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Tome I.
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RÉVOLUTION FRANÇAISE.

bornés, les fédéralistes si incertains, et qui de-vaient assurer le triomphe de la convention surles révoltes intérieures et sur l’Europe . Les mon-tagnards, animés seuls d’une passion forte, d’unepensée unique, le salut de la révolution, éprou-vant cette exaltation d’esprit qui découvre lesmoyens les plus neufs et les plus hardis, qui neles croit jamais ni trop hasardeux, ni trop coû-teux, s’ils sont salutaires, devaient déconcerter,par une défense imprévue et sublime, des ennemislents, routiniers, décousus, et étouffer des fac-tions qui voulaient de l’ancien régime à tous lesdegrés, de la révolution à tous les degrés, et quin’avaient ni accord, ni but déterminé.

La convention, au milieu des circonstances ex-traordinaires où elle était placée, n’éprouva pasun seul instant de trouble. Pendant que des pla-ces fortes ou des camps retranchés arrêtaient unmoment les ennemis sur les différentes frontières,le comité de salut public travaillait jour et nuit àréorganiser les armées, à les compléter au moyende la levée de trois cent mille hommes décrétée enmars, à envoyer des instructions aux généraux, àdépêcher des fonds et des munitions. 11 parlemen-tait avec toutes les administrations locales quivoulaient retenir, au profit de la cause fédéraliste,les approvisionnements destinés aux armées, etparvenait à les faire désister par la grande consi-dération du salut public.

Pendant que ces moyens étaient employés à l’é-gard de l’ennemi du dehors, la convention n’enprenait pas de moins efficaces à l’égard de l’ennemidu dedans. La meilleure ressource contre un ad-versaire qui doute de ses droits et de ses forces,c’est de ne pas douter des siens. C’est ainsi que seconduisit la convention. On a déjà vu les décretsénergiques qu’elle avait rendus au premier mou-vement de révolte. Beaucoup de villes n’ayant pasvoulu céder, l’idée ne lui vint pas un instant detransiger avec celles dont les actes prenaient le ca-ractère décidé de la rébellion. Les Lyonnais ayantrefusé d’obéir et de renvoyer à Paris les patriotesincarcérés, elle ordonna à ses commissaires prèsl’armée des Alpes d’employer la force, sans s’in-quiéter ni des difficultés, ni des périls que cescommissaires couraient à Grenoble , où ils avaientles Piémonlais en face, et tous les révoltés del’Isère et du Rhône sur leurs derrières. Elle leurprescrivit défaire rentrer Marseille dans le devoir.Elle ne laissa que trois jours à toutes les adminis-trations pour rétracter leurs arrêtés équivoques,

et enfin elle envoya à Vernon quelques gendarmeset quelques mille citoyens de Paris , pour soumettresur-le-champ les insurgés du Calvados , les plu 3rapprochés de la capitale.

La grande ressource de la constitution ne fut pa*négligée, et huit jours suffirent pour achever cetouvrage, qui était plutôt un moyen de ralliementqu’un véritable plan de législation. Hérault-Sé'chelles en avait été le rédacteur. D’après ce projet*tout Français âgé de vingt et un ans était citoyen*et pouvait exercer ses droits politiques, sans au-cune condition de fortune ni de propriété. Les ci*toyens réunis nommaient un député par cinquantemille âmes.Les députés, composant une seule aS'semblée, ne pouvaient siéger qu’un an. Ils faisaientdes décrets pour tout ce qui concernait les besoin 5pressants de l’État, et ces décrets étaient exécU'toires sur-le-champ. Us faisaient des lois pour tou*ce qui concernait les matières d’un intérêt généraiet moins urgent, et ces lois n’étaient sanctionnée*que lorsque, dans un délai donné, les assemblée*primaires n’avaient pas réclamé. Le premier j° urde mai, les assemblées primaires se formaient d®droit et sans convocation , pour renouveler la d e 'pulaiion. Les assemblées primaires pouvaient de'mander des conventions pour modifier l’acte con'stilulionnel. Le pouvoir exécutif était confié ^vingt-quatre membres nommés par des électeur®’et c’était la seule élection médiate. Les assemblée*primaires nommaient les électeurs, ces électeur*nommaient des candidats et le corps législatif x °'duisait par élimination les candidatsà vingt-qua tr ®'Ces vingt-quatre membres du conseil choisissai® 11 *les généraux, les ministres, les agents de t° üteespèce, et les prenaient hors de leur sein. U* ^ e 'vaient les diriger, les surveiller, et ils étaient c® 11 'linuellement responsables. Le conseil exécutif serenouvelait tous les ans par moitié. Enfin, ®® ttCconstitution si courte, si démocratique, où le»® 11vernement se réduisait à un simple commissa rltemporaire, respectait cependant un seul vesUede l’ancien régime, les communes, et n’en c ^ ,a ^geaitni la circonscription ni les attributions-nergie dont elles avaient fait preuve leur avait va ^d’être conservées sur cette table rase, où ne * usistait pas une seule trace du passé. Presque *®^discussion, et en huit jours, celte constituti® 11 ,adoptée \ et à l’instant où l’ensemble en fut vol®»

* Elle fut décrétée le 24 juin. Le projet avait été p> cSle 10.

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