous de telles manœu-

'’res, défiez-vous de ces ci-devant prêtres coali-

* sé s avec les Autrichiens! Prenez garde au nou-' Çau masque dont les aristocrates vont se couvrir !^entrevois un nouveau crime dans l’avenir, qui“il peut-être pas loin d’éclater; mais nous

# le dévoilerons, et nous écraserons les ennemis“ u Peuple sous quelque forme qu’ils puissent se

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» présenter. » Collot-d’Herbois parla aussi vive-ment que Robespierre ; il soutint que les ennemisde la république voulaient pouvoir dire aux dé-partements: s Vous voyez, Paris approuve le lan-» gage de Jacques Roux ! »

Des acclamations unanimes accueillirent lesdeux orateurs. Les jacobins', qui se piquaient deréunir la politique à la passion révolutionnaire, laprudence à l’énergie, envoyèrent une députationaux Cordeliers. Collot-d’Herbois en était l’orateur.Il fut reçu aux Cordeliers avec la considération quiétait due à l’un des membres les plus renommésdes jacobins et de la Montagne. On professa pourla société qui l’envoyait un respect profond. Lapétition fut rétractée, Jacques Roux et Leclercfu-rent exclus, Varlet n’obtint son pardon qu’en rai-son de son âge, et Legendre reçut des excuses poul-ies paroles peu convenables qu’on lui avait adres-sées dans la séance précédente. La constitutionainsi vengée fut envoyée à la France pour êtresanctionnée par toutes les assemblées primaires.

Ainsi la convention présentait aux départements,d’une main la constitution, de l’autre le décret quine leur donnait que trois jours pour se décider.La constitution justifiait la Montagne de tout projetd’usurpation, fournissait un prétexte de se rallierà une autorité justifiée ; et le décret de trois joursne donnait pas le temps d’hésiter, et obligeait àpréférer le parti de l’obéissance.

Beaucoup de départements en effet cédèrent, etd’autres persistèrent dans leurs premières démar-ches. Mais ceux-ci, échangeant des adresses, s’en-voyant des députations, semblaient s’attendre lesuns les autres pour agir. Les distances ne permet-taient pas de correspondre rapidement et de for-mer un ensemble. En outre, le défaut de génie ré-volutionnaire empêchait de trouver les ressourcesnécessaires pour réussir. Quelque bien disposéesque soient les masses, elles ne sont jamais prêlesà tous les sacrifices si des hommes passionnés neles y obligent pas. Il aurait fallu des moyens vio-lents pour soulever les bourgeois modérés des vil-les, pour les obliger a marcher, à contribuer, àse hâter. Mais les girondins, qui condamnaient tousces moyens chez les montagnards, ne pouvaient lesemployer eux-mêmes. Les négociants bordelais croyaient avoir beaucoup fait quand ils avaientparlé avec un peu de vivacité dans les sections,mais ils n’étaient pas sortis de leurs murs. LesMarseillais, un peu plus prompts, avaient envoyésix mille hommes à Avignon , mais ils ne compo-

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